À 22 ans, Pierre-Louis gravit le plus haut sommet 100 % italien : "J'aimerais faire un 8.000 m" (vidéo)

À 22 ans, Pierre-Louis gravit le plus haut sommet 100 % italien : "J'aimerais faire un 8.000 m" (vidéo)

Le jeu en vaut la chandelle. Voilà sans doute l'expression qui colle le mieux à l'esprit des alpinistes. Car, pour atteindre leurs objectifs, les sommets, ils prennent des risques (parfois), mais doivent (surtout) se soumettre à une rude préparation, qu'elle soit physique ou logistique.

Ce petit monde particulier, Pierre-Louis Govaerts n'y était pas du tout destiné. Et pourtant, le 16 juillet dernier, le citoyen de les Avins, dans la commune de Clavier, a gravi le Grand Paradis, le plus haut sommet 100 % italien et culminant à 4 061m après quatre heures de marche. Un véritable exploit quand on sait qu'il n'a réalisé qu'un simple stage d'alpinisme au mois de juin en guise de préparation.

Mais le garçon de 22 ans n'a pas froid aux yeux et il n'est peut-être qu'au tout début d'une belle aventure qui peut le mener vers d'autres sommets, bien plus hauts que celui qu'il a déjà atteint. Entretien avec un combattant qui a attrapé le virus de la grimpe.

Pierre-Louis, d'où vous est venue cette soudaine passion pour l'alpinisme ?

En fait, j'étais au ski et j'ai vu des gens monter en ski de randonnées et faire des cascades de glace. J'ai voulu essayer et j'ai pris part à un stage d'initiation au mois de juin. C'est vrai que j'ai commencé la discipline il y a peu de temps, mais j'ai eu une bonne préparation et des bons guides. Il fallait simplement appliquer tout cela.

Pourquoi avoir opté pour le Grand Paradis ?

J'ai vu ce qu'il se passait au Mont Blanc, avec le surtourisme et les prix excessifs, c'était un peu trop pour moi. Pour une première, je voulais quelque chose de pas trop compliqué, forcément, mais pas trop facile non plus. Certes, il est recommandé d'avoir une petite expérience pour gravir le Grand Paradis, mais il n'est pas trop connu et plutôt beau à faire. Avec le stage, je me suis dit que j'avais tout de même une petite expérience et je voulais vraiment aller au-delà des 4 000m pour voir si j'en étais capable.

Comment s'est passée votre aventure ?

J'avais réservé un hôtel dans la vallée d'Aoste et nous nous étions fixé un point de rendez-vous au pied de la montagne avec mon guide. Nous avons d'abord réalisé une marche d'approche, durant 1h50, pour arriver à 2 700m d'altitude et nous avons dormi dans un refuge. Ensuite, nous avons repris l'ascension vers 4h du matin à l'aide d'une lampe frontale. Nous étions partis pour quatre heures d'ascension qui consistait en une marche sur glacier avec des piolets, des crampons, du cordage et tout ce qu'il faut. Finalement, nous sommes arrivés en haut vers 8h du matin.

Vous n'avez pas eu peur durant votre ascension ?

Je dois bien avouer que je me suis fait une petite frayeur car, au moment de traverser une crevasse, un de mes pieds est tombé dedans. Mais j'ai su m'en sortir.

Quelle a été la sensation une fois tout en haut ?

Franchement, je n'arrivais pas trop à y croire. J'étais tellement concentré sur la montée et vigilant que le moment au sommet est passé trop vite. Et ce n'est que pendant la redescente que je me suis rendu compte de la chose, j'ai ressenti beaucoup de bonheur. Cela m'a donné encore plus la motivation de continuer car réussir cela m'a beaucoup plu.

Maintenant que vous avez atteint ce premier objectif, vous avez envie d'aller encore plus haut ?

Oui ! Là, par exemple, je m'entraîne pour faire le Cervin, en Suisse (NDLR : qui culmine à 4 478m d'altitude). Après, j'ai un autre rêve, celui de faire un sommet de plus de 8 000m. Pourquoi pas l'Everest au Népal ? Mais cela nécessite beaucoup d'endurance, une grosse organisation et énormément de mise en place avec les sherpas, les guides et les personnes qui montent le matériel. Ce n'est en rien comparable avec ce que j'ai déjà fait, c'est un autre type d'alpinisme.

Vous avez conscience de participer à la dégradation aussi des conditions de grimpe en faisant ce que vous faites ?

Oui, forcément, je fais partie de tout cela… Mais il faut simplement peser le pour et le contre et voir où on veut aller.

Vous conseilleriez, donc, à ceux qui en ont envie de se lancer ?

Oui pourquoi pas ! Je leur dirais de commencer par un stage d'alpinisme, durant trois ou quatre jours, pour découvrir la haute montagne. Moi, je l'ai fait à Chamonix. Mais il faut bien être conscient que l'état des glaciers se dégrade et qu'il faut être très prudent. L'alpinisme, cela demande beaucoup d'endurance, de vigilance et de mental. Il est nécessaire d'avoir une petite préparation physique pour arriver en haut. Même si je n'ai pas eu besoin d'oxygène pour le Grand Paradis, on est tout de même vite essoufflé à cause de l'effort.

Au-delà de l'alpinisme, vous pratiquez également le MMA, où en est votre carrière ?

J'essaye de gérer mon planning comme je peux ou faire les deux. En tout cas, j'ai déjà participé à des combats de grappling (NDLR : un dérivé de la lutte qui se focalise sur la soumission via des clés articulaires ou des étranglements) et j'ai terminé troisième d'une compétition aux Pays-Bas il y a quelques mois.

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