Au Brésil, le vote est prolongé en urgence mais certains bureaux ont déjà fermé

Au Brésil, le vote est prolongé en urgence mais certains bureaux ont déjà fermé

International 25/10/2026 22:51 Actualisé le 25/10/2026 23:09

Retraits de bus, météo extrême, coupures d’électricité… Les camps des deux opposants dans la course à la présidence brésilienne ont déposé des recours auprès de la justice.

Un partisan du président brésilien sortant, candidat à sa réélection, agite un drapeau à Belo Horizonte, le 25 octobre 2026.

DANIEL DE CERQUEIRA / AFP

Un partisan du président brésilien sortant, candidat à sa réélection, agite un drapeau à Belo Horizonte, le 25 octobre 2026.

Deux heures de plus pour départager Lula et Bolsonaro. Alors que le second tour de l’élection présidentielle brésilienne se tient ce dimanche 25 octobre, un juge de la Cour suprême a ordonné de prolonger les opérations de vote dans tout le pays, après des problèmes de transport en commun susceptibles d’empêcher certains électeurs de se rendre aux urnes.

« Ce que nous voulons est simple : une élection honnête où tout le monde a le droit de voter », a déclaré Lula, appelant la justice à intervenir.

À l’origine de cette décision, des recours déposés notamment par le camp du président sortant de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, qui affronte le conservateur Flavio Bolsonaro. Le camp de Lula a notamment dénoncé le retrait de bus de la circulation dans plusieurs villes brésiliennes, parmi lesquelles São Paulo, dans le sud-est du pays, ainsi que Salvador de Bahia, dans le nord-est.

Selon le président sortant, « 40 % des bus ont été retirés de la circulation » à São Paulo, la plus grande ville du pays. Une situation qui aurait empêché des électeurs de se rendre aux urnes. « Une fois de plus, il se passe une chose abominable », a dénoncé Lula, en référence aux difficultés rencontrées par certains électeurs lors de la précédente présidentielle, en 2022.

Des barrages mis en place par la Police routière fédérale avaient retardé l’arrivée d’électeurs dans des bureaux de vote du nord-est du pays, région historiquement favorable à Lula.

De son côté, le président du Tribunal supérieur électoral, Kassio Nunes Marques, a reconnu des difficultés. « Nous avons, en effet, dans certains endroits, des difficultés de transport, qui sont déjà en cours de résolution », a-t-il déclaré.

Le camp de son adversaire a lui aussi saisi la justice électorale. L’équipe de Flavio Bolsonaro a demandé une prolongation du scrutin dans 17 villes des États de São Paulo, du Parana et de Santa Catarina, invoquant cette fois de fortes pluies, des inondations et des coupures d’électricité ayant compliqué l’accès aux bureaux de vote.

« La gravité des faits »

Ces perturbations ont poussé la Cour suprême à intervenir en urgence. « Au vu de la gravité des faits et de l’urgence de prendre cette mesure, j’ordonne la prolongation pour deux heures, jusqu’à 19 h 00 » (22 h 00 GMT) de l’ouverture des bureaux de vote « dans tout le pays », a déclaré le juge Cristiano Zanin dans un document judiciaire consulté par l’AFP.

Mais cette décision, prise alors que certains bureaux avaient déjà fermé, a semé la confusion. Selon le New York Times, il n’est pas clair si les électeurs arrivés aux bureaux de vote après l’heure initiale de fermeture pourront effectivement voter dans le pays. Une fois les suffrages comptabilisés par les machines de vote électronique, leur réouverture pourrait s’avérer compliquée voire impossible.

Arrivé derrière Flavio Bolsonaro au premier tour, avec 45 % des voix contre 47 %, Lula tente de décrocher un quatrième mandat. Les derniers sondages donnent son adversaire en tête avec 51 % des intentions de vote, contre 49 % pour le président sortant, un écart situé dans la marge d’erreur.