Blocages de lycées : le préfet de police saisit la justice contre Bally Bagayoko

Blocages de lycées : le préfet de police saisit la justice contre Bally Bagayoko

Le préfet de police de Paris Patrice Faure a saisi la justice contre le maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) Bally Bagayoko pour « des faits présumés de provocation à commettre un délit », dans le cadre du mouvement de blocage des lycées, a annoncé mercredi 30 septembre l’entourage du représentant de l’État.

Le préfet de police de Paris a fait un signalement au titre de l’article 40 du code de procédure pénale au procureur de Bobigny. Patrice Faure reproche notamment au maire de Saint-Denis des propos présentant « la réaction violente comme pouvant être une réponse compréhensible ou légitime à l’action des forces de l’ordre ».

« J’en prends acte et je répondrai naturellement à toute sollicitation de la justice », a réagi l’élu dans la soirée, dans un post publié sur X. « Chacune de mes visites aux différents blocus a cherché à garantir des conditions sûres et sereines à la jeunesse pour qu’elle puisse exprimer ses revendications », s’est-il par ailleurs défendu.

Ce signalement a été déposé après que Bally Bagayoko s’est rendu, lundi et mardi, aux côtés des lycéens de Paul-Eluard, à Saint-Denis, où ils organisaient un blocage pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de scolarité. Mardi matin, devant le lycée, le maire LFI a notamment estimé au micro de BFM que « la violence, à un moment donné, peut être légitime », pour manifester son soutien aux lycéens mobilisés. « Mais chaque fois qu’on peut l’éviter, c’est mieux », a-t-il aussitôt nuancé.

Un mouvement qui s’étend

« Après la vidéo tronquée de la poubelle, où certains ont voulu faire croire que j’allumais un feu, voici une citation tronquée dont on voulait déduire que j’appelle à la violence. Il n’en est rien », a-t-il réagi mercredi, assurant que « la violence n’est pas notre méthode d’action ».

Les lycéens qui réclament notamment des remplacements de professeurs et davantage de moyens, espèrent jouer jeudi l’« acte deux » de leur contestation, émaillée de violences, avec les étudiants qui devraient se joindre à eux.

Le mouvement, qui a débuté il y a environ une semaine, a concerné 356 établissements partout en France mercredi, contre 338 mardi, selon le ministère de l’Intérieur. Pour la seule journée de mercredi, 625 personnes ont été interpellées et 83 policiers et gendarmes blessés. Depuis le début des blocus, 119 élèves et personnels ont été blessés, selon le bilan communiqué mercredi par Édouard Geffray.

Le gouvernement a tenté mercredi de mettre fin à la propagation du mouvement en annonçant l’ouverture d’une « plateforme de concertation » à laquelle « tous les lycéens pourront contribuer ». Ils pourront y déposer leurs revendications et leurs inquiétudes de manière territorialisée. Une « restitution nationale » sera organisée pour « apporter des réponses structurées », a promis le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.