À 48 h du vote, les partis courtisent les indécis
À deux jours du vote, les cinq principaux partis en lice pour former le prochain gouvernement du Québec sont dans la dernière ligne droite pour convaincre les électeurs indécis.
Les caravanes des partis passent leurs dernières heures de campagne là où ça compte, là où leur passage pourrait vraiment changer la donne le jour du scrutin.
Celles du Parti québécois et du Parti conservateur du Québec se sont rendues samedi dans la région de Québec avant de se diriger vers la région de Trois-Rivières.
Chemin inverse pour la caravane libérale, partie de Lachute, dans les Laurentides, pour aller vers Québec, en passant par Trois-Rivières.
La cheffe de la CAQ a passé la journée sur la rive sud de Montréal, tandis que la caravane solidaire est demeurée à Montréal.
Quel message les chefs ont-ils voulu transmettre?
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PSPP réclame une majorité
Le message que j'ai pour vous est le suivant : donnez-nous une réelle chance de réaliser nos promesses.
C’est ainsi que le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a commencé son point de presse samedi matin à Québec, en invitant les électeurs à lui accorder lundi une majorité.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.
Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin
Selon le chef péquiste, un minimum de 67 députés offrirait au PQ la légitimité pour mettre en œuvre son plan des 100 premiers jours, dont il a présenté les grandes orientations.
Ses priorités seraient notamment :
créer un Secrétariat à l'efficacité gouvernementale et à l'allègement réglementaire;
déposer un premier projet de loi gelant le salaire des députés, des ministres et des dirigeants des principales sociétés d'État;
baisser les taxes provinciales sur l’essence;
débloquer un budget spécial pour l'itinérance à l’approche de l’hiver;
lancer rapidement un audit sur les projets informatiques.
PSPP a en outre incité les électeurs à voter pour un parti ayant l’ambition de gouverner – comme le PQ — plutôt que pour une formation visant simplement l’opposition. Il a pris l’exemple d’Éric Duhaime, qui répète depuis le début de la campagne vouloir obtenir la « balance du pouvoir » dans un éventuel gouvernement minoritaire.
Ne votez pas pour une opposition parce que vous avez de la colère contre la CAQ, votez pour un gouvernement qui vous arrive avec du travail bien fait et qui donc contraste avec la CAQ, qui arrive avec des trucs brouillons sur un coin de table.
La souveraineté, un projet « archaïque », selon le PLQ
De son côté, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) a repris à son compte la rhétorique de Mark Carney pour critiquer l’option souverainiste du Parti québécois, un projet « archaïque », selon lui.
Comme le premier ministre canadien, Charles Milliard juge que le contexte géopolitique mondial pousse à l’unification des puissances moyennes.
Face aux grands géants du monde, l’union fait la force, a-t-il déclaré en point de presse, samedi. On a besoin de s’unir, de se réunir.

Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard.
Photo : Radio-Canada / John Jaramillo
Charles Milliard a pris l’exemple du Royaume-Uni, où le nouveau premier ministre travailliste a évoqué le retour du pays au sein de l’Union européenne.
Regardez ce mouvement-là de Brexit qui est devenu un peu le "bregret", a-t-il expliqué. Ce sont des mouvements importants qui montrent que, face aux grands géants que sont les États-Unis et la Chine, les puissances moyennes doivent s’unir.
L’alternative, c’est nous.
Le PCQ, seul parti autonomiste de centre droit au Québec, selon Duhaime
En cette fin de campagne, les derniers sondages sourient au chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime. Le plus récent coup de sonde réalisé par Léger-Le Journal/TVA Nouvelles accorde aux conservateurs 20 % des intentions de vote, le meilleur sondage de l’histoire du parti, selon son chef.
Ces chiffres sont, à ses yeux, le signe que le Parti conservateur est véritablement devenu le parti autonomiste de centre droit au Québec, le seul à pouvoir arrêter la tenue d'un référendum, face à la perspective d’un gouvernement péquiste.
Au début de la campagne, M. Duhaime s'était fixé comme objectif de faire élire 12 députés afin que son parti devienne un groupe parlementaire officiel à l'Assemblée nationale. Un parti qui décroche 20 % des suffrages exprimés peut aussi obtenir ce statut, un objectif qui est désormais à la portée du PCQ, estime M. Duhaime.
Mais rien n’est toutefois joué, a admis le chef conservateur, qui s’est dit, plus tôt cette semaine, hanté par le taux de participation des électeurs le 5 octobre.
Il est clair que dans plusieurs circonscriptions dans la région de Québec, il n'y aura aucun problème à faire sortir le vote, mais ailleurs dans la province, effectivement, ça va être un défi.
Un Québécois sur quatre a voté par anticipation (25,59 %), a cependant rappelé M. Duhaime, ce qui augure bien, selon lui.
La CAQ, seule troisième voie pour sortir de la logique référendaire, selon Fréchette
La cheffe de la CAQ a pour sa part présenté un plaidoyer pour convaincre les électeurs que la CAQ est la seule formation politique qui permettrait au Québec de sortir de l’éternel débat entre fédéralistes et souverainistes.
Quoi que Charles Milliard en dise, ce que nous propose le PLQ, c’est de replonger [dans le débat référendaire], a affirmé Christine Fréchette.

Christine Fréchette en mêlée de presse, le 3 octobre 2026.
Photo : Radio-Canada / Dany Pilote
La cheffe caquiste critiquait l’appel, un peu plus tôt dans la journée, du chef du PLQ aux électeurs s’opposant au projet de référendum du PQ.
Les libéraux, ils ne défendent pas l'identité québécoise, on le sait. Chaque fois qu'ils ont à se prononcer sur des questions de laïcité, de langue, de valeurs, de culture, ils se défilent, a-t-elle mentionné en conférence de presse.
Québec solidaire, unique rempart à l’austérité, selon Ghazal
Protéger les services publics ou les affaiblir? C’est la question que Québec solidaire souhaite que les électeurs gardent en tête au moment où ils se rendront dans l’isoloir, lundi.
De passage dans la circonscription de Saint-Henri‒Sainte-Anne, à Montréal, la co-porte-parole solidaire Ruba Ghazal a érigé sa formation en unique rempart contre l’austérité, au moment où les quatre autres partis politiques promettent des coupes dans les finances de l’État québécois.
Mme Ghazal a également dénoncé une influence des idées de droite, [des idées] de coupes, des idées d’Éric Duhaime, sur les autres partis politiques.
Pour contrecarrer cette influence, elle a demandé aux électeurs d'envoyer un maximum de députés solidaires à l’Assemblée nationale.
Avec les informations d'Adrien Banville et de Sandrine Côté