“La première fois qu'on restaure la lecture chez des patients aveugles” : l'implant rétinien PRIMA arrive en Europe
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Une puce de 2 mm sous la rétine pour relire le monde
Publié le 23/07/26 à 18h30
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Relire un livre, déchiffrer un panneau routier, reconnaître un visage : des gestes banals devenus impossibles pour les cinq millions de personnes frappées par l'atrophie géographique liée à la DMLA. L'implant rétinien PRIMA, une micropuce photovoltaïque de 2 mm glissée sous la rétine, vient d'obtenir son marquage CE en Europe. Dans l'essai clinique publié par le New England Journal of Medicine, 84 % des patients ont retrouvé une vision centrale fonctionnelle.
© Science Corporation - L'implant rétinien PRIMA, qui mesure 2 × 2 mm, tenu entre des pinces chirurgicales, aux côtés des lunettes équipées d'une caméra et d'un projecteur infrarouge.
L'atrophie géographique liée à la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) touche plus de cinq millions de personnes dans le monde. Elle détruit les photorécepteurs au centre de la rétine, privant progressivement les patients de la capacité de lire, de reconnaître un visage ou de déchiffrer un panneau routier.
Jusqu'ici, aucun traitement ne permettait d'inverser cette perte. C'est précisément ce que promet PRIMA, le dispositif développé par la startup californienne Science Corporation, cofondée par Max Hodak, ancien cofondateur de Neuralink.
Un implant photovoltaïque couplé à des lunettes intelligentes
Le système repose sur une puce photovoltaïque ultra-fine de 2 mm, implantée chirurgicalement sous la rétine. Des lunettes dotées d'une caméra et d'un projecteur infrarouge captent la scène visuelle et la transmettent à l'implant via une lumière proche infrarouge. La micropuce convertit ces signaux lumineux en impulsions électriques qui stimulent les neurones rétiniens encore fonctionnels. Un mode zoom permet de grossir les caractères pour faciliter la lecture.
La micropuce photovoltaïque PRIMA et ses 378 électrodes hexagonales, tenue entre des pinces chirurgicales, et les lunettes équipées d'une caméra et d'un projecteur infrarouge qui alimentent l'implant sans fil.
© Science Corporation
Les résultats de l'essai clinique de phase II, publiés dans le New England Journal of Medicine en octobre 2025 et menés sur 38 patients dans 17 centres répartis dans cinq pays, sont encourageants : un gain moyen de 25,5 lettres sur l'échelle ETDRS, et 84 % des participants ont retrouvé la capacité de lire lettres, chiffres et mots. L'acuité prothétique moyenne atteint toutefois 20/400, loin d'une vision restaurée au sens courant du terme.
Un profil de sécurité à surveiller de près
La prudence reste de mise. Des complications chirurgicales ont été relevées chez 19 des 38 participants, avec 26 événements indésirables graves, dont des décollements de rétine et des hémorragies du vitré. La plupart se sont résorbés sous deux mois. Le comité de surveillance (DSMB) a estimé que le rapport bénéfice-risque justifiait une mise sur le marché européenne.
Pendant des décennies, perdre sa vision centrale signifiait perdre la capacité de lire, de reconnaître des visages, et finalement perdre son indépendance. Il n'existait aucun traitement viable. Désormais, il y en a un.
La première implantation commerciale est attendue en Allemagne dès septembre 2026. Aux États-Unis, PRIMA bénéficie des désignations FDA Breakthrough Device et Humanitarian Use Device ; Science Corporation vise une commercialisation outre-Atlantique en 2027. La société a levé environ 490 millions de dollars à ce jour, dont 230 millions lors d'un tour de série C en mars dernier.
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