Avis aux festivaliers des Solidarités : le groupe belge Girls In Hawaii y dévoilera une exclu !
Neuf ans après Nocturne et trois ans après la tournée anniversaire de leur premier album From Here To There, paru en 2003, Girls In Hawaii reprend du service de manière très convaincante. “Eldorado” et “Is It Happening Right Now ?”, les deux morceaux éclaireurs d’un cinquième disque, sur lequel nous reviendrons plus longuement lors de sa sortie, attestent de la bonne santé de la formation emmenée par Antoine Wielemans et Lionel Van Cauwenberghe.
Ecrit et composé par les deux chanteurs et guitaristes, Eldorado renoue avec l’essence et l’esprit de From Here To There. Mélodies intemporelles, guitares et claviers en embuscade, harmonies vocales, chansons faussement bricolées et art du gimmick autour de onze textes inspirés sont au menu de ce qui s’apparente bien -l’avenir le dira-, à un tout grand disque de Girls In Hawaii.
Les Solidarités 2026 à Namur: concerts grand public et enjeux citoyens. "Un acte de résistance"Selon la définition du Larousse, un eldorado est un lieu où l’on trouve tout en abondance, synonyme de prospérité et de bonheur facile. Pourquoi l’avoir choisi comme titre de ce cinquième album ?
Antoine Wielemans – On aime bien ce titre parce qu’il revêt plusieurs aspects. Il colle bien à la société d’aujourd’hui. Cette espèce de quête absurde d’accumulation de richesses et de profusion de trucs de plus en plus débiles qui font que le monde ne va pas bien. D’un autre côté, le terme renvoie aussi à notre démarche plus intime : ce qu’on fait, ce qu’on cherche, tout ce côté un peu “chercheur d’or”. Passer des journées pour trouver la petite pépite, ce moment d’excitation magique.
Lionel Van Cauwenberghe – C’est vrai que le titre fait un peu vœu d’écho, de référence ou en tout cas de positionnement. On aime cette notion d’inatteignable. Surtout aujourd’hui. C’est important de courir après un plaisir qui n’est pas assouvi. Cette quête te garde vivant et en mouvement.

Quand on réécoute votre discographie, Eldorado inclus, il est très difficile de dater vos albums. Quel est votre rapport à cette notion d’intemporalité ?
A.W. – On aime les choses simples. Cette forme de limite technique nous a permis de garder de la fraîcheur. C’est un jardin très défini.
Solidarités 2026: Christophe Maé et Gaëtan Roussel pour clôturer le festivalEst-ce que le groupe a été cliniquement mort après Nocturne, en 2017 ?
A.W. – On n’a vraiment pas de problème avec l’idée de disparaître plusieurs années et de revenir. C’est même très important dans notre histoire. C’est peut-être ce qui explique aussi notre longévité. On a attendu que les planètes se réalignent et que ça redevienne excitant de refaire de la musique ensemble.
En 2023, vous avez célébré sur scène le vingtième anniversaire de votre premier album From here to there, notamment avec quatre concerts complets à l’Ancienne Belgique. Vous êtes-vous dit : “C’est quand même fou de compter autant dans la vie des gens” ?
A.W. – On a failli ne pas faire cette tournée. C’était un projet de notre manager Pierre Van Braekel (décédé en juillet 2022-NDLR). La proposition de l’Ancienne Belgique nous est revenue après ses obsèques. Comme nous étions complètement paumés, on s’est dit que ça allait nous faire du bien. Toute l’équipe, techniciens compris, a pris beaucoup de plaisir sur ces dates. Elles ont conditionné pas mal de choses pour la suite.
On était au concert-événement de Girls in Hawaii: voici ce qu'on en a penséEntre Nocturne et Eldorado, vous avez sorti des projets personnels : Vattetot, un disque solo en français pour Antoine, la b.o. de la série Ennemi Public pour Lionel. Quel en a été l’impact pour votre nouvel album ?
L.V.C. – Il se retrouve peut-être plus dans les rapports humains parce qu’on a l’impression de retrouver une certaine fraîcheur.
A.W. – J’ai trouvé ça génial d’être tout seul. Et de l’autre côté, j’ai vraiment réalisé en cours de disque, que c’est plus gai à plusieurs. Et que c’était précieux parce que ça légitimait ma relation musicale complémentaire qui fonctionne avec Lio (nel).
L’industrie musicale a énormément changé depuis les débuts des Girls In Hawaii. Votre premier album s’est écouté à 80.000 exemplaires alors qu’Eldorado va bénéficier d’un pressage de 2500 unités. Cela veut dire qu’économiquement, c’est devenu plus compliqué ?
A.W. – Je pense qu’on va vendre les trois quarts d’Eldorado après les concerts au stand du merchandising. 150.000 personnes nous écoutent chaque mois sur Spotify. C’est beaucoup, mais en même temps, ça ne veut rien dire, c’est un peu abstrait. On se voit comme les derniers héritiers d’une période un peu bénie, où il y avait des concerts et des festivals dans tous les coins de la Belgique. C’est beaucoup moins magique.
Guerre des festivals : les organisateurs francophones cassent les codes pour rivaliser avec les mastodontes flamandsEldorado sort sur Capitane Records, le label indépendant lancé par l’artiste Nicolas Michaux sur le modèle d’une coopérative. Un choix assumé, on suppose ?
A.W. – C’est une énergie positive qui contamine. Capitane a une éthique et c’est précieux. Il y a encore cette vraie notion de famille et d’artisanat. Nous sommes très contents de leur donner, sans doute aussi, de la visibilité.
Le 4/9, Les Solidarités, Namur. Les 15 et 16/9 (complet), Ancienne Belgique, Bruxelles.
POP, Girls In Hawaii, Eldorado (sortie le 25/9), Capitane Records
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