À Molenbeek, les syndicats réclament des garanties sur l'emploi : "Nous voulons être rassurés"

À Molenbeek, les syndicats réclament des garanties sur l'emploi : "Nous voulons être rassurés"

Une quarantaine de personnes ont répondu mercredi fin d'après-midi à l'appel des syndicats au conseil communal de Molenbeek-Saint-Jean pour dénoncer l'austérité et réclamer des garanties sur l'emploi. Yves Lodonou, permanent de la CGSP, a de nouveau interpellé les élus sur l'avenir du personnel et le financement de la commune.

"Nous voulons être rassurés qu'il n'y aura plus de licenciements en plus des 40 déjà entérinés", a-t-il déclaré. Selon lui, le pouvoir politique assure qu'aucune nouvelle menace ne pèse sur l'emploi. Les syndicats demandent néanmoins des garanties après les suppressions de postes annoncées en juin à la commune et au CPAS.

La CGSP réclame également un financement pérenne de Molenbeek. Yves Lodonou a demandé des explications sur les déficits, évoquant 11 millions d'euros en 2024 et 11,6 millions en 2025. Il a aussi dénoncé les conséquences de la limitation dans le temps des allocations de chômage sur les finances locales.

Le permanent syndical accuse Belfius de faire pression sur la commune pour obtenir de nouveaux licenciements en contrepartie de moyens financiers. Il a appelé à redéfinir les conditions des négociations bancaires, rappelant que les banques ont été secourues en 2008. Selon lui, la Banque centrale européenne doit jouer un rôle dans le financement des communes.

La CSC, venue soutenir le mouvement lancé par la CGSP, réclame également l'accès à l'ensemble des documents financiers "dans leur intégralité", afin de pouvoir formuler des propositions constructives.

"Ce que vous demandez est particulièrement légitime", a répondu la bourgmestre Catherine Moureaux (PS). "On cherche toutes les solutions pour maintenir nos missions et pour maintenir nos agents", a-t-elle assuré. Selon elle, les évolutions au niveau global vont affecter toutes les communes bruxelloises, particulièrement celles du "croissant pauvre".

Le président du CPAS, Ahmed El Khannouss (MaMa), a également été interrogé sur l'avenir des emplois. Après sa présentation du compte déficitaire du CPAS, une conseillère communale lui a de nouveau posé la question d'éventuels licenciements.

"Il n'y aura pas de nouveaux licenciements, en tout cas pas pour l'instant. Et nous nous battrons pour qu'il en reste ainsi", a assuré M. El Khannouss. Il a tenu à rester prudent, rappelant la position régulièrement défendue par la commune, qui se dit victime des reports de charges des niveaux fédéral et régional.

Cette mobilisation fait suite à une action organisée vendredi devant le siège de Belfius à Bruxelles. La CGSP y a dénoncé les pressions qu'elle attribue à la banque dans l'élaboration du budget molenbeekois. Les syndicats, qui interviennent à chaque conseil communal ces derniers mois, poursuivent leurs demandes de garanties sur l'emploi et de solutions durables pour les finances locales.