Un dernier défi avant le grand voyage en Nouvelle-Zélande

Un dernier défi avant le grand voyage en Nouvelle-Zélande

Diminuées par les suspensions et plusieurs blessures, les bleues du sélectionneur françois ratier vont se mesurer au canada, deuxième nation mondiale avant de s’envoler pour la nouvelle-zélande.

Sitôt le match face à l’Australie terminé, on savait que cette victoire – aussi belle, folle et fondatrice fut-elle – allait laisser des traces dans les rangs du XV de France. Car au-delà des blessures subies et de l’énergie prodigieuse déployée par les Bleues pour compenser les infériorités numériques, les protégées de François Ratier ont pris en début de semaine la deuxième lame, à savoir les verdicts de la commission de discipline indépendante au sujet des deux cartons rouges reçus par Ambre Mwayembe et Cloé Correa : trois semaines pour la première, deux pour la seconde. Mwayembe réduira d’une semaine sa sanction en suivant le protocole World Rugby sur la hauteur des plaquages. Les deux puissantes porteuses de balle manqueront donc le test contre le Canada, ainsi que le premier test en Nouvelle-Zélande. Des sanctions qui vont forcément pénaliser les Tricolores, mais disons que le pire a été évité…

En tout cas, ces aléas ne les ont pas empêchées de livrer, selon leur sélectionneur François Ratier "leur meilleur entraînement collectif des quatre dernières semaines, et ce malgré quelques bobos et des suspensions. D’ailleurs on se l’est dit en fin de séance. J’ai l’impression que les filles ont vite basculé vers le Canada." Et c’est tant mieux, car les Bleues vont avoir fort à faire contre rien de moins que la deuxième meilleure nation mondiale qui, la semaine dernière, s’est payé le luxe de mettre un terme à la série de 39 victoires consécutives des Anglaises en accrochant un match nul (26-26). Et le tout en Angleterre s’il vous plaît, à Exeter devant plus de 14 000 personnes.

Ratier et le Canada,une histoire dans le match

Il faut dire que les Canadiennes n’étaient pas dépaysées : sur les 23 joueuses de la feuille de match, environ trois-quarts d’entre elles évoluent en Angleterre, dans le meilleur championnat du monde. Sur le banc, on trouvait également deux "Françaises" la troisième ligne Fabiola Forteza et la demie de mêlée Justine Pelletier qui évoluent encore au Stade bordelais. N’allez pourtant pas croire que ce match nul a satisfait les protégées du sélectionneur Kevin Rouet : "J’aime le fait que les filles n’étaient pas satisfaites de ce match nul. J’aurais aussi aimé une victoire, mais ce sera un match nul aujourd’hui" déclarait le sélectionneur à l’issue du match. Voilà qui en dit long sur les ambitions dévorantes des Canadiennes, qui sont bien décidées à déloger les Red Roses de leur trône mondial. Face à un adversaire d’un tel calibre, les Bleues savent pertinemment qu’elles ne pourront pas reproduire les mêmes erreurs que la semaine dernière, sinon la sanction pourrait être terrible avant de s’envoler pour la Nouvelle-Zélande : "Nous avons évidemment fait un gros focus sur la discipline", abondait François Ratier, qui va retrouver l’équipe avec laquelle il a disputé deux finales de Coupe de monde : "Il est vrai que la reconstruction de cette équipe canadienne représente une grande partie de ma vie. C’est une fusée à plusieurs étages : j’ai fait l’étage de la reconstruction, quand l’équipe était sixième mondiale en 2012 et est passée deuxième en 2014 et en 2016. Après un petit creux dû au changement de génération, Kévin Rouet avec qui j’ai travaillé à Rugby Québec a repris l’équipe avant le Mondial 2022 et l’a replacée au deuxième rang mondial. C’est vrai qu’avec le recul, on a quand même bien bossé, et avec pas grand-chose." Maintenant, les supporters du XV de France Féminin que le technicien angoumoisin hisse les Bleues dans ce Top 2. Le choc à Deflandre devrait à ce titre être riche en enseignements.