Au Parlement, sénateurs et députés Place Publique ne siègeront pas dans la même famille
Comme à l’Assemblée, le parti de Raphaël Glucksmann compte deux élus au Sénat. Mais pas question pour les sénateurs de siéger avec les socialistes.
Par Jade Toussay avec AFP

ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Au Parlement, sénateurs et députés Place Publique ne siègent pas dans la même famille politique
Il y a de petites décisions qui disent beaucoup des tensions politiques, et le choix du groupe où siégeront les deux sénateurs Place publique au Palais du Luxembourg en fait partie. Ce lundi 5 octobre, les élus du parti de Raphaël Glucksmann ont annoncé qu’ils rejoindront le groupe écologiste du Sénat. Et non le groupe socialiste, comme leurs deux collègues députés à l’Assemblée nationale. Deux chambres, deux ambiances.
« Nous allons tous deux nous apparenter au groupe écologiste », a affirmé le sénateur de Paris Bernard Jomier, confirmant une information de Politico. « Nous avions besoin de savoir comment les groupes s’ouvraient à la gauche. Le groupe écologiste a répondu de manière très claire, il a démontré sa volonté de s’ouvrir au peuple de gauche qui n’est pas dans les appareils », a repris le sénateur du Maine-et-Loire Grégory Blanc.
Grégory Blanc siégeait jusqu’alors au groupe écologiste, tandis que Bernard Jomier faisait partie du groupe socialiste, premier groupe d’opposition au Sénat. Mais les deux sénateurs, proches de Raphaël Glucksmann, avaient décidé de longue date qu’ils siégeraient au sein de la même entité après les élections sénatoriales du 27 septembre.
Place Publique veut peser dans « la reconstruction de la gauche »
Des négociations ont eu lieu avec les groupes socialiste, écologiste, ainsi qu’avec le petit groupe radical RDSE. C’est finalement le groupe écologiste qui a eu gain de cause. Les deux sénateurs ont expliqué que le groupe socialiste n’avait pas assuré à Grégory Blanc une place en commission des finances du Sénat en cas de ralliement, ce qui « a clos la discussion », a expliqué Bertrand Jomier.
« Il n’y a pas d’incohérence » à quitter le groupe PS, a assuré Bernard Jomier. « Il faut s’extraire de l’instantané : la primaire est bientôt finie, au contraire de la reconstruction de la gauche. On a intérêt à penser l’espace politique de façon beaucoup plus large », a-t-il ajouté, notant que l’ex-candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot, soutien de Raphaël Glucksmann, siégeait lui aussi au groupe écologiste.
Place publique avait pourtant noué de nombreux accords avec le PS lors des sénatoriales. À l’Assemblée, ses deux élus Sacha Houlié et Aurélien Rousseau siègent aussi avec le groupe PS. Mais après des années d’entente, les relations entre Raphaël Glucksmann et le numéro 1 du PS Olivier Faure se sont dégradées. Au point que le député socialiste participe contre l’eurodéputé à la primaire sociale-démocrate pour désigner leur candidat pour 2027 et que toutes les occasions sont bonnes pour s’écharper mutuellement : sur la politique israélienne vis-à-vis des Palestiniens, sur les relations avec la France insoumise, sur leurs propositions pour 2027 et jusque dans leur manière de faire de la politique.
Les divergences entre ces deux candidats sont telles que d’aucuns s’interrogent sur la possibilité de faire bloc derrière le vainqueur à l’issue de la primaire. Le premier tour est prévu les 9 et 10 octobre. Si aucun candidat n’emporte la majorité des suffrages, il faudra attendre jusqu’au 16 pour connaître enfin le nom de celui ou celle qui portera les couleurs du PS à la présidentielle.