Reportage international - Biodiversité: dans les Asturies, la nature se réinstalle entre béton et industrie
La renaturalisation des cours d'eau en milieu urbain est l'un des objectifs de la COP17 (du 18 au 30 octobre à Erevan, en Arménie). En la matière, l’Espagne se classe plutôt bien en Europe. Et même si, de façon générale, la conservation des habitats naturels n'est pas encore à la hauteur des enjeux, les bonnes pratiques existent. Exemple dans les Asturies, où s'est rendue RFI. Dans cette région qui abrite 1% de la biodiversité mondiale, le passé sidérurgique s'estompe peu à peu des écosystèmes.
De notre envoyée spéciale à Gijon,
Après des années à l'avoir maltraitée, la ville de Gijon, dans les Asturies, vient de se réconcilier avec sa rivière, le Río Pilon, qui se jette dans la mer au niveau de la grande plage de San Lorenzo. Le cours d'eau, qui circulait entre des digues de béton, abrite désormais des joncs, des roseaux et tous types d'arbustes typiques des berges.
« Ce que l'on a fait ici, c'est revégétaliser la zone avec des arbres d'espèces autochtones. Retrouver les plantes et arbres typiques des berges comme le laurier par exemple », explique Paco, membre des Écologistes en action et un des précurseurs de ce projet de restauration-plantation.
Dans la rivière, plusieurs types de canards pataugent joyeusement, alors qu'un héron blanc se tient immobile sur une sorte de petite île qui s'est recréée naturellement. « Devant nous, il y avait deux vannes qui séparaient la rivière en deux, et ils avaient construit une île artificielle en béton. Il reste encore des travaux de renaturalisation à faire, mais on retrouve une rivière dans son état naturel. Il y a même une source d'eau potable qui a fait irruption lorsque l'on a retiré les digues en béton », détaille Paco.
À 50 kilomètres de là, l'estuaire d'Avilés, la grande ville industrielle des Asturies. Face à nous, de l'autre côté du fleuve, s'activent des camions et des grues qui déversent des tonnes de métal ou de charbon. David, membre de l'Association de conservation de la nature, présente aux visiteurs les dernières dunes qui s'éloignent. Un espace presque miraculé de l'estuaire.
« Nous sommes dans le dernier endroit préservé dans la zone. C'est un bouclier pour tenir tête à tous ceux qui veulent transformer cet espace et, du même coup, le dégrader. Ici, nous avons des hérons, des sternes. Il y a également des plantes qui sont très rares en Asturies, et certaines espèces de mollusques qui avaient disparu sont revenues dans l'estuaire. Évidemment, je soutiens ce genre d'initiatives qui favorisent la biodiversité de l'estuaire, mais il faut aller encore plus loin. Il faut les reproduire à grande échelle », estime-t-il.
Il reste du travail à Avilés, et la conservation des habitats est encore un point faible de l'Espagne, avec seulement 9% des habitats d'intérêt communautaire en bon état de conservation. Pour inverser cette tendance, le pays a transmis son projet de plan national de restauration de la nature à la Commission européenne, qui prévoit des actions de réparation ciblées sur près de 9 500 kilomètres carrés d'habitat dégradés d'ici 2030.
Un reportage à retrouver en intégralité dans l'émission Accents d'Europe
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