Violences physiques et psychologiques, emprise: de quoi le chef Jean Imbert est-il accusé par ses ex-compagnes?

Violences physiques et psychologiques, emprise: de quoi le chef Jean Imbert est-il accusé par ses ex-compagnes?

Publié aujourd'hui à 18h39

Lire dans l'appBFM

Boris Kharmaloff avec Amélie Com

Le chef Jean Imbert pris en photo à Cannes le 20 mai à 2024

Le chef Jean Imbert pris en photo à Cannes le 20 mai à 2024 - Zoulerah NORDDINE

Jean Imbert, en garde à vue depuis lundi 3 août au matin, est visé par au moins trois plaintes déposées par d’ex-compagnes: l’ancienne Miss France Alexandra Rosenfeld, l’ancienne actrice Lila Salet et Lucie*, une ancienne mannequin.

Depuis lundi matin, Jean Imbert est en garde à vue au commissariat du 16e arrondissement de Paris pour des faits supposés de "violences par conjoint" sur d'anciennes compagnes: l’ancienne Miss France Alexandra Rosenfeld, l'actrice Lila Salet et Lucie*, une ancienne mannequin

Au cours de l'été 2025, Lila Salet dépose plainte contre lui pour des faits de violences conjugales qu’elle situe entre 2012 et 2013, et pour des faits de séquestration lors d'un week-end à Florence, en Italie, en janvier 2013. La séquestration n’avait pas été retenue par le parquet.

Pourquoi Jean Imbert est-il placé en garde à vue?

Pourquoi Jean Imbert est-il placé en garde à vue?

2:57

Les avocates de Jean Imbert ont contesté le récit fait par Lila Salet. Selon elles, au cours du fameux week-end à Florence, l'ancienne actrice a publié des publications toutes les trois heures sur les réseaux sociaux, notamment des photos au musée, au restaurant, en se promenant... Elles estiment que la chronologie et le contenu de ces publications contredisent l'hypothèse d'une séquestration.

Un mois plus tard, le 23 septembre 2025, c'est au tour de Lucie, ancienne serveuse à l'Acajou, l'un des restaurants de Jean Imbert, de déposer plainte pour violences conjugales. Elle dit l’avoir rencontré en 2010, alors qu’elle est âgée de 19 ans, étudiante et serveuse à l'Acajou, le restaurant de Jean Imbert.

"Lucie est la compagne qui a inscrit Jean Imbert à l'émission 'Top Chef' sur M6", précise une source proche du dossier à BFMTV. La jeune femme dénonce des faits de violences physiques et psychologiques que lui aurait fait subir Jean Imbert en 2012.

Emprise, mépris et rabaissements

En février dernier, Alexandra Rosenfeld, ancienne miss France porte elle aussi plainte contre le chef cuisinier. Avant de se rendre au commissariat, en soutien aux autres plaignantes, avait-elle précisé dans une interview à Complément d'Enquête. Selon elle, les faits remontent à 2013.

Sur son compte Instagram, la jeune femme avait d'abord publié une copie d'une radio montrant une fracture du nez. Dans ce post, elle décrivait les violences physiques et psychologiques dont elle disait avoir été victime. Elle a accusé le chef cuisinier de lui avoir fracturé son nez lors du tournage d’une émission pour M6. Elle indique avoir en outre vécu de l'emprise, du mépris et des rabaissements dans le cadre de leur couple.

Ce contenu ne peut pas être affiché

Ce contenu ne peut pas être affiché sans votre consentement car il implique l’utilisation de cookies déposés par son fournisseur. Ces cookies peuvent notamment permettre de mesurer l'audience, personnaliser le contenu ou suivre votre navigation. Pour afficher ce contenu, vous pouvez :

Paramétrer vos choix afin d'accepter uniquement les cookies liés à ces contenus tiers en cliquant sur « Paramétrer les cookies ». Vous pouvez à tout moment modifier vos choix et retirer votre consentement en cliquant sur « Paramétrage des cookies » figurant en bas de page de ce site.

Pour en savoir plus, vous pouvez également consulter notre politique de protection des données personnelles. Sans votre consentement, ce contenu ne peut pas être affiché

Les avocates de Jean Imbert déclarent que leur client a assumé sa part de responsabilité et a exprimé ses regrets quant à cette relation avec Alexandra Rosenfeld. Selon elles, des témoignages et des messages échangés entre elle et Jean Imbert démontreraient qu'elle-même exerçait des violences à l'encontre du chef cuisinier: des messages qui traduiraient de la violence verbale, les insultes répétées et le dénigrement dont il aurait fait l'objet.

En avril dernier, le parquet de Paris avait indiqué avoir ouvert une enquête pour "violences par conjoint ou concubin" visant Jean Imbert, après le dessaisissement du parquet de Versailles (Yvelines). Les investigations ont été confiées au commissariat du 16e arrondissement de Paris, avait alors indiqué le parquet de Paris tout en refusant de livrer "le nombre et les identités des plaignantes, tant pour le respect de leur intimité que pour préserver les chances de prospérer de l'enquête".

Selon les informations de BFMTV, deux autres ex-compagnes, Zoé* et Kelly Santos ont été auditionnées dans le cadre de cette enquête. Elles aussi accusent le chef cuisinier de violences, tantôt physiques, tantôt psychologiques. Elles n’ont en revanche pas déposé plainte, mais leur témoignage peut tout à fait être retenu par le parquet.

"Ma vie s'est rétrécie en un temps record"

La première, Zoé, décrit une courte relation avec Jean Imbert à l’été 2024. Idyllique au départ, celle-ci tourne rapidement à la relation toxique selon elle. Au bout de quelques semaines, le comportement de Jean Imbert l’alerte. "Je suis resté deux mois avec lui, et très vite, je me suis rendu compte de sa folie." Elle évoque des crises de jalousie régulières de la part de son conjoint, et une volonté de contrôle de sa vie sociale.

"J'avais des amis que je n'avais plus le droit de voir parce que –selon lui– tous mes amis mecs étaient amoureux de moi. Ma vie s'est rétrécie en un temps record". Selon elle, Imbert aurait "tout fait pour cadenasser" sa vie. Elle n’évoque pas de violences physiques mais psychologiques, parlant d’emprise et de harcèlement, notamment téléphonique, selon elle.

Quant à la seconde, Kelly Santos, elle, indique avoir eu une relation avec Jean Imbert courant 2024. Elle dénonce des violences physiques que lui aurait fait subir le chef cuisinier notamment, des morsures et des bleus.

Jean Imbert, conteste toutes les accusations de violences. Lorsque le magazine Elle a révélé ces allégations, ses avocates, Mes Laffont et Benedetti, dénonçaient déjà "des récits biaisés et tronqués de la part de ses ex-compagnes", "contredits", disaient-elles, "par de nombreux éléments objectifs et témoignages".

placeholder video

Ce lundi 3 août, les avocates ont indiqué à BFMTV que leur client s’est rendu à son audition avec de nombreuses pièces et documents qui étayent selon elles sa version des faits.

Les faits dénoncés a priori prescrits

La garde à vue du chef cuisinier a été prolongée de 24 heures par les enquêteurs. Selon les avocates de Jean Imbert, mais aussi ceux des plaignantes, les faits dénoncés sont a priori prescrits.

Il faudra sans doute attendre mercredi 5 août au matin, soit la fin officielle de la garde à vue du chef cuisinier pour savoir quelles suites le parquet de Paris donne à cette affaire. S'il parvient à convaincre enquêteurs et magistrats de son innocence, Jean Imbert peut être relâché sans poursuite, ce qui ne voudra pas dire pour autant que l'enquête est terminée.

Les enquêteurs et les magistrats pourraient également décider de la poursuivre, s'ils estiment les faits suffisamment étayés. Le chef cuisinier pourrait alors être déféré en vue d'une mise en examen, ou simplement relâché et convoqué à nouveau pour être jugé ultérieurement. Il pourrait alors être placé sous contrôle judiciaire.

*Les prénoms ont été modifiés