Voici ce que l’on sait de l’accord entre Israël et le Hamas

Voici ce que l’on sait de l’accord entre Israël et le Hamas

Actualisé31. juillet 2026, 08:57

Proche-OrientVoici ce que l’on sait de l’accord entre Israël et le Hamas

La deuxième phase de la trêve entre le mouvement de résistance islamique et Israël prévoit le désarmement de la branche armée de l'organisation palestinienne.

Agence France-Presse

Le Hamas a annoncé, vendredi, un accord avec Israël portant sur la deuxième phase de leur trêve et liant un désarmement du mouvement islamiste palestinien à un retrait israélien de la bande de Gaza. Voici ce que l’on sait sur cet accord.

Que contient l’accord ?

Il s’agit du début de la deuxième phase du cessez-le-feu conclu en octobre 2025 entre Israël et le Hamas après deux ans de guerre. La première phase, qui s’est achevée en janvier, avait vu la libération des derniers otages israéliens de Gaza enlevés par le Hamas le 7 octobre 2023, lors de son attaque en Israël qui a déclenché la guerre, en échange de Palestiniens détenus par Israël.

Selon le Hamas, l’accord sur la deuxième phase prévoit «le retrait progressif des forces israéliennes de la bande de Gaza» lié à un désarmement du mouvement palestinien dans lequel Israël ne sera pas impliqué, et au déploiement d’une force internationale.

«Il s’agit d’un cadre intégré dont les composantes doivent rester interconnectées», a déclaré à l’AFP Ghazi Hamad, membre de l’équipe de négociation du Hamas, ajoutant que les autres milices armées à Gaza doivent également être démantelées. Selon le président américain Donald Trump, l’accord prévoit «le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza».

Qui le mettra en œuvre?

Le «Conseil de paix», institution créée de toutes pièces en janvier par Donald Trump, occupe un rôle central dans la mise en œuvre de l’accord. D’après le Hamas, le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), un organisme de technocrates palestiniens institué par le «Conseil de paix» pour gérer la reconstruction de Gaza, sera la seule entité habilitée à dresser l’inventaire des armes et à les stocker.

Cette image satellite, fournie par Planet Labs PBC et prise le 8 juillet 2026, montre une partie d'une barrière de terre érigée par l'armée israélienne dans le nord de la bande de Gaza. À gauche, on aperçoit la ville détruite de Beit Lahiya ; à droite, une station d'épuration désaffectée. Israël occupe plus de 60% de la Bande de Gaza.

Cette image satellite, fournie par Planet Labs PBC et prise le 8 juillet 2026, montre une partie d'une barrière de terre érigée par l'armée israélienne dans le nord de la bande de Gaza. À gauche, on aperçoit la ville détruite de Beit Lahiya ; à droite, une station d'épuration désaffectée. Israël occupe plus de 60% de la Bande de Gaza.Planet Labs PBC/Planet Labs PBC via AP/dpa

Après le retrait israélien, une Force internationale de stabilisation (ISF), structure naissante censée regrouper des troupes multinationales opérant sous l’égide du «Conseil de paix», collaborera ensuite «avec une nouvelle force de police palestinienne pour garantir la sécurité à Gaza», a affirmé le président américain. Le NCAG «entamera bientôt une transition progressive vers l’exercice de l’autorité pleine et entière, soutenue par la Force internationale de stabilisation», a affirmé le «Conseil de paix» après l’annonce de l’accord.

Que va-t-il se passer maintenant?

Le Hamas a fait savoir qu’il allait discuter des modalités de mise en œuvre avec les médiateurs (Égypte, États-Unis, Qatar, Turquie) et convenir d’un calendrier pour l’exécution de l’accord, ce qui, selon lui, prendra au moins deux semaines. Une réunion des médiateurs est prévue prochainement au Caire. «Nous devons nous mettre d’accord sur chaque détail: la manière dont l’accord sera appliqué, le moment où il le sera et les mécanismes permettant sa mise en œuvre. C’est ce qui se passera dans les prochains jours», a expliqué à l’AFP M. Hamad.

Des combattants des Brigades Izz al-Din al-Qassam, la branche militaire du Hamas.

Des combattants des Brigades Izz al-Din al-Qassam, la branche militaire du Hamas.Abed Rahim Khatib/dpa

Israël n’a pas réagi dans un premier temps à l’annonce de l’accord par Donald Trump et le Hamas. «L’accord contient une disposition claire stipulant qu’Israël doit s’engager à respecter et à mettre en œuvre ses obligations. Si Israël n’applique pas l’accord, nous ne le ferons pas non plus», a prévenu M. Hamad.

Quelle est la situation actuelle à Gaza?

Depuis l’entrée en vigueur de la trêve en octobre 2025, Israël continue de mener des frappes quasi-quotidiennes à travers la bande de Gaza, dont il contrôle plus de 60%. Des dizaines de milliers de personnes vivent toujours sous des tentes dans le territoire palestinien dévasté par deux ans de guerre.

Des Palestiniens courent se mettre à l'abri alors que la fumée et les flammes s'élèvent lors d'une frappe israélienne contre la mosquée Al-Muttaqin à Gaza, le 28 juillet 2026. Gaza reste en proie à des violences quotidiennes de la part de l'armée israélienne.

Des Palestiniens courent se mettre à l'abri alors que la fumée et les flammes s'élèvent lors d'une frappe israélienne contre la mosquée Al-Muttaqin à Gaza, le 28 juillet 2026. Gaza reste en proie à des violences quotidiennes de la part de l'armée israélienne.AFP

Au moins 1 214 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis l’annonce du cessez-le-feu, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. L’armée israélienne a dit avoir perdu cinq soldats dans la bande de Gaza durant la même période, ainsi qu’un employé civil sous contrat.

Les restrictions imposées aux médias et l’accès limité à la bande de Gaza empêchent l’AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur le terrain.

(les/yb)

Agence France-Presse

L’Agence France‑Presse (AFP) est une agence mondiale d’information. C'est l'une des sources d’information internationale que 20 minutes utilise.