Afrique économie - À Madagascar, l’érosion menace les terres agricoles de l’Itasy [1/2]

Afrique économie - À Madagascar, l’érosion menace les terres agricoles de l’Itasy [1/2]

À Madagascar, l’érosion menace les terres agricoles et les revenus des paysans. Dans la région de l’Itasy, les pluies plus intenses accélèrent la dégradation des sols et l’ensablement des rizières. Agriculteurs et ONG tentent de restaurer ces terres et de préserver les activités qui en dépendent.

Aux portes d’Antananarivo, les champs de l’Itasy aménagés à flanc de colline sont de plus en plus exposés à des pluies intenses. Sur des terrains fragilisés par certaines pratiques agricoles, l’eau dévale les pentes et emporte progressivement la couche arable du sol. « Quand il n’y a plus cette partie arable, les 20 premiers centimètres du sol, toute la fertilité part avec ça. En dessous, on a un socle très dur, la texture ne permet plus d’avoir de bonnes productions », explique Ramarofidy Andriamirajo, coordinateur national de l’ONG Agrisud.

L’érosion provoque également l’ensablement des rizières et des zones fertiles situées en contrebas des versants. À Madagascar, les immenses ravines creusées dans les sols sont appelées « lavaka ». Elles sont devenues l’un des signes les plus visibles de la dégradation des terres.

Pour les agriculteurs, les conséquences sont directes. Hanitriniaina Fanomezantsoa a vu une grande partie de ses parcelles recouverte de sable. « Les trois quarts de mes terrains ont été envahis par le sable. Pendant cinq ans, je n’ai eu aucune récolte d’haricots, de pommes de terre et de riz. Certains habitants ont même déménagé à cause de ce problème, d’autres cherchent des sources de revenus complémentaires pour compenser le manque à gagner », raconte-t-il.

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Planter pour retenir les sols

Pour lutter contre le phénomène, 26 pépinières ont été installées dans la région dans le cadre du programme « Agriter ». Elles produisent notamment des acacias, des pins et du café robusta. « On cultive des plants d’acacias, de pinus et de café robusta. Ces espèces ont été sélectionnées pour leur capacité à freiner l’érosion du sol », explique Julienne Ramirantsoa, responsable de l’une de ces pépinières.

Les jeunes arbres sont ensuite plantés sur les terrains les plus dégradés. Plus de 1,5 million d’arbres ont ainsi été mis en terre dans la région. L’ONG Agrisud aménage également des courbes de niveau le long des versants afin de ralentir l’écoulement de l’eau. « Sur les lignes de courbes de niveau, on installe des plantes stabilisatrices du sol type vétiver, des ananas, des defrosia, des citronnelles… Et entre les lignes des courbes de niveau, c’est là que les producteurs vont installer les cultures vivrières », détaille Ramarofidy Andriamirajo.

À terme, ces aménagements doivent permettre de transformer progressivement les pentes en terrasses agricoles et de favoriser l’infiltration de l’eau dans les sols.

Un enjeu qui dépasse l’agriculture

La protection des bassins versants concerne bien plus que les seules parcelles agricoles. Dans l’Itasy, le lac du même nom est lui aussi menacé par l’ensablement.

Selon Agrisud, sans intervention, le lac pourrait être fortement affecté par le phénomène dans les prochaines décennies. Or il constitue une ressource importante pour l’économie locale : il attire des visiteurs venus notamment de la capitale et fait vivre pêcheurs et artisans.

Préserver les sols agricoles revient donc aussi à protéger l’ensemble de l’activité économique qui dépend de cet environnement.

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