Bras de fer relancé autour des Malouines : affaibli, 'Javier Milei veut jouer sur la corde sensible des Argentins' - RTBF Actus

Bras de fer relancé autour des Malouines : affaibli, 'Javier Milei veut jouer sur la corde sensible des Argentins' - RTBF Actus

Il faut dire que, comme il l’a mentionné, "des vents favorables" à l’Argentine se sont levés avec Donald Trump, partisan de Milei. "Le président américain a récemment menacé de changer sa position de neutralité sur les îles Malouines si le Royaume-Uni n’augmente pas ses dépenses en matière d’armement car Trump considère qu’ils ne font pas assez au sein de l’Otan", souligne Sébastian Santander. "Milei a lu entre les lignes que Trump était prêt à appuyer leur revendication. Il s’est senti pousser des ailes pour ensuite menacer de sanctions ces compagnies pétrolières."

Ce n’est pas non plus un hasard si Javier Milei essaie de saisir la balle au bond. "En interne, la position du gouvernement Milei en Argentine est très mal au point", explique le directeur du Center for International Relations Studies à l’ULiege. "Ça va mal dans les sondages et la popularité du gouvernement est en baisse. Notamment parce qu’il a mis en place des politiques d’austérité. Il a réduit les allocations sociales, les prix ont commencé à augmenter et la population est mécontente." Dans ce contexte, ajoute-t-il, "Javier Milei veut jouer sur la corde sensible car elle rapproche tout le monde dans le pays".

Une population implantée sur un territoire usurpé

Et les quelque 3500 habitants de l’archipel dans tout ça ? En 2013, ils se sont prononcés à 99,8% pour rester dans le giron britannique. Mais Javier Milei, lui, dénonce une "population implantée sur un territoire usurpé" et considère qu’ils "n’ont pas un droit légitime à l’autodétermination". Car la population sur les Malouines a été importée par le Royaume-Uni dès la fin du 18e dans une stratégie coloniale de "peuplement", sur ce territoire où n’habitait donc pas de population autochtone. "Cela crée une sorte d’allégeance", souligne Sébastian Santander.

"Ce sont deux arguments juridiques qui s’opposent", continue-t-il, "l’argument de l’intégrité territoriale de l’Argentine contre l’argument de l’autodétermination du peuple défendu par le Royaume-Uni. Les deux peuvent se valoir sur un plan juridique".