Blocages des lycées : 140 actions et une cinquantaine d'interpellations ce vendredi, plus de 400 établissements fermés - ICI

Blocages des lycées : 140 actions et une cinquantaine d'interpellations ce vendredi, plus de 400 établissements fermés - ICI

Après s'être à nouveau étendu jeudi en France, le mouvement de blocage des lycéens se poursuit ce vendredi. Plus de 400 établissements scolaires sont fermés ce jour. Le gouvernement espère un apaisement alors que près de 2.000 personnes ont été interpellées la veille.

À sept mois de la présidentielle, le mouvement de blocage des lycéens et des étudiants, qui s'inscrit dans un climat social et politique électrique, est plus que sensible pour le gouvernement. L'exécutif espère un apaisement après avoir condamné des "violences urbaines" mais la mobilisation se poursuit ce vendredi. 140 actions et une cinquantaine d'interpellations sont recensées ce matin en France, hors Paris et petite couronne.

40 proviseurs blessés

Jeudi, le mouvement s'est étendu à plusieurs grandes villes de France. Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, indique ce vendredi sur BFMTV qu'à ce stade "on a eu 65 personnels blessés, 40 proviseurs parmi eux. 40 quand même", sans entrer dans le détail des blessures les concernant. Il demande de l'aide aux parents car "dans la rue, les enfants sont en danger". "Les parents, très clairement doivent se mobiliser et dire à leurs enfants de ne pas aller" dans les blocages, a-t-il enjoint.

De son côté, La France insoumise appelle "les parents d'élèves, les enseignants à continuer à soutenir ces mobilisations", a déclaré Eric Coquerel, député (LFI) de Seine-Saint-Denis ce vendredi matin, sur franceinfo. Il estime que le "mouvement va continuer à s'étendre" si "le gouvernement n'entend pas les revendications très précises qui montent".

Plus de 400 établissements scolaires seront fermés ce vendredi, sur ordre préfectoral, a annoncé le ministre de l'Éducation nationale. Des arrêtés ont été également jeudi soir pour interdire les manifestations aux abords de ces lycées. Les cours auront lieu en distanciel dans les lycées concernés.

Au total jeudi, "1.027 établissements", sur environ 3.700 lycées en France, "ont été concernés par le mouvement lycéen, dont 222 blocages", selon le ministère de l'Intérieur. Les étudiants ont rejoint le mouvement, avec une trentaine de campus bloqués. Les organisations appellent à une poursuite du mouvement, avant une grande manifestation mardi.

Par ailleurs, dix universités sont bloquées ce vendredi matin en France, indique le syndicat Union étudiante à franceinfo.

Près de 2.000 personnes interpellées en France jeudi

À Paris, le préfet de police a interdit les rassemblements aux abords de 13 lycées de la capitale. Jeudi, près de 2.000 personnes ont été interpellées en France, a annoncé le ministère de l'Intérieur, lors de l'acte II de ce mouvement de la jeunesse, qui réclame davantage de moyens pour l'Éducation nationale. Le ministre Laurent Nuñez, qui a réuni jeudi soir les préfets, directeurs de la police et de la gendarmerie et responsables des services de renseignement, a dénoncé "une aggravation de la situation qui n'a plus rien de l'expression légitime de revendications lycéennes mais présente désormais toutes les caractéristiques d'une situation de violences urbaines".

Les services du Premier ministre ont fustigé une "manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche". Suite à ces accusations, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a reproché à Matignon de "sombrer dans le complotisme". Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a jugé de son côté que "le mouvement lycéen est pris en otage par des groupuscules ultra-violents".

Darmanin veut fait "payer les réparations" aux casseurs

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé aux procureurs d'engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts provoqués par leurs enfants lors du mouvement de blocage des lycées, afin de leur faire "payer les réparations", a-t-il dit vendredi sur RTL. Depuis le début du mouvement, environ 2.000 personnes ont été placées en garde à vue "dont 90% de mineurs", tandis qu'un tiers des interpellés l'ont été pour des violences commises contre les personnes, a détaillé Gérald Darmanin.

Fabrice Pannekoucke, président (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, estime les dégâts causés dans sa région à 30 millions d'euros. Invité de franceinfo, il veut lui aussi faire payer les "fauteurs". Il cite l'exemple du lycée Honoré-d'Urfé à Saint-Étienne, où "on vient de mettre 55 millions d'euros de rénovation". "Chaque euro de dégâts" doit devenir "un euro de pénalisation qui arrive derrière", plaide-t-il, "le contribuable ne peut pas être appelé sur des événements comme ceux-là".

Le ministre de l'Éducation reçoit les associations lycéennes, de parents d'élèves et syndicats enseignants

Face à cette situation, il a annoncé que le gouvernement renonçait à faire payer des frais d'inscription en BTS ou en classe prépa, mesure inscrite dans le projet de budget 2027 présenté le matin même et fustigée par la gauche et plusieurs syndicats. "Le gouvernement provoque la jeunesse étudiante", avait notamment réagi sur X le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle, après l'annonce de ce projet.

Edouard Geffray a aussi annoncé qu'il recevrait vendredi les organisations syndicales représentatives des personnels, les associations de parents d'élèves, les associations lycéennes et les élus du Conseil national de la vie lycéenne. Son "objectif", a-t-il précisé sur X : "faire de ces échanges des avancées concrètes au service des élèves, des personnels et de l'École".

L'Union étudiante dénonce un "écran de fumée" après les annonces du ministre

Sur France Inter, l'Union étudiante dénonce un "écran de fumée" après les annonces du ministre de l'Éducation nationale, notamment l'ouverture d'une "plateforme de concertation", alors que le mouvement lycée s'amplifie et s'élargit aux étudiants. Pour Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union étudiante cette plateforme "vise à faire taire le mouvement. Nous, ce qu'on dit, c'est que la mobilisation est légitime."

Sabrine Kharbach affirme que la mobilisation annoncée mardi 6 octobre "aura lieu quoi qu'il arrive" et ce malgré la rencontre prévue ce vendredi avec le ministre de l'Éducation nationale.

"Une quarantaine" d'universités concernées jeudi

Invité de franceinfoTV ce vendredi matin, Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, indique que jeudi, une "quarantaine" d'universités ont connu une mobilisation étudiante. Il précise qu'il n'y a eu "quasiment aucune violence". "Être jeune, avoir des revendications, avoir des choses à dire sur l'état de la jeunesse, c'est légitime et c'est à nous aussi de l'écouter", estime le ministre, "mais ça doit se faire sans violence".

Philippe Baptiste annonce qu'il va rencontrer ce vendredi et la semaine prochaine certaines représentations étudiantes. "Il faut qu'il y ait un dialogue", car "il y a un sujet autour de la jeunesse en général", note-t-il.

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