80 ans d'aéromodélisme fêtés à Haneffe : le Villersois Bruno Scordo, membre du club depuis 1964 (vidéo)

80 ans d'aéromodélisme fêtés à Haneffe : le Villersois Bruno Scordo, membre du club depuis 1964 (vidéo)

Parmi les invités à la fête d'anniversaire de la Royale Haneffe Petite Aviation (RHPA), un habitant de Villers-le Bouillet n'est assurément pas passé inaperçu, ce dimanche 6 septembre. Affilié au club depuis 1964, Bruno Scordo n'a pas hésité à brandir sa carte de membre.

Aujourd'hui âgé de 78 ans, le Hesbignon s'est intéressé aux sciences aériennes dès l'adolescence. À l'âge de 14 ans, il a commencé par ouvrir un livre. Quelques pages consacrées à la petite aviation ont suffi à déclencher un engouement qui, plus de soixante ans plus tard, ne l'a toujours pas quitté. "J'ai lu ce manuel, je l'ai refermé, je me suis mis à la table à dessin. J'ai dessiné un avion, je l'ai construit, puis je l'ai fait voler", se souvient le sympathique septuagénaire, qui n'a pas la langue en poche.

Désormais administrateur au sein de la fédération d'aéromodélisme (AAM), Bruno Scordo est donc un véritable passionné d'aviation, d'aérodynamisme et d'aéronautique.

Son autre centre d'intérêt est la pédagogie. Bruno Scordo accompagne volontiers des étudiants universitaires et se rend dans les écoles fondamentales de l'arrondissement de Huy-Waremme pour expliquer pourquoi un avion vole et ne tombe pas.

Transmettre ou mourir

"Maintenant que je suis professionnellement à la retraite, je me consacre pleinement à la transmission. Celui qui meurt sans avoir transmis, meurt comme un voleur. C'est devenu ma devise", confie le passionné.

Dans les classes primaires, Bruno Scordo privilégie les explications simples et concrètes. Et lorsqu'il reçoit des jeunes chez lui dans le cadre de l'opération "Place aux enfants", il peut aller encore plus loin grâce à sa soufflerie aérodynamique, qui permet d'assister aux phénomènes à l'œuvre." J'ai retrouvé certains enfants devenus adultes, des années après leur passage à la maison, qui pratiquent désormais l'aviation", raconte-t-il.

Aux aînés, Bruno Scordo évoque les principes physiques de Bernoulli, Newton ou Coanda.

Transformer la théorie en objet volant

"Les étudiants universitaires doivent concevoir et construire un planeur à partir de simples planches de balsa. Je leur apporte les bases théoriques, puis j'accompagne certaines équipes dans la construction. Ils sont très forts en mathématiques, mais quand il faut mettre quelque chose en pratique avec leurs dix doigts, ce n'est pas toujours évident", sourit-il. Alors, il transmet les gestes, les astuces et la patience nécessaires pour transformer la théorie en objet volant. "Plusieurs élèves ont décroché des prix. Mais le plus beau moment, c'est quand ils ont réalisé leur planeur et qu'ils parviennent à le faire voler. Après des heures de travail, quelle émotion de voir décoller son propre appareil", conclut Bruno Scordo.


"Quand je vole, je fais le vide dans ma tête"

Le Marchinois Serge Adam pratique l'aéromodélisme depuis une dizaine d'années. "J'ai 63 ans et j'ai commencé assez tard. J'ai découvert cette passion lors d'un barbecue organisé par le Spirit of Saint-Louis, un club de Modave où je vole habituellement. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant. Le lendemain, j'ai essayé un petit avion en double commande", explique-t-il.

80 ans du club d'aéromodélisme de Haneffe (Donceel)
Le sexagénaire marchinois s'est spécialisé dans le pilotage d'hélicoptères ©EDA

S'il pilote un peu de tout, sa véritable passion est de faire voler les hélicos. "J'ai toujours rêvé d'en faire voler un. J'ai débuté avec des petits modèles avant de passer à des machines plus imposantes", précise-t-il.

"Une passion qui me détend"

Pilote d'hélicoptères miniatures n'est évidemment pas son métier. En semaine, Serge Adam est responsable de la qualité dans une société grossiste en fruits et légumes. "L'aéromodélisme, c'est surtout une activité qui me détend. Le week-end, je vais voler. Quand l'hélicoptère ou l'avion est dans les airs, je ne pense plus à rien d'autre. Je fais le vide dans ma tête. On est concentré, vraiment concentré."

Selon le passionné, le pilotage d'un hélicoptère s'avère un peu plus compliqué que la manipulation d'un avion miniature. "Il faut constamment travailler dans les trois axes et être attentif aux pales, qui permettent à la machine de rester en l'air et de monter ou descendre. Un avion, lui, plane davantage", souligne l'expert, qui compte aussi sur une météo correcte avant d'envisager une séance de vol. "Jusqu'à des pointes de 30 à 40 km/h de vent, ça reste possible. Au-delà, c'est encore volable, mais ce n'est plus amusant car on se bat tout le temps avec la machine…"


"Le club de Haneffe, c'est mon jardin"

Le Waremmien Dominique Martin est également mordu d'aéromodélisme. Inscrit à Haneffe depuis 2022, il y a suivi la formation pour obtenir son brevet de pilotage. "J'ai commencé progressivement, avec un petit avion bien tranquille, un planeur, puis un autre avion. Et petit à petit, je me suis passionné, vraiment accroché. Je viens quasiment tous les jours quand le club est ouvert. L'activité est principalement organisée le mercredi, le samedi et le dimanche", précise le Hesbignon de 57 ans.

80 ans du club d'aéromodélisme de Haneffe (Donceel)
Dominique Martin vient aussi prendre l'air à Haneffe ©EDA

Professionnellement occupé dans le domaine de l'informatique, il profite de ses activités d'aéromodélisme pour sortir de son appartement. "C'est un peu mon jardin ici, à quelques kilomètres de chez moi. J'ai donc mon jardin, ma chaise, je rencontre des gens et je profite de la nature. C'est génial. Le terrain est magnifique, c'est l'un des plus beaux de la région. Il est tranquille, sans obstacles, ni arbres", ajoute le pilote.

En plus de faire voler ses engins, Dominique Martin a vraisemblablement aussi une âme de bricoleur.

Un avion à 500 €

"À l'origine, mon avion était blanc et bleu, mais ces couleurs ne se voient pas bien dans le ciel. J'ai donc racheté un nouveau fuselage, démonté les ailes, enlevé les stickers et remis les couleurs. Je n'y connaissais rien, mais je l'ai fait ! Les couleurs qui ressortent le mieux sont le jaune, le rouge et l'orange."

Et son joujou lui a coûté quelque 500 €. "Mais on peut commencer pour moins cher, avec un planeur autour des 200 €."


"Tout ce qui vole nous intéresse" : Christian Roland est le président du club donceelois depuis 24 ans

"Le club a été créé en 1946. À l'origine, on pratiquait le vol circulaire, avec des avions reliés au pilote par deux câbles. Puis nous avons évolué vers la radiocommande. Après avoir déménagé deux fois, notamment à Saint-Georges-sur-Meuse, nous sommes venus nous installer ici, à Haneffe, il y a 35 ans. Et depuis, on y est bien", explique le Liégeois.

Moins d'effectifs depuis la pandémie

L'association rassemble actuellement une soixantaine de membres. "Nous avons été jusqu'à 110 membres, mais nous avons perdu un peu de monde, notamment depuis la pandémie de coronavirus. Comme beaucoup de clubs, nous avons aussi plus de difficultés à attirer les jeunes. Mais nous ne nous plaignons pas car cela reste malgré tout un nombre important de personnes pour un club francophone", nuance le responsable. Lui-même modéliste depuis 1972,

"Certains de nos modélistes sont devenus pilotes pros"

Christian Roland a aussi eu l'occasion de piloter des avions grandeur nature. "Quand on baigne dans ce milieu, tout ce qui vole nous intéresse. Planeur réel, avion radioguidé. Tout se rejoint. Certains de nos modélistes sont d'ailleurs devenus des pilotes professionnels civils ou militaires", souligne le passionné de 66 ans.


Cassie, pilote de drone… à 7 ans

Du haut de ses 7 ans, la jeune Amaytoise Cassie Dumont a déjà trouvé son engin volant préféré. Aux commandes d'un drone, elle était bien présente ce dimanche, avec ses parents, à l'occasion de l'anniversaire du club aéronautique de Haneffe.

Cassie n'a d'ailleurs pas manqué, de son côté, d'effectuer quelques remarquables démonstrations de pilotage avec son engin.

Le bruit d'une mouche

"Je suis pilote de drone et j'adore ça. Un garçon a voulu faire la course avec moi, mais c'est mon drone qui est allé plus vite", sourit-elle.

Son papa, Gaëtan Dumont, est également féru d'aéromodélisme. "Il pilote des hélicoptères et aussi des avions. Moi, je pilote mon drone. Et quand il vole, il fait le même bruit qu'une mouche", commente encore la fillette.

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