Alès, vidéo, nouvelles menaces… On vous résume les derniers jours de la DZ Mafia
Vidéo diffusée le mercredi 22 juillet, dans laquelle des membres qui se revendiquent comme appartenant à la DZ Mafia nient toute implication dans les menaces visant le maire d’Alès Christophe Rivenq. CAPTURE D’ÉCRAN BFMTV
Un « acte qui nuit énormément à nos affaires ». Dans une vidéo diffusée ce mercredi 22 juillet, des membres présumés de l’organisation criminelle marseillaise DZ Mafia ont nié toute responsabilité dans les menaces proférées à l’encontre du maire LR d’Alès, Christophe Rivenq.
Cette vidéo, que le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) – chargé d’enquêter sur les menaces reçues par le maire d’Alès – n’a pour l’heure pas authentifiée, semble néanmoins « crédible », selon une source proche du dossier interrogé par BFMTV. Le mode opératoire rappelle celui d’une première séquence diffusée en octobre 2024 par les chefs historiques de la DZ Mafia. L’organisation réfutait alors son implication dans les narchomicides d’un adolescent et d’un chauffeur de VTC à Marseille.
Au lendemain de cette publication, une nouvelle affaire est venue s’ajouter à l’épais dossier de la DZ Mafia. Ce jeudi 23 juillet, le véhicule de l’influenceuse et star de la télé-réalité Carla Moreau a été incendié devant son domicile marseillais, révèle « le Parisien ». Une lettre de menace signée du groupe criminel a également été retrouvée sur place, sans que l’implication de celui-ci n’ait pour autant été établie à ce stade. Au moment des faits, l’influenceuse de 29 ans se trouvait à Monaco. « Le Nouvel Obs » revient sur cette semaine.
• « Un acte lâche et odieux » pour la supposée DZ Mafia
Dans le court clip vidéo d’environ deux minutes diffusé ce mercredi, six personnes cagoulées, gantées et entièrement vêtues de noir, dénoncent « un acte lâche et odieux, fait par des personnes voulant nuire à la société, rabaissant la moralité française mais surtout visant le groupe de la DZ ». Pas question d’être pointé du doigt pour les menaces visant Christophe Rivenq.
Devant elles, un drap recouvert de l’inscription DZ pour le nom du groupe, abréviation de Al-Djazaïr, le nom de l’Algérie en arabe algérien et indicatif internet du pays. Plusieurs leaders présumés de l’organisation marseillaise seraient d’origine algérienne. Un drapeau, qui n’est pas visible dans son intégralité mais s’apparente à celui de l’Algérie, est également présent, autre signature de la DZ Mafia.
« Nous condamnons fermement cet acte et nous ne sommes en aucun cas responsables », affirme la personne au centre du groupe, ajoutant que ces menaces doivent « être condamnées de la plus cruelle et stricte manière ».
« Nous acceptons d’être traités de trafiquants, ne nions pas les faits de trafic et de l’impact que cela a eu », poursuit-elle, avant de nier cependant un « acte qui nuit énormément [aux] affaires » de la DZ Mafia. « Nous nous efforçons de savoir qui est derrière tout cela », conclut le porte-parole.
• Le maire de la ville exfiltré
La vidéo fait suite à l’exfiltration du maire d’Alès de son domicile, victime d’intimidations imputées au groupe criminel marseillais baignant dans le narcotrafic. Le 16 juillet, Christophe Rivenq a reçu une enveloppe contenant deux balles de calibre 9 millimètres. Des menaces doublées par des tags sur son domicile, signées « CVN pour Cévennes » et « DZ NG », d’après le procureur d’Alès. Ce qui semble correspondre à la signature de DZ Mafia Nouvelle Génération, un groupe parallèle à l’organisation criminelle apparu en début d’année après une guerre fratricide entre ses membres.
Des intimidations qui ont contraint l’édile à être placé sous protection policière et exfiltré de son domicile par le Raid lundi soir. Une nouvelle menace faisait état de la potentielle présence d’une voiture piégée, mais l’information n’a pour l’heure pas pu être confirmée.
Un « acte d’intimidation » qu’a condamné le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, affirmant que le maire faisait désormais l’objet d’une « protection à très haut niveau ».
• « Je ne me laisserai pas intimider » assure le maire
Alès est devenu « un territoire très convoité » par la DZ Mafia, a estimé cette semaine Laurent Nuñez. L’organisation lorgne en effet depuis l’été dernier sur la sous-préfecture du Gard où elle tente, comme ailleurs, d’implanter son réseau.
Un terrain de choix pour le groupe, où des alliances locales avec des narcotrafiquants se seraient déjà organisées, selon France info. Des réseaux contre lesquels Christophe Rivenq entend lutter, déterminé à mener « une véritable guerre » sans relâche auprès du narcotrafic.
Auprès de l’AFP, Christophe Rivenq confie n’avoir jusque-là « jamais reçu des menaces de ce niveau ». « Je ne me laisserai pas intimider », a-t-il toutefois affirmé, poursuivant ses activités d’élus.
• Carcassonne également prise pour cible
Alès n’est pas la seule ville à intéresser le narcotrafic. A deux heures et demi de là, cette fois-ci à Carcassonne (Aude), une fusillade a eu lieu mercredi en fin d’après-midi dans le quartier La Conte. Les enquêteurs ont découvert une vingtaine de douilles de gros calibre au sol, sans que les tirs ne fassent de blessés, selon des informations de France 3 Occitanie.
Un mode opératoire ressemblant en tous points à la fusillade survenue la semaine précédente, cette fois-ci dans la cité Fleming, toujours dans la préfecture de l’Aude, dans la nuit du 16 au 17 juillet. Mais où, contrairement à celle de mercredi, une personne est décédée et quatre autres ont été blessées par balles.
Des images de la fusillade ont été diffusées sur les réseaux sociaux, montrant des personnes à bord d’un véhicule avant que l’une d’entre elles ne sorte de la voiture et tire avec une arme. Des images siglées « DZNG » et « CMNG » pour Cartel marocain Nouvelle Génération, sans pour autant qu’elles n’aient été authentifiées.
Dans chacune de ces deux fusillades survenues à une semaine d’écart, une voiture volée aurait permis aux auteurs de se rendre sur place avant d’être incendiée. L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Perpignan et doit déterminer les circonstances des tirs, ainsi que d’établir un lien ou non avec la fusillade de Fleming. Dans les deux affaires, la piste d’un règlement de comptes sur fond de trafic de stupéfiant est privilégiée.
Par Jade Santerre