Blocages des lycées : après un tir policier, Eden, 14 ans, a "la mâchoire scellée et ne peut s'alimenter qu'à l'aide d'une paille"
l'essentiel Un adolescent de 14 ans a été grièvement blessé au visage par un tir de lanceur de grenade policier, le 28 septembre, en marge d’une mobilisation devant un lycée de Saint-Ouen-l’Aumône. Alors que sa famille a porté plainte pour tentative d’homicide volontaire, une conférence de presse a permis de revenir sur les circonstances des faits et sur les lourdes séquelles subies par le lycéen.
Face aux journalistes, ils ont raconté ce moment où la vie de leur enfant a basculé. Une conférence de presse organisée ce lundi 5 octobre est revenue sur le tir de grenade lacrymogène ayant grièvement blessé un lycéen, rapportent plusieurs médias, dont RMC, France Inter et actu.fr.
Le lundi 28 septembre 2026, un adolescent âgé de 14 ans a été grièvement blessé au visage par un tir policier. Les faits se sont produits en marge d'une mobilisation devant le lycée du Château d’Epluches, à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d'Oise).
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"Eden aurait pu mourir"
"Eden aurait pu mourir ce jour-là. Il faut parler de lui comme d’un miraculé", a insisté l'avocate de l'adolescent, Me Elsa Marcel, dénonçant l'usage d'une arme "extrêmement dangereuse" à bout portant. Souffrant d'une "double fracture de la mâchoire", il a dû subir une lourde opération chirurgicale après avoir eu la totalité des dents du haut fracturées et une énorme partie des dents du bas arrachée", a précisé l'avocate de la famille.
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Elsa Marcel, avocate d'Eden, annonce le dépôt d'une plainte pour "tentative d'homicide volontaire" alors que le jeune homme a été grièvement blessé au visage dans le Val-d'Oise lors d'une manifestation lycéenne#BFM2 pic.twitter.com/KiB74FI9c6
— BFM (@BFMTV) October 5, 2026
La famille du jeune homme a déposé plainte pour tentative d'homicide volontaire et violences volontaires avec arme par personnes dépositaires de l'autorité publique sur mineur.
Selon le parquet de Pontoise, l'adolescent est venu au contact d'une fonctionnaire de police et lui a porté des coups. Des images diffusées en ligne montrent une policière tentant de lui porter un coup de matraque, le jeune homme répliquant par un coup de pied. Un second policier a ensuite tiré à bout portant avec un lanceur de grenade de type Cougar. On peut ensuite voir le lycéen s'effondrer au sol.
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Des témoignages d'enseignants et de lycéens rapportent cependant que l'adolescent était initialement assis seul sur un muret et était occupé sur son téléphone avant que les policiers ne viennent le chercher. "On peut déjà se demander pourquoi vous avez trois policiers armés qui viennent à son contact et qui commencent à lui mettre des coups de crosse ?", a interrogé Me Elsa Marcel.
"Ils ont gâché ma vie"
"Ils ont gâché ma vie", aurait dit Eden à ses parents juste après les faits. "Vous envoyez votre enfant lundi matin à l'école et vous le retrouvez dans cet état-là", a regretté sa mère auprès du média Blast. Elle décrit un adolescent extrêmement mal physiquement" et "psychologiquement depuis l'incident. "Sa mâchoire est scellée et il ne peut s'alimenter uniquement à l'aide d'une paille, a détaillé la mère d'Eden. "Il fait des crises d'angoisse. Il ne dort pas. Comme il ne peut pas s'exprimer, il écrit sans arrêt qu'il revoit les mêmes scènes", poursuit-elle.
« Mon fils était en sang par terre » : la mère d’Eden, lycéen blessé à la mâchoire témoigne
Son fils a été grièvement blessé lors d’une intervention policière devant son lycée à Saint-Ouen-l’Aumône. Pour la première fois, sa mère raconte à Blast ce qu’elle et son fils ont vécu… pic.twitter.com/3CASLHn9Tw
— BLAST, Le souffle de l'info (@blast_france) October 5, 2026
L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) est saisie d'une enquête pour des violences par personne dépositaire de l'autorité publique. Une seconde procédure vise les violences que le lycéen aurait commises sur une policière avant le tir. Le Défenseur des droits s'est également saisi du dossier.