Vendre sa voiture à une casse : comment ça se passe et ce qu’il faut vérifier
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Chaque année, environ 1,2 million de véhicules hors d’usage passent par l’un des 1 700 centres VHU agréés de France. L’âge moyen d’une voiture qui arrive à la casse est de 19 ans. Entre le certificat de destruction, la déclaration sur l’ANTS et la reprise gratuite promise par la loi, la procédure est simple sur le papier. Sur le terrain, quelques vérifications évitent de laisser sa 206 sur son nom pendant des mois.
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Publié: 28 Août 2026 à 14h20
Quand la casse devient la meilleure option
Une voiture part à la casse quand la réparation dépasse ce que quelqu’un accepterait de payer pour la voiture entière. Une Peugeot 206 de 2004 avec un embrayage mort, de la corrosion sur les longerons et un contrôle technique refusé en est l’exemple type. Sa valeur se situe autour de 300 euros, l’embrayage coûte 900 euros, et la rouille ne partira plus. Une annonce « pour pièces » sur un site de petites annonces rapporte rarement plus que le centre VHU, mais elle coûte des semaines de messages et de rendez-vous manqués.
Le calcul change quand une seule pièce est en cause. Une voiture avec un alternateur ou un compresseur de climatisation défaillant n’est pas un VHU. La pièce neuve coûte entre 400 et 800 euros, la même pièce d’origine d’occasion provenant d’une casse automobile à Paris ou d’ailleurs en Europe se trouve entre 80 et 250 euros sur les plateformes comme Autoparts24, qui regroupent le stock de plus de 120 centres agréés. Beaucoup de propriétaires normands font ce calcul trop tard, une fois le certificat de destruction signé.
Qui a le droit de reprendre votre voiture
Seul un centre VHU agréé par la préfecture peut reprendre une voiture en fin de vie et délivrer le certificat de destruction, le formulaire Cerfa 14365. Ce document est ce qui permet d’annuler l’immatriculation. Sans lui, la voiture reste à votre nom dans le système d’immatriculation des véhicules, avec l’obligation d’assurance qui va avec. Les amendes pour défaut d’assurance et les contraventions arrivent alors chez vous.
Le numéro d’agrément figure sur la façade du centre et sur ses documents. Il commence par PR suivi de deux chiffres pour le département, par exemple PR76 pour la Seine-Maritime. Un ferrailleur, un garage ou un particulier qui propose « d’enlever votre épave gratuitement » n’a pas ce numéro. Il revendra la voiture à un centre agréé ou l’exportera, et le certificat de destruction, s’il arrive un jour, sera au nom d’une société que vous ne connaissez pas.
Méfiez-vous des prospectus sous l’essuie-glace et des annonces « rachat épaves toutes marques, paiement comptant ». Demandez avant l’enlèvement le numéro d’agrément et le nom qui figurera sur le certificat.
Combien la casse vous paie
Depuis 2024, les constructeurs financent la filière VHU et la reprise d’une voiture complète est gratuite, enlèvement compris, dans tout le pays. Le centre n’a pas le droit de vous facturer la destruction. Il peut en revanche vous payer, et le montant dépend de trois choses : le poids, le catalyseur et les pièces qu’il pourra revendre.
Une voiture de 1 100 kilos rapporte au centre entre 150 et 250 euros chez le broyeur, selon le cours de l’acier. Après déduction de la dépollution et du transport, le propriétaire touche en général entre 0 et 200 euros pour une voiture sans intérêt. Si le catalyseur a été volé, ce qui arrive régulièrement sur les parkings, l’offre baisse de 50 à 200 euros.
Le montant grimpe pour une voiture accidentée avec un moteur sain et peu de kilomètres. Un Renault Scénic de 2017 avec 80 000 kilomètres et l’arrière enfoncé est pour le centre un véhicule donneur : moteur, boîte, portes, phares et calculateurs partent en rayon avec leur référence constructeur et se vendent à l’unité. Pour ce type de voiture, comptez entre 500 et 1 500 euros. Demandez deux ou trois offres, car chaque centre valorise différemment selon les modèles qu’il vend bien.
Les papiers à préparer
Le jour de la remise, il vous faut le certificat d’immatriculation barré avec la mention « cédé le » suivie de la date et de l’heure, une pièce d’identité et un justificatif de domicile récent. Le centre vous remet le certificat de destruction et un exemplaire de la déclaration de cession, le Cerfa 15776. Vérifiez sur place que le numéro d’immatriculation et le numéro de série correspondent à la carte grise. Une erreur de frappe bloque l’annulation.
Vous avez ensuite 15 jours pour déclarer la cession pour destruction sur le site de l’ANTS. Cette déclaration clôture l’immatriculation et vous permet de résilier l’assurance. Conservez le certificat de destruction cinq ans. C’est votre seule preuve si la voiture réapparaît un jour sur un radar en Europe de l’Est.
Videz la voiture avant l’enlèvement : siège enfant, triangle, pneus hiver dans le coffre, badge de télépéage. Ce qui entre sur le site du centre lui appartient. Si vous voulez récupérer l’attelage ou les jantes en aluminium, démontez-les avant et prévenez le centre, car une voiture sans roues n’est plus enlevée gratuitement.
Ce que devient la voiture ensuite
Le centre commence par la dépollution : carburant, huiles, liquide de frein et fluide de climatisation sont pompés, la batterie et les airbags sont retirés. Puis vient le démontage des pièces réutilisables. Les centres français prélèvent chaque année 12,8 millions de pièces pour la réutilisation, hors pneus et batteries, un volume en hausse de 8 % par an. Depuis 2017, tout garage doit proposer une pièce issue de l’économie circulaire quand elle existe, mais ces pièces ne représentent encore que 3 à 5 % du marché.
La coque restante part chez l’un des 60 broyeurs du pays. La France atteint un taux de réutilisation et recyclage de 87,1 % de la masse des VHU et un taux de valorisation de 95 %. Votre 206 repart donc en tôle chez un constructeur, et son alternateur roule dans une autre 206 quelque part entre Le Havre et Évreux.