Après une décision de Trump, des journalistes de CNN et d’autres médias empêchés d’accéder à la Maison-Blanche

Après une décision de Trump, des journalistes de CNN et d’autres médias empêchés d’accéder à la Maison-Blanche

Par  Le Nouvel Obs avec AFP

Publié le 19 septembre 2026 à 18h17

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Donald Trump et des journalistes dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, le 22 décembre 2017.

Donald Trump et des journalistes dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, le 22 décembre 2017.  CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES VIA AFP

Des journalistes de la chaîne télévisée CNN et de deux autres médias ont été empêchés ce samedi 19 septembre d’entrer dans l’enceinte de la Maison-Blanche, au lendemain de l’annonce inédite par Donald Trump de leur en interdire l’accès.

Intensifiant de manière spectaculaire son offensive contre les médias, le président américain avait annoncé vendredi verrouiller « avec effet immédiat » les accès aux chaînes télévisées CNN, MSNOW et au média en ligne Politico, une décision largement condamnée comme une attaque contre la liberté de la presse.

Le président américain a fait cette annonce inédite, dont la mise en œuvre reste entourée d’incertitude et qui ne manquera pas d’être contestée en justice, sur son réseau Truth Social. « Je suis fier d’annoncer qu’avec effet immédiat, j’interdis la Maison Blanche aux +fake news +CNN, MSNOW […] et Politico […] à cause de leur couverture permanente de FAUSSES INFORMATIONS », a-t-il écrit. « D’autres médias propagateurs de fausses informations suivront », a menacé Donald Trump.

Recevant des journalistes un peu plus tard dans le Bureau ovale, le républicain a estimé qu’il avait le « droit » de procéder ainsi, en accusant les trois médias visés d’avoir « accumulé » les mensonges, et en s’en prenant aussi au « New York Times » ou au « Washington Post ». « Ils écrivent à dessein des informations négatives », a-t-il accusé, et a également attaqué une journaliste présente, la qualifiant de « terrible ». Il a en revanche cité en exemple Breitbart, organisation de droite radicale, et Fox News, la chaîne préférée des conservateurs.

« Tout simplement inconstitutionnel »

CNN a affirmé dans un communiqué qu’une exclusion de la Maison-Blanche serait « une attaque illégale » contre la liberté de la presse, Politico promettant pour sa part de « défendre vigoureusement » ses droits après les menaces de Donald Trump.

Par la voix de sa présidente Jacqui Heinrich, par ailleurs journaliste à Fox News, l’association des correspondants à la Maison Blanche a affirmé se tenir « aux côtés de nos collègues de CNN, MSNOW et Politico, qui sont pris pour cible pour avoir simplement fait leur travail ».

L’interdiction annoncée vendredi, si elle se concrétisait, « serait tout simplement inconstitutionnelle » et levée par la justice, a commenté Bruce Brown, président du Reporters Committee for Freedom of the Press.

La liberté de la presse est garantie aux Etats-Unis par le premier amendement de la Constitution.

Pendant son premier mandat et depuis son retour au pouvoir début 2025, le républicain de 80 ans a de nombreuses fois attaqué des journalistes ou médias dont la couverture lui déplaît, que ce soit devant les tribunaux, sur Truth Social ou verbalement lors d’échanges parfois très violents avec des journalistes, particulièrement des femmes.

Il avait aussi écarté du Bureau ovale l’agence de presse Associated Press, pilier du journalisme américain, après que cette dernière eut refusé d’adopter l’appellation « Golfe d’Amérique » pour le Golfe du Mexique.

« J’ai essayé de scanner mon badge et ça n’a pas marché »

Ce samedi, des journalistes ont bien été empêchés d’entrer dans le lieu de résidence et de travail des présidents américains. « J’ai essayé de scanner mon badge, qui est nécessaire pour entrer dans l’enceinte de la Maison-Blanche, et cela n’a pas marché, un voyant rouge a commencé à clignoter », a raconté à la télévision Akayla Gardner, correspondante à la Maison-Blanche pour MSNOW. « C’est la première fois, à notre connaissance, qu’on nous refuse l’accès […] », a-t-elle ajouté.

Des journalistes de CNN ont également essuyé un refus, a déclaré un porte-parole de la chaîne à l’AFP. « La Constitution américaine nous garantit le droit d’exercer notre métier sans entrave ni ingérence de la part du gouvernement, et cette interdiction constitue une atteinte illégale à ce droit fondamental », a-t-il dénoncé.

La journaliste de Politico Cheyenne Haslett a également été éconduite par les services de sécurité et s’est vue confisquer son laissez-passer, selon une note interne de son média transmise à l’AFP.

Sollicitée, la Maison Blanche s’est contentée de renvoyer vers l’annonce faite par Donald Trump vendredi. La décision du président arrive à un moment de grande difficulté politique pour ce dernier : à l’approche des législatives de début novembre, Trump est de plus en plus impopulaire à cause du coût de la vie élevé aux Etats-Unis et de la flambée du prix du carburant, mais aussi de la guerre qu’il a déclenchée en Iran, à l’issue plus incertaine que jamais.

Par  Le Nouvel Obs avec AFP