Venezuela. Trump signe un accord « historique » avec Caracas pour contrôler la majorité des réserves de pétrole

Venezuela. Trump signe un accord « historique » avec Caracas pour contrôler la majorité des réserves de pétrole

Donald Trump se targue d'avoir signé le « plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale ». Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier « historique », qui verra les États-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela. Selon le président américain, cela permettra de doubler les réserves pétrolières de son pays.

Le chef de l'État a précisé que l'accord a été établi  « au travers d'un partenariat avec des entreprises privées » et « en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez ». D'après elle, l'accord prévoit « de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État » vénézuélien. Ce qui favorisera « la reconstruction de l'économie vénézuélienne », a souligné le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X.

Réduire le prix de l'essence

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée. En parallèle, les stocks stratégiques américains sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA). En cause : les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, « cette transaction historique » entre les États-Unis et le Venezuela permettra « de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années ». Il assure par ailleurs que cet accord « ne coûtera rien aux contribuables américains ».

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage. Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Un effet d'annonce ?

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises. « Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité », commente John Kilduff, analyste d'Again Capital. Selon lui, les États-Unis pourraient chercher avec cet accord à « créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela ».

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses « zones d'ombre » subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement « les règles du jeu », remettant en cause tout accord actuel. « Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits », estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

D'après Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'« un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation », l'achat par les États-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas « garanti ». D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.