Salah Abdeslam devra rester à l’isolement, tranche le tribunal de Lille
20 Minutes avec AFP
Publié le 21/09/2026 à 22h25 • Mis à jour le 21/09/2026 à 22h25
Le tribunal administratif de Lille a confirmé lundi 21 septembre 2026 le maintien à l’isolement de Salah Abdeslam ainsi que les restrictions imposées lors de ses parloirs. Incarcéré à la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, le seul membre encore en vie du commando des attentats du 13 novembre 2015 contestait ces deux mesures devant la justice administrative.
Début septembre, Salah Abdeslam avait demandé la suspension de la prolongation de son placement à l’isolement, prévue jusqu’au 7 novembre. Il réclamait aussi la suppression de la séparation par hygiaphone lors de ses visites. Le juge des référés a rejeté ces requêtes, estimant qu’aucun élément n’était « de nature à faire naître un doute sur la légalité » des décisions de l’administration pénitentiaire.
Impact des mesures sur son état physique et psychique
Lors de l’audience du 15 septembre, le détenu avait notamment invoqué « l’impact des mesures attaquées sur son état physique et psychique ». « Ma vie n’a plus aucun sens », avait-il déclaré en visioconférence, selon des propos rapportés par La Voix du Nord. Il avait expliqué craindre de voir ses liens familiaux se distendre : « J’ai peur de perdre la dernière chose qui me reste, ma famille, qui vient de moins en moins à cause de l’hygiaphone. »
La situation de Salah Abdeslam avait aussi suscité une prise de position d’Arthur Dénouveau, ancien président de l’association de victimes Life for Paris, dissoute en novembre 2025. Sur X, il avait interpellé le ministre de la Justice Gérald Darmanin en affirmant que le détenu n’avait été « condamné ni au suicide, ni à la folie, ni à une incarcération qui mènerait à l’une de ces issues ». « Il faut organiser sa détention, forcément exceptionnelle, sans qu’elle tourne à la vengeance », avait-il ajouté.
Plusieurs décisions judiciaires cette année
Les conditions de détention de Salah Abdeslam avaient déjà fait l’objet de plusieurs décisions judiciaires en 2026. Début avril, le tribunal administratif de Lille avait ordonné à l’Etat d’assouplir ses conditions de parloir. Cette décision avait toutefois été remise en cause en juin après des menaces proférées par le détenu contre le directeur de la prison.
Notre dossier sur les attentats du 13-Novembre
La justice avait également pris en compte une tentative de plusieurs visiteuses de remettre à Salah Abdeslam des produits interdits pendant un parloir. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour son rôle dans les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, il reste donc soumis à son placement à l’isolement et au dispositif de séparation lors des visites.