Billet. Coupe du monde : jusque-là, on parlait d’un Dieu et de son prophète
Frédéric Aïli -
Aujourd’hui à 06:00
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Clap de fin. The end. La Coupe du monde s’achève ce soir, après cinq semaines où, de nuit comme de jour, on aura vu tout et n’importe quoi : des matchs tronçonnés en quatre par des coupures publicitaires déguisées en pause fraîcheur, l’annulation d’un carton rouge d’un joueur américain demandé par Donald Trump en personne, le meilleur arbitre du continent africain, le Somalien Omar Artan, bloqué à la douane, des propos racistes à l’encontre des Bleus… En attendant la remise du trophée ce soir au cours de laquelle le président des États-Unis devrait, une nouvelle fois, en faire des tonnes. Et au terme d’une finale Argentine-Espagne dont la mi-temps pourrait passer de 15 à 30 minutes, pour dérouler un un immense show avec Shakira et Madonna.
Voilà, voilà... Le football a changé, on l’a compris. Les Américains disent “entertainment” qu’on traduira en français par divertissement. On est loin du jeu de ballon dans les cours d’école mais bien dans une continuité assumée après la Russie en 2018 et le Qatar en 2022. C’est ça, on a donc vu tout et n’importe quoi, même du football. Des Bleus flamboyants puis naufragés. Reste un match à jouer ce soir, l’occasion de trancher sur le plus grand joueur de l’histoire du football argentin et mondial : Diego Maradona ou Lionel Messi.
Jusque-là, on parlait d’un Dieu et de son prophète. Seulement Messi est en mission. Et à l’aube de ses 40 ans, le lutin marche autant sur le terrain que sur l’eau. Remplacer Diego Maradona dans le cœur des Argentins n’est pas rien. Le souvenir nous revient d’un voyage au bout du monde, au sud de l’Amérique du Sud, en Terre de Feu. Ushuaïa, la ville la plus célèbre et un peu plus loin, quelques villages fantômes. Le souvenir d’être tombé sur une fresque de Maradona qui recouvrait le mur d’une maison. Un Argentin était sorti pour nous parler des hommes et d’un Dieu. On ne sait ce qu’il est devenu mais on a envie de croire que sa famille a acheté de la peinture et que ce soir, sur un autre mur, le visage de Messi pourrait se dessiner. Loin de Gianni Infantino et de la Fifa, il existe un autre amour du football qui ne change pas le monde mais qui, un soir de finale, nous le fait oublier.