À Quaregnon, les anciens voisins ne se supportent plus : "À chaque fois qu'il me croise, il sort un couteau"

À Quaregnon, les anciens voisins ne se supportent plus : "À chaque fois qu'il me croise, il sort un couteau"

Entre Roger et René (prénoms d'emprunt), les relations de voisinage ont depuis longtemps viré au cauchemar. Les deux hommes vivent dans le même quartier de Quaregnon et leur inimitié a déjà conduit l'un d'eux devant la justice.

Le 23 novembre 2023, René avait été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour des coups portés à Roger le 17 juillet de la même année. Selon Me De Springer, l'avocate de Roger, son client avait alors été littéralement passé à tabac.

Deux ans plus tard, les deux hommes se retrouvent à nouveau devant la justice. Mais cette fois, c'est Roger qui est poursuivi pour coups et port d'arme, à la suite d'une scène survenue le 25 octobre 2025 à Quaregnon.

Quatre jours après les faits, René s'est présenté au commissariat pour dénoncer son ancien voisin. Il affirme avoir été frappé avec un bâton et avoir vu ses lunettes détruites.

Une version que Roger conteste catégoriquement. "J'ai pris un bâton sur un chantier pour me défendre. Il tenait son couteau en main et s'approchait de moi", explique-t-il.

Deux versions contradictoires

Deux récits qui ne pourraient être plus éloignés. Le ministère public accorde toutefois davantage de crédit à celui de René. Un élément a notamment retenu l'attention du parquet : lorsqu'il s'est présenté à la police, le plaignant avait le bras plâtré.

Le parquet réclame dès lors un an de prison, tout en ne s'opposant pas à un éventuel sursis probatoire. Les faits sont désormais susceptibles d'être sanctionnés par des peines de niveau 2 pour les coups et de niveau 3 pour le port d'arme en vertu du nouveau Code pénal. Mais l'ancien Code pénal, plus favorable, reste applicable aux faits concernés.

Pour la défense, Me De Springer invite le tribunal à replacer cette nouvelle altercation dans son contexte.

"Mon client n'a jamais reçu un centime de son agresseur. Il n'a pas déposé plainte car il estime que la situation n'a pas changé. Ils habitent dans le même quartier et mon client reçoit régulièrement des insultes, des menaces avec une arme exhibée. Ce jour-là, il est allé lui demander d'arrêter et l'autre a sorti un couteau", plaide l'avocate.

Pas de batte de base-ball

Elle conteste également la crédibilité accordée au récit du plaignant. "En 2023, le plaignant avait déjà menti dans ses déclarations et ses explications avaient été remises en cause. Il prétend que mon client lui a donné un coup de batte dans le pied. Or, il n'a aucune lésion aux pieds."

Autre argument avancé par la défense : aucune batte de base-ball n'a été retrouvée lors de la perquisition menée au domicile de Roger.

Pour Me De Springer, son client n'a donc fait que se défendre face à un homme qu'il décrit comme agressif. Elle sollicite l'acquittement au bénéfice de la légitime défense.

Le tribunal correctionnel rendra son jugement en octobre.