Vosges. « On n’a jamais connu ce niveau de stress » : la situation financière des entreprises vosgiennes se détériore

Vosges. « On n’a jamais connu ce niveau de stress » : la situation financière des entreprises vosgiennes se détériore

Les deux organisations patronales du département des Vosges, à savoir le Medef et l’Union des entreprises de proximité (U2P), ont tenu ce vendredi 11 septembre leur réunion de rentrée. D’emblée, le ton a été donné : les entreprises vosgiennes se portent mal. « Tous les jours, on a une entreprise, une fédération qui appelle et qui fait état de difficultés. On est dans une situation qu’on n’a jamais connue, quelle que soit la filière ou la taille de l’entreprise, les signaux sont au rouge. On a connu des doutes pendant le Covid, mais jamais ce niveau de stress », alerte notamment Didier Lemaire, le président du Medef.

Didier Lemaire, président du Medef Vosges.   Photo Philippe Briqueleur

Didier Lemaire, président du Medef Vosges.   Photo Philippe Briqueleur

22 % des entreprises du secteur font face à une dégradation de leur trésorerie, contre seulement 8 % qui enregistrent une amélioration. « Si on prend l’exemple du bâtiment, il manque en moyenne 22 000 euros dans la trésorerie des petites entreprises artisanales », détaille Olivier Cousin, le président de l’U2P.

Autre preuve que les choses vont mal : le nombre de défaillances d’entreprises , qui ne fait qu’augmenter. Depuis le début de l’année, précise Olivier Cousin, le président de l’U2P Vosges, 169 liquidations judiciaires et 49 redressements judiciaires ont été prononcés dans les Vosges. À ce rythme-là, et comme le prévoit d’ores et déjà Didier Lemaire « on va dépasser les chiffres de 2025 ».

Olivier Cousin, président de l’U2P des Vosges.   Photo Jérôme Humbrecht

Olivier Cousin, président de l’U2P des Vosges.   Photo Jérôme Humbrecht

En cause : les coûts de l’énergie qui ont explosé, le contexte géopolitique des plus instable, la baisse du pouvoir d’achat et donc de la demande, mais aussi la concurrence accrue de l’étranger ou le calendrier électoral, avec toutes les incertitudes qu’il suppose. Résultat, « le moral des entrepreneurs se dégrade », ne cesse de constater Didier Lemaire.

Des mesures réclamées

Pour limiter la casse, les deux organisations patronales réclament donc le rétablissement du SPI , une formation obligatoire pour tous les entrepreneurs.

Les entreprises vosgiennes subissent les conséquences d’un contexte géopolitique très instable.   Photo Lio Viry

Les entreprises vosgiennes subissent les conséquences d’un contexte géopolitique très instable.   Photo Lio Viry

« Il faut aussi libérer les entreprises d’un certain nombre de contraintes et leur donner plus de marges de manœuvre » ajoute Olivier Cousin qui réclame donc une adaptation des règles relatives au statut de conjoint collaborateur.

Plus globalement, les deux présidents réclament davantage de stabilité et de visibilité, plus d’aides en faveur de l’apprentissage, plus de soutien face à la concurrence et évidemment moins de charges et moins de taxes. « Il faut que le travail et la création de richesse soient au centre des politiques publiques », faute de quoi, préviennent les deux hommes, c’est l’ensemble du tissu économique vosgien qui en pâtira.