Des scientifiques tchèques mettent au point des essaims de microrobots capables d'éliminer jusqu'à 94 % des microplastiques présents dans l'eau et 81 % dans le sol
Des scientifiques tchèques mettent au point des essaims de microrobots capables d'éliminer jusqu'à 94 % des microplastiques présents dans l'eau et 81 % dans le sol
Publié le 27/09/26 à 08h07
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Une équipe de l'Université technique d'Ostrava a mis au point des microrobots sans moteur ni batterie, mis en mouvement par un champ magnétique extérieur, qui capturent les microplastiques dans l'eau comme dans la terre. En une heure, ils ont retiré 94 % du polystyrène d'un échantillon d'eau. Les essais n'ont pour l'instant eu lieu qu'en éprouvette, et le nickel qu'ils embarquent pose un problème.
© Shutterstock / MargJohnsonVA - Des scientifiques tchèques mettent au point des essaims de microrobots capables d'éliminer jusqu'à 94 % des microplastiques présents dans l'eau et 81 % dans le sol
Filtrer de l'eau, on sait faire : on la pousse à travers une membrane et ce qui est trop gros reste coincé. Une poignée de terre, c'est une autre affaire. Les fragments de plastique se glissent entre les grains minéraux et la matière organique, s'y accrochent et n'en repartent pas. Aucun filtre ne va les chercher là. D'où l'idée de chimistes tchèques : au lieu de faire passer le milieu dans un dispositif, envoyer le dispositif dans le milieu.
Des robots sans moteur, guidés par un aimant
Ces microrobots n'ont rien de mécanique. Ce sont des grains de MXène, un matériau feuilleté dont les lamelles ultrafines s'empilent comme les pages d'un livre entrouvert, sur lesquels les chercheurs ont fixé des nanoparticules de nickel de 500 nanomètres. Ni moteur, ni batterie, ni électronique : un champ magnétique tournant, appliqué depuis l'extérieur, fait pivoter le nickel et entraîne chaque robot dans un mouvement de culbute, à 22 micromètres par seconde au maximum.
L'intérêt du MXène est dans sa surface. Ses feuillets portent des groupements chimiques qui retiennent le plastique par attraction électrostatique et liaisons de faible énergie : quand un robot heurte une particule, celle-ci se colle. Un aimant approché en fin de course rapatrie d'un seul geste la flottille et sa cargaison. Les travaux, signés Jeonghyo Kim, Apabrita Mallick, Su-Jin Song et Martin Pumera, ont été publiés le 1er août 2026 dans NPG Asia Materials, une revue du groupe Nature.
Un essaim qui remue l'eau et la terre
Le nombre change tout. Lâchés par milliers, les engins tournent de concert et engendrent de minuscules tourbillons qui rabattent vers l'essaim les particules dispersées. Devant un fragment trop volumineux pour l'un d'eux, plusieurs s'attellent à l'encercler puis à le convoyer. Dans le sol, leur rotation collective produit des forces de cisaillement qui décollent les plastiques coincés entre les agrégats, ce qu'un matériau immobile ne fait pas.
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Les chiffres, obtenus en une heure d'expérience, sont nets. Dans l'eau, les robots retirent 94 % du polystyrène et 89,2 % du PET, le plastique des bouteilles. Dans un sol modèle imbibé d'eau, 80,6 % et 72,2 %. La comparaison la plus parlante est celle avec le même MXène laissé immobile, qui capte passivement ce qui passe à sa portée : 81,1 % et 74,4 % dans l'eau, soit treize points de moins sur le polystyrène.
Le problème du nickel
Deux plastiques modèles, en éprouvette, pendant une heure. La nature, elle, mélange polyéthylène, fibres textiles, poussières de pneus et résidus de peinture, le plus souvent recouverts de biofilm. Les auteurs le disent : leur travail n'a pas été testé en conditions réelles, ni sur des cycles d'utilisation répétés.
© Shutterstock / Georgy Shafeev
Le nickel est l'autre réserve, et elle est sérieuse. En se corrodant, il relâche des ions toxiques pour les micro-organismes du sol et pour les plantes, et la récupération magnétique n'est jamais garantie à 100 %. Un robot perdu, c'est une pollution métallique substituée à une pollution plastique. Les chercheurs appellent donc à mesurer ces fuites et à chercher des matériaux magnétiques moins agressifs pour l'environnement avant tout déploiement.
Autant dire que ces essaims n'iront pas dans les rivières. Leur terrain, c'est l'enceinte fermée : sortie de station d'épuration, effluents industriels, terres excavées traitées en cuve. La demande, elle, devrait venir : l'Union européenne visait déjà une réduction de 30 % des rejets de microplastiques dans l'environnement d'ici 2030, et le règlement 2025/2365 du 12 novembre 2025 impose aux industriels de prévenir les pertes de granulés plastiques.
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