Reportage culture - À Londres, la BRIT School, une pépinière de stars publique et gratuite

Reportage culture - À Londres, la BRIT School, une pépinière de stars publique et gratuite

Les chanteuses Amy Winehouse, Adele, ou Raye et l'acteur Tom Holland ont tous un point commun : chacun est passé par les couloirs de la BRIT School ! Cette école londonienne, installée dans un quartier populaire de la capitale britannique, enseigne les arts depuis plus de 30 ans à des jeunes âgés de 14 à 19 ans. Avec le temps, l'établissement est devenu une véritable pépinière de stars. Reportage dans cette école unique en son genre.

Des potins partagés joyeusement entre deux leçons, trop de monde à la cantine, et des couloirs bondés de jeunes allant d'un cours à l'autre : au premier regard, la BRIT School ressemble à toutes les autres écoles du monde. Mais cette ressemblance s'évanouit dès le seuil des salles de classe. 

Claquettes, théâtre et chant au programme 

Ici, il suffit d'ouvrir une porte pour tomber sur un groupe d'élèves en justaucorps, pratiquant leurs claquettes, ou sur plusieurs étudiants penchés sur les croquis de ce qui deviendra des costumes de scène. Dans leurs vêtements de tous les jours – fait rare au Royaume-Uni, la BRIT School n'impose pas d'uniforme –, les élèves bénéficient d'une grande liberté. Certains ont un casque sur les oreilles, d'autres travaillent sur leur ordinateur. La sonnerie, les heures de colle ou les carnets de correspondance sont des concepts tout à fait étrangers à cet établissement. 

« Nous voulons responsabiliser les élèves autant que possible, raconte Stuart Worden, qui nous accueille pieds nus dans son bureau encombré de souvenirs d'illustres étudiants. L'idée, c'est de les mettre en situation professionnelle. Lorsqu'on est adulte, on n'a pas de sonnerie pour nous rappeler d'aller à tel ou tel rendez-vous. On fait ce qu'on a à faire au moment où on doit le faire. Il n'y a pas de raison que ce soit différent pour les élèves ! » 

De fait, ici, la plupart des 1 500 élèves ne semblent pas avoir besoin de contrainte pour travailler : « Ils sont très investis, sourit Kat Zawadzki, qui enseigne les arts numériques à la BRIT School depuis 6 ans. Ce sont des gens qui ont compris très tôt qu'ils étaient passionnés par quelque chose, et qui sont prêts à y mettre du leur pour progresser. » Sapphire, 18 ans, qui étudie le théâtre depuis 2 ans, ne dit pas autre chose : « C'est vrai que l'école est exigeante. Mais ça vaut le coup, ça vaut tellement le coup ! Comment peux-tu t'attendre à réussir dans cette industrie si tu n'es pas prêt à donner le meilleur de toi-même ? » 

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Des liens puissants avec l'industrie artistique 

Difficile, justement, de ne pas penser à « l'industrie » lorsqu'on déambule dans les couloirs de la BRIT School. De grandes statuettes à taille réelle des Brit Awards décorent l'établissement. « C'est parce que nous avons un partenariat avec ces récompenses, sourit la directrice de la communication Rhea Badwal. Ils font partie de nos mécènes. » De généreux donateurs qui ont permis d'équiper l'école de matériel et de salles dernier cri, dans plusieurs domaines : théâtre, cinéma, chant, danse, design graphique… La BRIT School dispose ainsi de deux théâtres, de logiciels de pointe, de plusieurs salles de musique… 

À quoi il faut ajouter les opportunités professionnelles qu'offre l'école. Kat Zawadzki se rappelle ainsi de ce jeune homme embauché «​​​​​​​ ​​​​​​​dès sa sortie d'école », après avoir été « ​​​​​sélectionné plusieurs fois aux Bafta du meilleur jeu vidéo ». Tandis que Sapphire se souvient avec joie d'avoir été lauréate d'un concours d'écriture de scénario extérieur à l'école.

L'inclusion comme valeur cardinale 

La BRIT School a surtout pour particularité d'être inclusive en toute chose. «​​​​​​​ ​​​​​​​Ici, ils prennent vraiment en compte notre bien-être, sourit Sapphire. L'administration discute régulièrement avec nous pour savoir si on se sent bien, si telle ou telle organisation nous convient. » Kat Zawadzki renchérit : «​​​​​​​ La gentillesse et l'inclusivité font partie des valeurs de notre école. » 

Cette bonne volonté se voit surtout en acte : «​​​​​​​ N'importe quel élève peut postuler ici, indépendamment de ses résultats scolaires, martèle le principal Stuart Worden. Nous n'avons d'ailleurs même pas le droit de regarder leur dossier académique. » Avec toutefois une nuance : l'immense majorité des élèves vient de Londres et de sa région, l'école ayant un quota de 10% d'étudiants seulement recrutés ailleurs au Royaume-Uni.

C'est aussi pour des raisons d'ouverture que l'école est publique et gratuite, malgré les ressources impressionnantes dont dispose l'école. Le coût de la scolarité est donc pris en charge à 80 % par l'État, les 20 % restants étant financés par ceux que le directeur appelle des «​​​​​​​ ​​​​​​​amis » : des organisations de l'industrie musicale ou des marques mécènes. «​​​​​​​ Personne ne paie pour étudier ici, pointe Stuart Worden. Cela signifie que n'importe qui peut devenir acteur, réalisateur, peintre ou danseur. Et cela, c'est quelque chose de très puissant. »

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