« Une vraie diva », « Une rebelle », « Arletty en rock and roll »… Quand des Bretons rendent hommage à Catherine Ringer

« Une vraie diva », « Une rebelle », « Arletty en rock and roll »… Quand des Bretons rendent hommage à Catherine Ringer
Jacques Chanteau

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« Figure emblématique de la scène pop-rock française », « Une femme très généreuse », « Elle envoyait du bois »… En Bretagne, les passages de Catherine Ringer, décédée, ce 15 septembre 2026, ont marqué les esprits.

Fred Chichin et Catherine Ringer avec Les Rita Mitsouko, ici au club Coatélan, à Plougonven (29), le 11 octobre 1984.
Fred Chichin et Catherine Ringer avec Les Rita Mitsouko, ici au club Coatélan, à Plougonven (29), le 11 octobre 1984. (Photo Collection Club Coatélan)

Le chanteur Christophe Miossec, qui a assisté au premier concert des Rita Mitsouko, en Bretagne, en 1982, au Gibsy, au Conquet (29), en première partie d’Indoor Life : « À l’époque, les concerts des Rita Mitsouko étaient extrêmement osés car il y avait juste un magnéto à bandes Revox derrière Catherine Ringer et Fred Chichin. Le concert du Gibsy avait été dingue car ils avaient fait un spectacle avec rien du tout et elle, elle chantait incroyablement bien. C’était en même temps fou et extrêmement au point. Alors qu’ils se faisaient jeter généralement des tomates avec des punks lors de leurs concerts, le public, au Conquet, leur avait, en revanche, témoigné un profond respect.

J’ai rencontré Catherine Ringer à plusieurs reprises, dont une fois à Toulouse, à l’occasion de l’anniversaire de la salle de concerts Le Bikini. Elle envoyait du bois. C’était du Arletty en rock and roll et en même temps elle était lettrée. C’était un peu une intello qui se planquait. Quand j’ai appris son décès, j’ai ressenti une profonde tristesse. Je me suis dit : c’est le cimetière qui s’agrandit. On a aussi l’impression que le cancer est devenu une épidémie. »

« Catherine Ringer était un peu une intello qui se planquait », témoigne Christophe Miossec.
« Catherine Ringer était un peu une intello qui se planquait », témoigne Christophe Miossec. (Photo Le Télégramme/Lionel Le Saux)

Alain Bourven, co-gérant du club Coatélan avec Ghislaine André, à Plougonven (29), où Catherine Ringer et son groupe, Les Rita Mitsouko, se sont produits, le 11 octobre 1984 : « Je trouvais que Les Rita Mitsouko avaient quelque chose d’inventif dans les sons. On les avait programmés bien avant que leur tube, « Marcia Baïla », ne commence à passer un peu partout sur les ondes. Sur le 45 tours de promo que l’on avait reçu, le titre « Marcia Baïla » ne figurait d’ailleurs que sur la face B.

À bord d’un fourgon, ils étaient arrivés directement de Paris et Catherine Ringer m’avait demandé un remontant pour sa gorge. Je lui ai servi un whisky, puis je lui ai fait connaître le Mescal qu’elle a très apprécié. Le concert a été excellent et au moment du rappel, les 150 personnes présentes ont réclamé un nouveau concert, ce que le groupe a fait dans la foulée mais en changeant l’ordre des titres. On avait échangé avec Catherine Ringer qui avait un côté très poétique. Je la considérais comme une vraie diva, contrairement à d’autres…. »

« Je considérais Catherine Ringer comme une vraie diva », confie Alain Bourven, co-gérant du club Coatélan où les Rita Mitsouko s’étaient produits, le 11 octobre 1984 (photo).
« Je considérais Catherine Ringer comme une vraie diva », confie Alain Bourven, co-gérant du club Coatélan où les Rita Mitsouko s’étaient produits, le 11 octobre 1984 (photo). (Photo Collection Club Coatélan)

Jean-Jacques Toux, co-programmateur des Vieilles Charrues, où les Rita Mitsouko ont été à l’affiche en 2002 et 2007, puis Catherine Ringer, seule, en 2021 (*) : « C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès de Catherine Ringer, qui était une figure emblématique de la scène pop-rock française. C’était une femme rebelle qui avait un sacré esprit rock and roll. Rita Mitsouko, c’était le pont entre le rock alternatif et la chanson française. Leur musique et clips étaient très novateurs. On a tous dansé sur Marcia Baïla, dont la musique étaient hyper entraînante. C’était sacrément audacieux que de faire danser la France entière sur une telle chanson, qui évoque une danseuse, amie de Catherine Ringer, et qui meurt d’un cancer. »

Catherine Ringer et Fred Chichin, en arrière-plan à gauche, lors des Vieilles Charrues, en 2002.
Catherine Ringer et Fred Chichin, en arrière-plan à gauche, lors des Vieilles Charrues, en 2002. (Photo d’archives Le Télégramme/François Destoc)

Pierre Morvan, président du Chant de Marin, à Paimpol (22) où Catherine Ringer s’était produite, en 2015, avec Plaza Francia, groupe de tango-pop-rock qu’elle avait formé avec des musiciens de Gotan Project : « L’annonce de son décès m’a profondément surpris car je ne savais pas qu’elle était malade. J’éprouve sincèrement une réelle tristesse. Au Chant de marin, elle avait donné un magnifique concert et elle avait été très généreuse. Elle venait régulièrement à Paimpol où les habitants avaient l’occasion de la croiser dans les rues et dans les cafés. Voilà plusieurs années que je souhaitais la programmer à nouveau sur la grande scène du Chant de marin, mais malheureusement, ce ne sera pas possible. »

Catherine Ringer, ici au Festival du Bout du Monde, à Crozon (29), en 2011.
Catherine Ringer, ici au Festival du Bout du Monde, à Crozon (29), en 2011. (Photo d’archives Le Télégramme/Claude Prigent.)

Jacques Guérin, directeur du Bout du Monde à Crozon (29), où la chanteuse avait joué en 2011, ainsi qu’à la Carène, à Brest, en 2014 : « Ce fut une bien triste nouvelle que d’apprendre le décès de Catherine Ringer, dont les morceaux ont fait danser plusieurs générations. C’était une artiste à part, une voix libre qui pouvait être insolente et imprévisible. Une voix, qui était aussi puissante, avec laquelle elle dégageait un vrai côté rock sur scène. Elle avait de la verve, de la poésie et en concert, c’était fabuleux. »

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* Fred Chichin est décédé le 27 novembre 2007.

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