5 choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur Akira

5 choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur Akira

Alors que l’on se réjouit déjà de retourner à Néo-Tokyo au cinéma, en 4K et en IMAX s’il vous plaît, retour sur un monument de l’animation.

Tetsuo, Kaneda, Ryu et le reste de la bande sont de retour au cinéma. Rendez-vous en salles dès le 9 septembre, et en avant-première au Grand Rex le 4 septembre, pour découvrir une version restaurée, en 4K et en IMAX, du film d’animation japonais signé Katsuhiro Otomo. L’œuvre nous plonge dans une dystopie post-Troisième conflit mondial, dans un futur que l’auteur imaginait en 2019, et qui puise dans les contestations étudiantes du Japon des années 80, les Jeux olympiques de Tokyo de l’été 1964, la reconstruction et la culture cyberpunk. Tâchant d’éviter les spoilers pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore Akira, on revient sur cinq anecdotes autour du film.

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Le long-métrage est tiré d’une série de mangas

Publiée dès 1982, la série Akira, signée Katsuhiro Otomo, se retrouve dans les pages du Weekly Young Magazine, un magazine qui pré-publie des mangas. L’intrigue développée par l’auteur – dont la carrière d’auteur et illustrateur de mangas débute en 1973 – y est publiée jusqu’en 1990, pour un total de 120 épisodes. Face au succès, la production d’un long-métrage d’animation est lancée, alors même que la série est toujours en cours de publication.

C’est Katsuhiro Otomo, toujours, qui se charge de son adaptation cinématographique. L’intrigue du film double de facto celle du manga, dont la fin, bouclée en 1990, s’avérera différente de celle du film. La série sera plus tard regroupée dans six volumes, édités chez Kōdansha au Japon et chez Glénat dans l’hexagone.

L’histoire raconte que c’est Alejandro Jodorowsky, ivre, qui aurait donné une fin à Akira

Alejandro Jodorowsky, c’est un artiste franco-chilien, maintenant nonagénaire, qui a eu beaucoup, beaucoup de cordes à son arc : scénariste de bande dessinée, réalisateur, poète, danseur, journaliste, acteur, mime… Dans les lignes de Vice, il confie à un journaliste avoir rencontré Katsuhiro Otomo au Japon, alors que le film n’existe pas encore : « Le film n’existait pas, ce n’était encore qu’un manga. On va manger, je bois un peu de ­whisky pour lui faire plaisir. Il me dit qu’il est bloqué sur Akira, qu’il ne trouve pas la fin. Je suis saoul, je lui raconte une fin délirante que j’invente en même temps que je la raconte, je dessine tout sur une nappe et je la lui offre. Le lendemain, je ne me souviens de rien. Un jour, je reçois une lettre de lui où il me remercie de lui avoir donné la fin d’Akira. »

Il devient à l’époque le film d’animation le plus cher de l’histoire du Japon

Les ambitions du réalisateur sont telles que le film, qui coûtera un milliard de yens, soit 7 millions d’euros, donne lieu à la création d’un comité de production : le Akira Committee. Ce dernier est composé d’une petite dizaine de sociétés du divertissement, dont l’éditeur Kōdansha et le studio d’animation Tokyo Movie Shinsha, qui s’associent pour réunir les fonds, tout en laissant les décisions créatives à Otomo. Sur les 327 couleurs utilisées sur le film, une cinquantaine seront d’ailleurs créées spécialement pour l’occasion.

En France, Akira donne ses lettres de noblesse à l’animation japonaise

Si Akira sort dans les salles japonaises en 1988, il faut attendre 1991 pour que le film trouve sa place dans les cinémas français. Et à l’époque, les films d’animation japonaise n’ont pas tout à fait la côte. Le magazine de cinéma Rockyrama, qui édite également la revue OTOMO, resitue : « Si le succès des dessins animés japonais dans l’Hexagone a été un succès populaire dans les années 80, l’image qu’ils ont longtemps véhiculée auprès des médias et du grand public a souvent été désastreuse. « Récré A2 » puis « le Club Dorothée » ont été les premiers à diffuser des animés nippons, connus sous le sobriquet de « japonaiseries ». À l’époque où Ségolène Royal menait une croisade contre ces séries qui « abrutissaient » notre jeunesse, le geek n’était pas chic et les VHS de Dragon Ball s’échangeaient sous le manteau. » Akira participe à changer la donne, offrant aux spectateur·ices une expérience totale et immersive.

Une œuvre qui influence

Le film post-apocalyptique d’Otomo, monument de l’animation et claque visuelle inédite, imprime la rétine de plus d’un·e spectateur·ice, et n’épargne pas les cinéastes, dont certaines œuvres font volontairement des clins d’œil au film. Dans la pop culture récente, Eleven de Stranger Things, enfant étudiée dans des laboratoires tenus secrets, rappelle évidemment Tetsuo. En 2018, Ready Player One ressuscite la moto rouge de Kaneda tandis que façon plus évidente, Matrix, en 1999, présente un Neo lui aussi retenu prisonnier qui se découvre des pouvoirs. Mais on pense aussi à Dark City (1998), Inception (2010), Chronicle (2012)…

Akira, de Katsuhiro Otomo, au cinéma le 9 septembre en restauration 4K et IMAX, et avant-première au Grand Rex le 4 septembre dans sa version restaurée en 4K.

Konbini, partenaire de la resortie d’Akira.