Face à la famille de Federico Martin Aramburu, Loïk Le Priol et Romain Bouvier ont demandé pardon tout en contestant les faits reprochés. Étrange, n’est-ce pas ?
Pour assister au procès Aramburu, il faut d’abord trouver le procès Aramburu. Au palais de justice de Paris, le dossier remis aux journalistes consacre quatre pages, photos et flèches à l’appui, au seul chemin permettant de rejoindre la salle Voltaire. Traversez la cour, grimpez les marches, gagnez la galerie marchande, cherchez l’escalier K. Enfin, un totem rouge apparaît derrière un énorme pilier : "VOLTAIRE". Vous y êtes. Soudain, le décor change. La salle des assises impose immédiatement quelque chose, par ses volumes, son bois, son histoire et cette immense peinture qui domine les débats : Marie de Médicis y remet la couronne au jeune Louis XIII, au lendemain de l’assassinat d’Henri IV. Sous cette fresque monumentale, magistrats, jurés, avocats, accusés et parties civiles ont désormais pris leurs habitudes. Les journalistes, au nombre de soixante, aussi. C’est là que le procès de la mort de Federico Martin Aramburu s’est lancé lundi après-midi. Et après quatre ans et demi à mettre des noms sur des photographies, des procès-verbaux ou des récits d’enquête, Romain Bouvier et Loïk Le Priol, qui comparaissent pour tentative d’assassinat et risquent tous deux la perpétuité, sont enfin apparus dans le box.