À peine sa tour retrouvée, l’église du Muy à son tour restaurée : environ 1 million d’euros déboursé par la Ville
Les habitants ne se souvenaient presque plus que le clocher de leur église sonnait tous les jours, à midi, la douce mélodie de Notre-Dame de Lourdes. Cela faisait plusieurs années que l’horloge ne fonctionnait pas et le clocher restait muet.
Depuis l’année dernière, même sa tour était enveloppée telle une œuvre de Christo, pour des travaux. Mais depuis le mois de juin elle a commencé à se dévoiler et la revoilà, début juillet, débarrassée de ses échafaudages !
Rénovée de l’extérieur tout comme de l’intérieur, les travaux structurels de sécurisation ont duré six mois et ont coûté 400.000 euros à la commune du Muy. « Il y avait les quatre pans à resserrer, l’étanchéité de la base à assurer, l’escalier à changer, mais aussi remettre en place et fixer les pierres anciennes de la façade », explique le chef des services techniques Gregory Jacquel. Maintenant qu’il a retrouvé son allure d’autrefois, le clocher va pouvoir bientôt sonner à nouveau les heures.
Ce chantier fini, reste quand même un autre, beaucoup plus important : la restauration de l’église Saint-Joseph. La commune prévoit le début des travaux en janvier 2027, pour un coût estimé à 1 million d’euros. Cet élan a déjà été soutenu pour 200.000 euros par des dons de particuliers. La Fondation du patrimoine continue à faire appel à la générosité de chacun.
Une dizaine de corps de métier seront engagés pour mettre en état les diverses parties de l’édifice via des opérations menées sur l’étanchéité, la peinture, les vitraux, l’électricité, l’éclairage, la sonorisation, entre autres. Le but est avant tout la mise en valeur de l’aspect authentique de l’édifice en préservant sa vocation religieuse.
L’appel d’offres sera bientôt lancé et les détails des futurs travaux vont être établis en concertation avec la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) ainsi qu’avec l’architecte du patrimoine responsable du projet.
Des détails restent à définir
Les préparatifs sont déjà en cours. À la suite des dernières rénovations datant des années 1960, l’église avait été entièrement peinte en blanc. Il était ainsi nécessaire d’examiner toutes les couches.
Des sondages ont été effectués par la même équipe qui avait récemment mené la restauration de la Chapelle de l’Immaculée Conception, dans le centre-ville. Trois couches avaient été découvertes, datant du XVIe, du XVIIIe et du XIXe siècle. Il avait été décidé que cette dernière couche devait être mise en valeur. « Il est important d’essayer de préserver au maximum et remettre aux futures générations le patrimoine existant, », explique l’architecte du patrimoine Milena Annaloro.
A. B.
Des « fenêtres archéologiques » vont être ouvertes dans l’église par découpage pour apercevoir les autres couches de peinture. Par exemple, d’autres fresques ont été découvertes, des restes des litres funéraires honorant des défunts importants à l’époque.
D’autres détails restent à vérifier et prendre en compte pour décider quant à la façon de procéder à la restauration : si la voûte sera restaurée en couleur crème ou en bleu clair, avec des étoiles en feuilles de cuivre dorés ; comment étaient les lustres de l’époque et les vitrages manquants…
Un appel avait déjà été lancé aux habitants pour contribuer avec d’anciennes photos de baptêmes, messes et autres événements. Un travail de recherche et de réflexion est en cours.
Une des rares églises fortifiées
Le permis a été déposé et la décision est attendue d’ici 5 mois. Entre-temps, les Muyois attendent avec impatience d’entendre en premier lieu et pour la première fois depuis longtemps, le tintement des cloches de la tour.
L’église Saint-Joseph, datant du milieu du XVIe siècle, inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, a la particularité d’être une des rares églises fortifiées. Elle comportait au départ une vocation défensive, étant construite sur les remparts du village, expliquant ainsi son orientation nord-sud car elle s’appuie sur un mur fortifié existant. Le clocher a été construit sur le portal du mur d’enceinte et à sa base se trouvait une porte fortifiée.
Depuis son existence, l’édifice a subi de nombreuses transformations et réparations. La tour de l’horloge a même dû être soulevée à plusieurs reprises à la suite de différentes détériorations ! Aujourd’hui elle est coiffée de son campanile en fer forgé très ouvragé et abrite sept cloches.