VIDEO "Il lui éclate la gueule par terre"… Une intervention policière musclée et filmée crée un nouveau malaise à Carcassonne

VIDEO "Il lui éclate la gueule par terre"… Une intervention policière musclée et filmée crée un nouveau malaise à Carcassonne

Le parquet de Carcassonne a saisi l’inspection générale de la police nationale (IGPN), après la diffusion, vendredi 11 septembre, d’une vidéo remontant au 21 juin : un policier pousse violemment au sol un marginal pour défendre une collègue. Sous les yeux de César R., principal mis en cause dans l’affaire des propos racistes et misogynes filmés sans le vouloir.

Une nouvelle affaire de violences policières a éclaté à Carcassonne entraînant la saisie de l’IGPN (inspection générale de la police nationale). Il ne s’agit plus là des propos racistes, misogynes et complotistes tenus par une patrouille de la municipale et immortalisés par leur propre caméra sans qu’ils ne s’en rendent compte, en novembre 2025, et que Midi Libre a révélé le 8 septembre. Mais d’une intervention musclée survenue le 21 juin dernier dans les rues de la ville audoise, en partie filmée par un témoin. Les images, qui ont tourné en boucle sur les réseaux sociaux depuis samedi, sont édifiantes : on aperçoit un policier du commissariat de Carcassonne, se diriger promptement vers Youssef E., qui fait face à une femme policier et semble s’expliquer avec elle, le saisir dans le dos aux épaules, et le projeter violemment au sol, sa tête percutant le bitume.

Il décède treize jours plus tard

"Il lui éclate la gueule par terre, ça se fait pas !", s’indigne le témoin qui continue à filmer. Une petite dizaine d’agents sont présents : un équipage de police nationale qui fait l’intervention et des municipaux qui sécurisent l’endroit, dont César R., 50 ans, ancien militaire et principal mis en cause dans cette même affaire des propos racistes… C’est d’ailleurs la diffusion de ces images par Midi Libre qui a conduit le témoin a diffusé sa vidéo le 11 septembre, comme il l’a expliqué à Mediapart.

La victime, sans domicile fixe, s’occupait de la sono de la rue Auguste-Fourès, pour la Fête de la musique. Mais des nuisances sonores à répétition dénoncées par des voisins ont conduit à l’intervention des forces de l’ordre. Si cet homme de 29 ans, à la rue depuis l’âge de 16 ans, est décédé treize jours plus tard, le 3 juillet sur son campement, le parquet de Carcassonne a exclu tout lien de causalité avec sa violente chute sur le bitume.

"Sa collègue était en danger, il est intervenu"

"Une enquête en recherche des causes de la mort était alors immédiatement diligentée par le parquet. Les conclusions médico-légales de l’autopsie réalisée le 9 juillet 2026 excluaient toute lésion traumatique suspecte en faveur de l’intervention d’un tiers et privilégient la cause toxique au regard de ses antécédents connus de polytoxicomanie", a réagi lundi 14 septembre, via un communiqué, Géraldine Labialle, procureure de la République de Carcassonne, saisie la veille des images. "À ce jour, en l’état des investigations, il n’existe donc aucun lien de causalité entre les faits filmés et le décès survenu treize jours après." En revanche, la procureure indique aussi avoir immédiatement saisi l’IGPN à l’encontre du fonctionnaire de la police nationale en cause, qui exerce à la brigade de nuit du commissariat de police de Carcassonne, pour une enquête judiciaire "du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique."

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Ces nouvelles images chocs ont pu susciter un tollé en raison de la disproportion de l’intervention et sa violence. Ce qui n’est pas l’avis de Bruno Bartoccetti, secrétaire national zone Sud d’UN1TE-police, après analyse des images. "La situation ne doit pas être analysée seulement avec cette vidéo de quelques secondes : le policier écarte le SDF sentant sa collègue qui lui faisait face en danger, il est intervenu, avance le syndicaliste. L’enquête va apprécier si la réaction est proportionnelle, mais sa collègue était en danger, ce n’est pas pour le plaisir, ni gratuitement qu’il a jeté quelqu’un au sol. La patrouille a fait un procès-verbal de cette intervention et ne s’est pas considérée hors cadre."

"Il n’a aucune attention"

La présence de César R. questionne aussi beaucoup, même si les images le montrent statique, levant juste la main pour dissuader une amie de Youssef E. d’intervenir après la chute, sans aucun contact. L’inaction du policier municipal en a choqué certains, "il est référent premiers secours et il n’a aucune attention pour le type qui est projeté et dont la tête a frappé le sol", raille un employé de la mairie de Carcassonne.