Avec 17 compagnies et 34 représentations, "Soiron sur Scène" a fait son retour à Pepinster: "On est passé d'une dimension locale à régionale" (photos)
Deux personnages saugrenus qui jonglent sur place du Bac ; une Juliette un peu allumée qui hurle après "Roméoooooo"; deux acrobates qui se déplacent sur un mât comme si c'était le sol, sous les regards admiratifs des spectateurs… Ce dimanche, le festival d'arts de rue "Soiron sur Scène" faisait son retour dans ce village de la commune de Pepinster. "Il y a du monde et les premiers retours par rapport aux spectacles sont très positifs", commentait dans le courant de l'après-midi Baptiste Dellicour, membre de l'organisation.
Massages plutôt insolites à Pepinster pour ce professionnel qui installe sa table dans la Hoëgne : "Du tumulte des inondations à l'apaisement" (vidéo)Et en plus, ces gens rient, sourient, ont "peur"… Bref, ils vivent pleinement les spectacles auxquels ils assistent. "On essaie de proposer un peu de tout au niveau de la programmation", poursuit l'organisateur. Bien sûr, les enfants y trouveront leur compte. "Mais il y a par exemple le spectacle Playback FM Volume, qui s'adresse aux plus de 12 ans. C'est un show verbal, qui s'adresse à un public plus averti. On a aussi d'autres spectacles destinés à un public un peu plus âgé."

François Bijou et sa boule à facettes : l'un des shows les plus déjantés du festival
Certains shows, comme celui de François Bijou, sont carrément déjantés. "Les spectateurs s'asseyent sur un gradin. Et ils voient un personnage, très affirmé, très surprenant, sortir d'une camionnette avec une boule à facettes." Ledit personnage va ensuite les inviter à bouger et à danser.
De local à régional : "Soiron sur scène" attire bien au-delà de Pepinster
Bref, tout le monde y trouve son compte. Même des personnes qui viennent de l'étranger. Et c'est vrai que çà et là, on entendait parler en néerlandais et en allemand. "On a un peu augmenté notre publicité sur l'Ardenne bleue, Liège, etc. On est passés d'une dimension locale à régionale." Et comme il y a des spectacles uniquement visuels, les non-francophones ont aussi de quoi s'amuser.

Mais le festival ne change pas pour autant de dimension, il reste à taille humaine, "avec des spectateurs régionaux et des aficionados du théâtre de rue. Cela fait déjà quelques années, depuis 2018-2019, qu'on a trouvé la bonne formule avec un certain "quota", qui fonctionne très bien. En arrivant 20 à 30 minutes avant le spectacle, les gens peuvent avoir une bonne place. Avec une quinzaine de compagnies et une trentaine de représentations, on a trouvé le bon équilibre."

"On se remet en question tous les ans" : comment les organisateurs font évoluer le festival
Mais ce n'est pas parce que le festival a atteint sa vitesse de croisière que les organisateurs se reposent sur leurs lauriers. "On se remet en question tous les ans. On réajuste toujours en prévision de la future édition. On essaie aussi de proposer des choses un peu plus surprenantes que les gens n'ont pas l'habitude de voir."

De l'Argentine à Soiron en passant par 37 pays : Ana et Martín, de ManoAmano Circo, en ont mis plein la vue
Ana Clara Manera et Martín Umerez sont venus d'Argentine pour se produire à "Soiron sur scène". Avec leur spectacle Kinématos, ils ont ébloui le public de Pepinster. Un duo qui tourne dans dix pays cet été et a déjà performé dans 37 pays sur quatre continents.

Parmi les shows les plus spectaculaires du festival, on retrouvait Kinématos de ManoAmano Circo, une compagnie venue... d'Argentine. Très à l'aise sur leur mât, Ana Clara Manera et Martín Umerez en ont mis plein la vue aux spectateurs pendant une trentaine de minutes. "C'est une belle atmosphère, un chouette public, un beau festival", sourit Ana. "Et la nourriture est très bonne, renchérit Martín. Les frites et les bières sont excellentes."
Dix pays en un été : le circuit européen de ManoAmano Circo
Mais le duo n'a pas fait la route depuis l'Amérique du Sud uniquement pour se produire sur les hauteurs de Pepinster et manger une mitraillette belcanto-andalouse. "On vient en Europe tous les étés", détaille Ana. Rien que cette année, ils font étape dans dix pays: l'Espagne, la France, l'Italie, la Belgique, la Hongrie, la Roumanie, l'Angleterre, l'Irlande, la Suisse et l'Allemagne. La prochaine étape, c'est Budapest. "On prend l'avion ce lundi à Bruxelles."

37 pays, quatre continents : la carrière internationale d'Ana et Martín
Et pour s'être déjà produits dans 37 pays sur quatre continents différents, quel est le meilleur endroit pour se produire ? "Soiron", sourit Martín. Il le dit un peu pour la blague, mais s'ils peuvent revenir, ils le feront sans hésiter. "On a un autre spectacle donc ça pourrait être chouette de le jouer ici aussi", commente Ana.
"Quand je mets le costume, il m'entraîne" : le secret d'un spectacle rodé depuis 2010
Très spectaculaires, leurs shows ne sont pas sans danger. "Mais celui-ci, on le joue depuis 2010, enchaîne Martín. Quand je mets le costume, il m'entraîne. Je ne dois même plus réfléchir." Cela dit, le spectacle évolue quand même régulièrement. "Mais le fond reste le même."

Des clowns névrosés face à l'amour : le Théâtre du Sursaut a joué "Love, Liebe, Amor" à Soiron sur Scène
Originaire de Liège et basée à Houffalize, la compagnie Le Théâtre du Sursaut a présenté "Love, Liebe, Amor" à Soiron sur scène. Un spectacle sur l'amour raté, joué par des "clowns névrosés", avant un prochain rendez-vous au festival "Rue du Bocage" à Herve.

Nettement plus locale que les acrobates argentins, la compagnie Le Théâtre du Sursaut, aujourd'hui basée à Houffalize, est originaire de Liège. Ce dimanche, elle jouait son spectacle Love, Liebe, Amor. Et son concept est un peu particulier. "On divise le public en quatre groupes, commente Hélène Pirenne, la responsable de la compagnie. Chacun d'entre eux suit un comédien." Et une fois que le comédien a fini de jouer, on passe au suivant, de sorte que tout le monde puisse voir ces "clowns névrosés" en action.
La boucherie imaginaire : quand une comédienne règle ses comptes avec ses ex
Vous l'aurez compris, le spectacle traite de l'amour. "Mais ces clowns ont beaucoup de difficulté avec l'amour, le célibat. On a créé des scènes très décalées sur ce thème." Il y a par exemple cette femme qui a beaucoup "morflé". Alors, elle crée une boucherie imaginaire où elle découpe les différents hommes qu'elle a connus. "Elle règle un peu ses comptes."
Il y a aussi un homme très classique: "Il crée un petit univers à la Ikea, en espérant que ça va faire venir l'amour. Mais les temps ont changé et ça ne fonctionne pas."
Le Théâtre du Sursaut : bientôt au festival "Rue du Bocage" à Herve, avec "Rouge crayon"
Mais la compagnie a aussi d'autres spectacles. "On a aussi des propositions "jeune public". On vient aussi de sortir un projet qui s'appelle Rouge Crayon, qu'on va jouer au festival "Rue du Bocage", à Herve."
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