En Amazonie, les indigènes votent Lula et s’inquiètent d’El Niño
20 Minutes avec AFP
Publié le 04/10/2026 à 22h19 • Mis à jour le 04/10/2026 à 22h19
Les votes sont clos pour ce premier tour de l’élection présidentielle au Brésil. Et Lula peut compter sur un large soutien de la communauté indigène. « C’est important de choisir un candidat qui défend la nature » : Waldemir da Silva, chef de la communauté indigène Três Unidos, en Amazonie.
Situé au bord du Rio Negro, un affluent de l’Amazone, son village de 120 habitants, du peuple Kambeba, a fortement souffert ces derniers temps de la fumée des incendies de forêt. Et il craint que la situation ne s’aggrave avec le phénomène El Niño, qui s’annonce particulièrement sévère cette année au Brésil.
« Les incendies nuisent à la qualité de l’air. Les enfants et les personnes âgées sont en danger de mort, plusieurs habitants ont souffert de toux ou de troubles de la vue », raconte le leader communautaire de 67 ans à l’AFP.
En 2023, Lula a créé un ministère des Peuples indigènes
Tatiane Costa, 38 ans, s’inquiète pour sa fille, qui fait ses études à Manaus, plus grande métropole amazonienne, recouverte d’un épais nuage de fumée il y a quelques jours. « Elle m’a appelé pour me dire qu’elle voulait rentrer au village car elle a inhalé beaucoup de fumée », dit-elle, arborant un long collier rouge fait de graines.
Dimanche, pour voter, les habitants de la communauté Três Unidos ont dû aller en canots à moteur jusqu’à la localité voisine, un trajet de dix minutes. Sur le trajet, plusieurs d’entre eux ont fait le signe du « L » de la main pour marquer leur soutien au président sortant, Luiz Inacio Lula da Silva.
Le leader de gauche bénéficie d’un large soutien des peuples autochtones. Au début de son troisième mandat, en 2023, il a créé un ministère des Peuples indigènes. Il a également repris les homologations de réserves autochtones, interrompues sous la présidence de Jair Bolsonaro (2019-2022). Et obtenu une chute drastique de la déforestation, qui avait bondi sous son prédécesseur d’extrême droite.
La famille Bolsonaro « est une menace pour moi et ma famille »
Ce dernier est le père de son principal rival au scrutin de dimanche, le sénateur Flavio Bolsonaro. La famille Bolsonaro « est une menace pour moi et ma famille », affirme Tatiane Costa. « Nous, peuples autochtones, souffrons beaucoup des impacts environnementaux », ajoute Tainara da Costa Cruz, jeune femme de 22 ans au visage orné de peintures rituelles. Elle a voté Lula car il « défend notre territoire et la nature ».
Des images filmées vendredi montrent une grande étendue de forêt dévastée par un incendie à Iranduba, commune voisine de Manaus. Vues du ciel, les fumées portées par le vent masquent les grandes étendues de végétation vert émeraude, lacérées par les flammes. Selon les données recueillies par les satellites de l’Institut national de recherches spatiales (Inpe), un organisme public, l’Etat d’Amazonas, dont Manaus est la capitale, a été frappé par 3.726 foyers d’incendie en septembre. C’est près de quatre fois plus qu’en septembre 2025.
En 2024, El Niño avait déjà causé une sécheresse favorisant des feux de forêt exceptionnels au Brésil. Le gouvernement brésilien a annoncé fin juillet avoir débloqué 1,3 milliard de réais (environ 330 millions d’euros) pour la prévention face à ce phénomène climatique. « Le Brésil ne s’est jamais autant préparé pour affronter El Niño », a déclaré Lula début septembre, tout en reconnaissant que « nous ne savons pas encore quelle sera son ampleur ».