Au Standard, la valeur marchande du noyau n'a plus été aussi haute depuis 2021 : il reste à bien vendre

Au Standard, la valeur marchande du noyau n'a plus été aussi haute depuis 2021 : il reste à bien vendre

Ce sont deux lettres, sur le site spécialisé Transfermarkt, qui sont essentielles et permettent de se faire une idée de ce que vaut un noyau. V.M., pour Valeur Marchande, est une porte d'entrée utile pour avoir une idée de ce que les clubs peuvent demander comme somme de transfert pour libérer un joueur.

Au Standard, quand 777 Partners puis A-CAP étaient aux commandes, une mention au site spécialisé, dans les bilans comptables de fin de saison, était faite pour "calculer" le potentiel à reporter dans la colonne fonds propres. En juin 2024, par exemple, il était question d'une valeur théorique de 21,6 millions €. En juin 2023, 25,2 millions €.

Evolution de la valeur marchande en D1
Evolution de la valeur marchande en D1 ©IPM Graphics / Didier Lorge

Il ne s'agissait pas de la valeur totale du noyau, puisqu'une partie n'appartenait pas au club en raison des prêts. Mais c'était un repère pour la direction et une manière de rassurer, aussi, la commission des licences, sur le futur, en cas de soucis financiers (et il y en avait…).

Epolo évalué à 10 millions €

La référence a disparu au dernier bilan comptable de juin 2025, mais la nouvelle direction liégeoise reste tout de même attentive aux chiffres publiés par Transfermarkt et d'autres acteurs spécialisés.

Ce n'est sans doute pas un hasard, par exemple, si la somme envisagée pour un transfert de Matthieu Epolo cet été tournait autour des 8 millions €… la valeur marchande du gardien international congolais après la Coupe du monde.

Il est finalement resté en bord de Meuse, pour une saison de plus ou jusqu'en janvier au moins, et le sujet reviendra assez vite sur la table. Entre-temps, sa cote a encore augmenté de 2 millions, pour en faire le joueur à la plus haute valeur marchande (10 millions €).

Meilleures progressions des Rouches
Meilleures progressions des Rouches ©IPM Graphics / Didier Lorge

Valeur marchande élevée ne veut pas dire réussite sportive…

Tous les quinze jours, Transfermarkt met à jour la valeur des noyaux. Et celui du Standard, au 15 octobre, a atteint une valeur "record" puisqu'il a été estimé à 67,15 millions €, soit le sixième total de la D1. C'est aussi une somme virtuelle qui n'a plus été atteinte depuis plusieurs saisons, octobre 2021 au moins.

C'est aussi une manière de rappeler que la valeur financière d'un noyau n'est pas une garantie de réussite sportive puisque le Standard, lors de la saison 2021-2022, justement, avait terminé à la 14e place avec un noyau à la VM importante.

Quand il a repris les rênes sportives liégeoises, en mai 2025, Marc Wilmots s'était donné trois mercatos pour dresser un premier bilan. En prenant la valeur marchande du noyau au 1er septembre 2025 comme repère, quand le premier marché du directeur sportif avait (quasiment) produit ses effets dans le sens des arrivées et des départs, on constate que la valeur du noyau liégeois a augmenté de 26,25 millions €, soit la troisième meilleure progression dans ce laps de temps, derrière le Club Bruges, qui reste une machine implacable, et l'Union SG.

Refaire le coup de Saïd est une nécessité

Ce n'est qu'une photographie, à un instant déterminé, mais il faut convenir que le modèle économique des Rouches a progressé, avec une large majorité de joueurs sous contrat, et non plus prêtés (seul Zeqiri l'est), et des valeurs individuelles qui ont augmenté ces derniers mois (voir infographie).

Evolution de la valeur marchande du Standard
Evolution de la valeur marchande du Standard ©IPM Graphics / Didier Lorge

Il est à noter, au sujet de ces augmentations de valeurs, une répartition égale des joueurs amenés par l'ancienne direction sportive (Hautekiet, Karamoko et Lawrence ont été transférés par Fergal Harkin) et par la nouvelle (Adnane Abid et Gustav Mortensen ont été transférés par Marc Wilmots).

Tout le travail sera de poursuivre sur cette lancée pour transformer la valeur marchande supposée en transferts réels. De ce point de vue, la vente de Rafiki Saïd à Wolverhampton l'été passé, pour 9 millions € (10 avec des bonus), a été le grand banco de la direction liégeoise.

L'international comorien, acheté pour 2,5 millions € à Troyes un an auparavant, a permis de faire une plus-value estimée à plus de 6 millions €. Les renforts de cet été, par exemple Alexis Trouillet, une des bonnes pioches du mercato estival, pourront-ils suivre la même tendance, aussi vite ?

L'Europe, l'autre manière de mettre en valeur

Le Standard est en tout cas arrivé à un stade de son développement, sans investisseur, où il va être obligé de vendre pour continuer à vivre normalement, sans l'apport extérieur d'un nouvel actionnaire.

S'il a maîtrisé ses dépenses et a réduit les pertes, pour les faire passer de 13 à 9 millions €, avec une volonté de les ramener à 7 millions € au prochain bilan comptable (juin 2027), le club est arrivé au bout d'un modèle d'économies à tout va.

Il a besoin, désormais, de créer ou de recréer de la valeur, par la vente de ses joueurs afin d'améliorer encore sa trajectoire financière. La direction liégeoise assure qu'elle peut demander ce qu'elle veut, qu'elle parvient à exister dans les négociations pour ne pas accepter la première offre venue.

La vente de René Mitongo à Trabzonspor pour 3 millions € suit cette tendance, c'est moins évident pour les autres départs. Ce sera tout le travail de la direction lors des prochains mercatos tout en validant un autre objectif : l'accès à une Coupe d'Europe pour mettre un peu plus en valeur le noyau rouche.

Il reste encore deux chemins pour rejoindre l'Europe. Ne pas perdre à Genk, dimanche, serait une manière de ne pas se laisser distancer sur le chemin du championnat…

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