Vivement critiqué après les inondations de 2021: comment l’IRM s’est adapté pour alerter la population

Vivement critiqué après les inondations de 2021: comment l’IRM s’est adapté pour alerter la population

© ISOPIX, Benny Proot

Pointé du doigt après les inondations qui ont frappé la Wallonie en juillet 2021 pour une alerte rouge déclenchée trop tard, selon certains, et des avertissements jugés trop techniques, l’Institut royal météorologique (IRM) a depuis lors adapté ses messages et amélioré ses communications avec les autorités publiques pour “informer au mieux les citoyens”. Le responsable des prévisions à l’IRM, David Dehenauw, salue ainsi “une volonté de collaborer” avec l’ensemble des autorités sur cette question.

SW

11 juillet 2026, 11:49

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Une alerte rouge, la plus élevée, déclenchée le 14 juillet à 9h27 alors que les inondations avaient déjà débuté depuis dans la nuit précédente. Des messages aux autorités jugés trop techniques. Des avertissements qui ont provoqué l’hésitation des services régionaux. L’IRM a été au centre des critiques à la suite des inondations de juillet 2021 sur la Belgique, et plus particulièrement la région liégeoise.

Le service fédéral chargé d’avertir les autorités des risques météorologiques s’est cependant défendu de toute erreur factuelle sur ses prévisions, évoquant seulement une sous-estimation des précipitations à Jalhay, mais a admis des interactions qui auraient pu être améliorées le jour de la catastrophe.

Le “Cortex”: une cellule de crise pour décrypter le danger

“Depuis lors, nous n’avons pas changé notre système d’alerte”, explique à Belga David Dehenauw. “Nous avons cependant modifié notre façon d’interagir avec la Région wallonne et avec les communes. C’est ainsi qu’est né le Centre de Coordination des Risques et de la Transmission d’Expertise (Cortex), qui est réuni dès qu’il y a une alerte orange ou rouge. Il rassemble des personnes de l’IRM, des experts wallons dans le domaine de la gestion de crises, qui estiment l’impact de cette alerte. Un rapport est ensuite envoyé aux gouverneurs et bourgmestres”, ajoute le météorologue.

Ces informations se veulent par ailleurs plus claires: “Un bourgmestre ne sait pas forcément ce que représente 150 à 200 mm de précipitations. Mais si on dit que ce phénomène arrive tous les 200 ans, cela en dit beaucoup plus sur la rareté de l’événement”, explique-t-il.

Traduire la météo pour les bourgmestres

L’IRM a également multiplié les contacts avec les autorités locales afin d’identifier des pistes d’amélioration. “Nous avons désormais beaucoup plus de discussions avec elles”, estime David Dehenauw. Des formations ont aussi été données, notamment à des agents spécialisés dans la gestion de crise. “Notre objectif est de renforcer la collaboration avec tous les niveaux de pouvoir, car nous voulons le meilleur pour les citoyens. C’est ce qu’ils attendent de nous”, résume-t-il.

Les modèles de prévisions météorologiques ont, eux, “peu évolué”, mais “c’est un processus plus lent”. “Les prévisions restent des prévisions. On essaie à chaque fois de s’améliorer et de faire des débriefings pour voir ce qui peut encore être amélioré, comme lors des orages des 30 et 31 mai derniers”, indique le météorologue.

Des modèles entraînés à l’IA

Les modèles commencent aussi à être entraînés avec de l’intelligence artificielle, mais cela reste “encore expérimental”. “Un test européen a récemment été réalisé avec les données des inondations de Valence, en Espagne, en 2024, mais le modèle IA n’avait pas réalisé les bonnes prévisions. Il y a du potentiel, mais l’IA n’est pas encore capable de prédire les phénomènes extrêmes avec précision. Le travail continue à ce sujet-là”, conclut David Dehenauw.

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