Cyclisme. « Il est une jambe au-dessus de nous » : Seixas à la conquête du monde
Un an s’est écoulé depuis Kigali et Paul Seixas n’appartient plus au même monde. L’électron libre du Rwanda, censé sauter dans les échappées et s’aguerrir à la dure mais finalement 13e à la pédale parmi les tout meilleurs, est devenu ce leader affirmé d’un collectif entièrement dédié à sa cause. Puisqu’il a soufflé une bougie de plus cette semaine, ses sept compagnons comptent bien lui offrir le plus beau des cadeaux pour ses 20 ans ce dimanche (dès 15 heures) : aller chercher autre chose que le titre « serait une déception ».
Une « ambition naturelle, assumée » par Thomas Voeckler et toute la troupe tricolore réunie depuis de longs jours aux abords de Montréal pour un team building aux allures de colonie de vacances dans l’unique but de préparer ce qui doit être le jour de gloire de Paul Seixas.
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De ce prodige qui fait plus que jamais l’unanimité : « Il n’y a pas de plan B », assure son fidèle Nicolas Prodhomme. « Il est une jambe au-dessus de nous », confirme Alex Baudin, prêt à « tout mettre en place sans arrière-pensée pour lui ». « Son statut est incontestable », prolonge l’un des anciens du groupe, Pavel Sivakov. Le premier pari du sélectionneur Voeckler est déjà réussi : après l’ère Alaphilippe, il tient son nouveau chef de meute, également loué par ses coéquipiers pour sa personnalité calme, à l’écoute, et sa bonne humeur au quotidien.
« Il est une jambe au-dessus de nous »
Paul Seixas, champion du monde ? Un rêve bien lointain il y a encore un mois, avant que Tadej Pogacar ne tâte le bitume sur le Tour d’Espagne et ne voit son objectif de triplé s’envoler, mais parfaitement envisageable depuis. Combien peuvent encore prétendre surclasser le Lyonnais – intouchable sur le Tour du Pays basque, la Flèche wallonne et au contact des meilleurs sur les plus grands rendez-vous cette saison – sur un circuit tel que celui de Montréal ?
Sans l’intraitable Slovène, quatre à cinq noms émergent. Ce collectif belge si friable avec ses deux chercheurs d’or (Remco Evenepoel et Wout Van Aert), l’héritier Isaac Del Toro plus lucide que Seixas sur le Grand Prix de Montréal, l’invité surprise Mathieu van der Poel « qui a peut-être ça en tête depuis longtemps » (Voeckler), voire le Britannique Tom Pidcock qui en connaît un rayon sur ces courses de championnats.
Bref, du beau monde à éliminer une fois l’entrée sur le circuit final de Montréal et cette boucle casse-pattes à répéter douze fois pour un total de 273 kilomètres (3800 m de dénivelé positif). L’objectif est simple pour les Bleus : « rendre la course la plus difficile possible » (Baudin), éliminer quelques-uns des noms évoqués ci-dessus et mettre Seixas en orbite. « Arriver seul est ce qu’il y a de mieux, parce que c’est plus simple, mais arriver avec un ou plusieurs coureurs peut aussi me convenir », assure l’intéressé, sûr de son fait.
Un an s’est écoulé depuis Kigali et Paul Seixas part à la conquête du monde.