30 ans plus tard, un ancien membre de gang est reconnu coupable du meurtre de Tupac Shakur
Duane Davis, un ancien membre de gang, a été reconnu coupable du meurtre de la légende du rap américain Tupac Shakur, lundi (heure locale) à Las Vegas.
La nuit du 7 septembre 1996, des tirs provenant d'une Cadillac blanche ont mortellement blessé Tupac Shakur à Las Vegas, alors qu'il venait d'assister à un combat de boxe de Mike Tyson. Le rappeur a succombé à ses blessures six jours plus tard, à l'âge de 25 ans.
Duane Davis était jugé pour avoir commandité le meurtre et fourni l'arme du crime. Pendant neuf jours d'audience, une trentaine de témoins se sont succédé à la barre. Après avoir délibéré lundi pendant quelques heures seulement, le jury a donc reconnu cette ancienne figure des South Side Compton Crips, gang d'un quartier sensible de Los Angeles, coupable de "meurtre au premier degré avec usage d'une arme mortelle".
Mort de Tupac Shakur : le procès de Duane "Keffe D" Davis, ex-chef de gang, peut enfin commencerLes 12 jurés ont ainsi donné raison au procureur, qui a décrit l'accusé à de multiples reprises comme un "caïd" dont les ordres étaient suivis par les membres de son gang. Binu Palal, qui représentait l'État du Nevada, où se sont produits les faits, a martelé la thèse des représailles après le passage à tabac du neveu de Duane Davis, Orlando "Baby Lane" Anderson, auquel Tupac Shakur avait participé. "Pendant près de 18 ans, Duane Davis a dit à la police, à la télévision, dans des livres et à des intervieweurs sur YouTube - à qui voulait l'entendre - qu'il était responsable du meurtre de Tupac Shakur. Dites-lui que vous l'avez entendu en le déclarant coupable", avait lancé le procureur au jury avant que celui-ci ne se retire pour délibérer.
L'ex-membre de gang s'était en effet épanché sur l'affaire dans les médias, puis avait publié en 2019 des mémoires compromettants: il y raconte notamment qu'il se trouvait sur le siège passager, à l'avant de la Cadillac blanche d'où ont été tirées les balles fatales à Tupac. Il explique ensuite avoir fait passer l'arme du crime aux occupants de la banquette arrière, sans révéler l'identité du tireur. Il avait été arrêté en 2023 après la parution du livre. Selon les lois du Nevada, quiconque favorise et participe à un meurtre, même de manière indirecte, peut être inculpé pour ce crime.
Une longue enquête
Dès 2008, Duane Davis avait reconnu devant les enquêteurs qu'il se trouvait dans la Cadillac. Mais ses confidences intervenant dans le cadre d'un accord prévoyant une immunité partielle, elles ne pouvaient être retenues contre lui.
Devant ses juges, "Keefe D" a toutefois affirmé que ses précédentes déclarations étaient de l'esbroufe pour booster les ventes de son livre et qu'il ne se trouvait même pas à Los Angeles au moment du crime. Son avocat a pour sa part souligné l'absence de preuves matérielles. La voiture et l'arme du crime n'ont jamais été retrouvées.
"Diddy a joué un rôle dans la mort de Tupac et Biggie", "Il maltraitait autant les femmes que les artistes": les révélations chocs du docu de 50 CentTrente ans après la mort de l'interprète de "California Love", Duane Davis est la seule personne à avoir jamais été poursuivie dans ce dossier. Les autres occupants de la Cadillac blanche sont tous décédés. L'ancien membre de gang plaidait non coupable. Âgé de 63 ans, il encourt la perpétuité incompressible. Le prononcé de la peine aura lieu le 13 octobre prochain. Le condamné restera détenu jusque-là, sans possibilité de libération sous caution.
Duane Davis est resté relativement impassible à l'annonce du verdict, tandis que la famille de Lesane Parish Crooks (le nom de naissance de Tupac Shakur) était visiblement émue. S'adressant à la juge Carli Kierny, le sexagénaire a déclaré dans la salle d'audience vouloir faire appel de la décision.
Voici "Keffe D" Davis, l'homme soupçonné d'avoir tué Tupac ShakurLa mort du chanteur, dans un contexte de guerre de clans et de rivalité entre les scènes rap de la côte ouest et est des États-Unis, est intervenue alors que "2pac" était au sommet de sa gloire. Faute de preuves, l'enquête a patiné pendant des décennies, ouvrant la porte à de nombreuses spéculations quant aux responsables.