Alpes-Maritimes. « Qu'est-ce qui est arrivé à ma fille ? » : l'histoire tragique de Larissa, retrouvée morte sur l'A8

Alpes-Maritimes. « Qu'est-ce qui est arrivé à ma fille ? » : l'histoire tragique de Larissa, retrouvée morte sur l'A8

Lundi dernier, des douaniers contrôlent une voiture au niveau de Brignoles (Var), dans le sens Nice-Aix-en-Provence. À l'arrière, sous des vêtements et des sacs plastique, ils découvrent le corps d'une femme. Le conducteur, âgé de 29 ans, est aussitôt interpellé. D'après ICI Provence, il n'aurait donné aucune explication aux agents.

La victime s'appelait Larissa Brito dos Santos. Originaire de São Paulo, cette Brésilienne de 25 ans avait quitté son pays il y a trois ans après une proposition de travail et décroché des contrats de mannequin en France, selon la presse brésilienne. Elle habitait depuis quelques mois à Nice (Alpes-Maritimes), près de la promenade des Anglais. Son corps était gravement mutilé et son visage à peine reconnaissable, rapporte Nice-Matin. Selon le parquet de Nice, la jeune femme a succombé à « plusieurs lésions traumatiques et des plaies par arme blanche ». Une autopsie, prévue lundi prochain d'après l'ambassade du Brésil en France, doit en préciser les causes exactes. Le suspect, « déjà condamné pour de nombreux délits routiers et des infractions à la législation sur les stupéfiants », nie les faits. Il a été mis en examen pour meurtre par ex-conjoint et placé en détention provisoire mercredi, indique Nice-Matin.

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« Pourquoi elle n'ouvre pas la porte ? »

Le récit de sa mère, Liliane Brito Nogueira, livré à Nice-Matin et à la presse brésilienne, permet de retracer ses dernières heures. Dimanche 20 septembre, Larissa lui écrit que son ancien compagnon se trouve chez elle. Lundi matin, sans nouvelles, la mère contacte directement le suspect : « Qu'est-ce qui est arrivé à ma fille ? », puis « Pourquoi elle n'ouvre pas la porte ? » Il lui assure que Larissa dort, avant de bloquer son numéro quand elle annonce vouloir prévenir les autorités. Elle signale finalement la disparition à la police de São Paulo.

À Nice, le même jour, un homme se présente au commissariat pour la même raison. Il se dit ami de la jeune femme, selon le parquet, mais serait son compagnon actuel, d'après ses proches. Il affirme être passé chez elle en début d'après-midi, avoir vu un homme en sortir avec des affaires et trouvé un appartement qui semblait avoir été nettoyé récemment, a détaillé le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, à Actu Nice. Pour les enquêteurs, Larissa Brito a pu être tuée chez elle. Une étiquette de la police nationale, frappée de la mention « Meurtre », a depuis été apposée sur la porte de son appartement.

Il n'acceptait pas la séparation

D'après sa mère, Larissa avait fréquenté le suspect pendant environ cinq mois. « Il était violent avec elle et elle n'a plus voulu continuer. Mais lui n'acceptait pas la fin de leur relation », a-t-elle confié à Nice-Matin. Auprès de FBTV News, un média consacré à la diaspora brésilienne en Europe, elle ajoute : « Il disait que si elle n'était pas avec lui, elle ne serait avec personne. » Après la rupture, il l'aurait harcelée quotidiennement et menacée de mort. Il aurait récemment retrouvé sa nouvelle adresse, se serait rendu à Nice la semaine précédant les faits et lui aurait « tout volé », avant de revenir pour tenter de « faire la paix ».

Interrogées par ce même média, des amies de la jeune femme évoquent un épisode de violences qui aurait valu la prison au suspect, et l'inquiétude que Larissa leur avait confiée. Aucun de ces éléments n'a été confirmé par le parquet.

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« La distance n'éteint pas l'amour »

Au Brésil, la famille tente de financer le retour du corps. Sa sœur, Raissa, a lancé une cagnotte en ligne. Selon sa mère, interrogée par nos confrères brésiliens de la Folha de S.Paulo, une employée du consulat a estimé le coût du rapatriement à 112 000 réais, soit près de 19 000 euros. Le consulat général du Brésil à Marseille suit l'affaire et assiste les proches, a indiqué la diplomatie brésilienne. « Elle cherchait une vie meilleure [...] Aujourd'hui, je veux seulement pouvoir voir ma fille une dernière fois », confie Liliane Brito Nogueira à FBTV News. Jointe par Nice-Matin, elle réclame aussi, avec colère, la publication de « la photo de cet assassin ».

Sur l'affiche de la collecte, ses proches écrivent qu'ils se souviendront toujours « de sa lumière, de sa joie et de tout le bien qu'elle a semé partout où elle est passée ». On y lit aussi : « La distance n'éteint pas l'amour. »

3919 - Violences femmes info

Un numéro d'appel national, le 3919, est dédié à l'écoute et à l'orientation des femmes victimes de violences. Appel gratuit et anonyme, service accessible 24h/24 et 7 jours sur 7.