L'entreprise Duralex reprise par le Breton Cédric Meston
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Le tribunal de commerce d’Orléans a, ce mercredi, confié l’avenir de Duralex, fleuron industriel français, au consortium conduit par le serial repreneur breton Cédric Meston. Les 155 salariés repris auront pour mission de produire « le verre le plus vert au monde ».
Une nouvelle page s’ouvre pour Duralex, l’une des marques françaises les plus connues au monde. Après plusieurs reprises successives depuis 2008, dont celle de 2024 par ses salariés en Scop, l’emblématique verrerie créée en 1945 à La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) avait été placée en redressement judiciaire le 1er juin 2026. Ce mercredi 14 octobre, le tribunal de commerce d’Orléans, près duquel trois offres de reprise avaient été déposées, a arrêté le plan de cession au profit du consortium d’industriels et d’entrepreneurs conduit par Cédric Meston, via sa holding Tomé - du nom de l’île qui fait face à Perros-Guirec (22), commune dont il est originaire.
Des deux projets crédibles, celui-ci était le mieux disant en termes de sauvegarde d’emplois : 155 salariés sont repris sur le site historique de La Chapelle-Saint-Mesmin, soit plus de 70 % des effectifs en CDI, avec des engagements portant sur 24 mois sans licenciement économique et une priorité de réembauche pour les salariés non repris.
Le plan de reprise est financé à hauteur d’environ 16 M€ : 10 M€ de fonds privés du consortium et de ses partenaires, dont la holding de Xavier Niel, et 6 M€ de soutiens publics.
Un nouveau modèle
« Duralex est un patrimoine industriel français. Notre ambition n’est pas de le sauver une cinquième fois, mais de le transformer pour de bon : un site redimensionné, désendetté, et un four électrique d’ici à 2029 pour faire de Duralex le verre le plus vert au monde », a déclaré Cédric Meston, sitôt connue la décision du tribunal.
Pas question, pour le cofondateur de HappyVore de 32 ans, connu notamment pour avoir relancé les activités commerciales de Tupperware Europe et les pneus remanufacturés Léonard (ex-Black Star) à Béthune (Pas-de-Calais), au début de l’été, de conserver le même modèle de volumes à bas prix. L’offre de Duralex, réputée pour ses gobelets Picardie et ses verres de cantines sous lesquels des générations d’enfants se sont amusés à deviner les âges, sera repositionnée avec de nouvelles gammes « pensées pour mieux valoriser le savoir-faire français et répondre aux nouvelles attentes des consommateurs », dixit Cédric Meston.
« La référence du verre durable »
La décarbonation du site est au cœur du projet. Le plan prévoit la conversion du four de fusion, qui fonctionne au gaz, vers une technologie 100 % électrique à l’horizon 2029, afin de supprimer l’essentiel des émissions. La part de verre recyclé sera augmentée dans les fournées, des panneaux photovoltaïques installés, la mise aux normes environnementales parachevée. « Une gamme éco-conçue de verre trempé incassable, 100 % recyclable et fabriqué en France va, par ailleurs, être lancée. »

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Silham El Kasmi aura, dès ce jeudi, la mission de diriger Duralex et de mener la restructuration de l’outil de production. Forte de 23 ans d’expérience chez Saint-Gobain, avant de rejoindre Saur, la directrice générale, membre du consortium de reprise aux côtés de Cédric Meston et de Christophe François, un ancien de chez McKinsey, promet d’être présente au quotidien, au plus près des salariés. « Duralex a tout pour devenir la référence du verre durable : un procédé de trempe unique, un savoir-faire de 80 ans, et une marque que tout le monde connaît », est-elle convaincue.