Affaire Jubillar : le mystère de cette manipulation "obligatoirement humaine" que la reconstitution du 2 octobre à à Cagnac-les-Mines pourrait enfin éclaircir
Le 2 octobre prochain, Cédric Jubillar devra revenir sur les lieux où, selon ses
nouveaux aveux, il a tué son épouse Delphine. Une reconstitution judiciaire est prévue à partir de 9h30 à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, avant un second déplacement à Mailhoc, où les restes de la mère de famille ont été retrouvés. Cette nouvelle étape intervient après le changement de version de l’ancien peintre-plaquiste, qui reconnaît désormais avoir “serré” le cou de son épouse dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.
L'enjeu sera de confronter ce récit aux contraintes matérielles du dossier. Cédric Jubillar affirme s'être réveillé vers 1h30, alors que Delphine se trouvait sur le canapé du salon. Le couple était alors en instance de divorce. Delphine, âgée de 33 ans, aurait par ailleurs envisagé de refaire sa vie avec un autre homme. Selon la nouvelle version de Cédric Jubillar, une dispute aurait éclaté cette nuit-là. Elle aurait débuté après une remarque de Delphine. Celle-ci aurait concerné une photo présente sur son téléphone.
Une version qui soulève encore plusieurs incohérences
La reconstitution ne servira toutefois pas uniquement à faire rejouer les gestes décrits par Cédric Jubillar. Elle devra surtout permettre de vérifier si son scénario peut correspondre aux éléments déjà établis dans l'enquête. Une question se pose notamment sur la durée du geste décrit par l'accusé. D'autres éléments viennent également compliquer son récit. Cédric Jubillar affirme avoir placé le corps de Delphine dans la voiture du couple, garée devant leur domicile. Il aurait ensuite pris la direction d'un champ situé à une quinzaine de kilomètres. Il dit avoir creusé à mains nues une cavité afin de dissimuler le corps sous un monticule de terreau.
Or, les enquêteurs devront notamment chercher à comprendre pourquoi aucune trace de terreau n'a été retrouvée sur les vêtements de Delphine ou dans la Peugeot 207. Son récit devra aussi être confronté à un autre élément troublant : deux voisines, installées à environ une centaine de mètres du domicile, avaient rapporté avoir entendu "des cris d’effroi et de peur" vers 23 heures, en provenance de la direction de la maison des Jubillar. Si Cédric situe désormais la mort de son épouse entre 1h30 et 2 heures du matin, cette différence horaire reste donc une question importante pour l'accusation comme pour la défense.
Affaire Jubillar : le téléphone de Delphine, un mystère qui pourrait prendre une nouvelle dimension
Mais c'est peut-être autour du téléphone de Delphine que la reconstitution pourrait permettre d'examiner l'une des énigmes les plus persistantes du dossier. Selon les aveux de Cédric Jubillar, il se serait débarrassé du portable de son épouse, de ses bottines et d'un blouson dans une poubelle située à environ 50 mètres du domicile. Pourtant, le parcours et l'activation du téléphone ont suscité de nombreuses interrogations au cours de l'enquête.
Les experts ont conclu à une manipulation "obligatoirement humaine" pour expliquer son activation. Cette formulation implique l'intervention d'une personne. Elle pourrait donc être confrontée aux nouvelles déclarations de Cédric Jubillar. Celui-ci affirme désormais avoir tué Delphine. Il dit aussi avoir transporté son corps et jeté plusieurs de ses effets personnels. La justice doit maintenant déterminer si son récit permet d'expliquer ce qui s'est passé avec le téléphone de son épouse.
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