Agriculture. Les éleveurs de poulets comptent sur la loi d’urgence agricole pour prendre leur envol
Face à une consommation de poulets toujours plus forte, les producteurs français se réjouissent de la mise en place de la loi d’urgence agricole, qui compte faciliter l’implantation et l’extension de poulaillers. Ce nouveau cadre législatif pourrait permettre à la filière d’être moins dépendante des importations.
Octave Odola -
Aujourd’hui à 08:00
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Le poulet est plébiscité par les Français, et la tendance ne fait que se renforcer. En 2025, la consommation moyenne par habitant s’est élevée à 25,6 kg par habitant, selon l’institut Itavi. Un chiffre en hausse de 5,6 % par rapport à l’année précédente, comme le relève Agreste, le service statistique du ministère de l’agriculture. Les éleveurs français produisent davantage (l’abattage de poulets est en hausse de près de 3 %) mais peinent à suivre la cadence, si bien que plus d’un poulet sur deux consommés dans l’Hexagone est issu de l’importation (52,2 %).
Plus d’un poulet sur deux consommés en France est issu de l’importation. Les éleveurs français veulent augmenter leur production d’ici à 2035 pour rassasier une forte demande. Photo EBRA /Sipa
La promulgation de la loi d’urgence agricole en juillet dernier pourrait faire bouger les lignes. « L’article 17 de la loi va favoriser la création et l’extension des exploitations », se réjouit Yann Nédélec, directeur d’Anvol, l’interprofession française de la volaille de chair. Désormais, les éleveurs pourront construire des poulaillers abritant jusqu’à 85 000 volailles sans être soumis à un régime d’autorisation. La jauge était auparavant fixée à 40 000 volailles.
Des installations et extensions facilitées
« En fonction de la taille du projet, les formalités liées au régime d’autorisation (enquête publique, évaluation environnementale…) pouvaient coûter de 15 000 à 40 000 euros aux éleveurs, et ça facilitait également les recours juridiques contre eux. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a plus aucune règle, mais les producteurs ne seront plus soumis à la même pression administrative », précise Yann Nédélec. Une position qui ne fait pas l’unanimité chez les agriculteurs, la Confédération paysanne craignant notamment, avec la nouvelle loi, l’industrialisation accrue des élevages.
Entre 2000 et 2025, la part du poulet dans la consommation de viande des Français est passée de 13 % à 30 %. Une hausse de la consommation a notamment été observée sur « le poulet d’entrée de gamme ». « Il faut qu’on se développe, sinon l’importation prend la place », constate le directeur d’Anvol. Sur la restauration hors domicile, la part de poulet importé flirte avec les 80 %.
Réduire la part de poulets importés d’ici à 2035
« D’ici à 2035, l’objectif c’est la construction de 2 000 poulaillers standards et 600 poulaillers Label Rouge. On veut passer d’un poulet importé sur 2, à un poulet importé sur 3 », poursuit Yann Nédélec. L’exécutif dispose de six mois pour mettre en place la loi d’urgence. Les premiers effets sur la production de poulets pourraient se faire sentir dès « le début du deuxième semestre 2027. »