Budget wallon : le gouvernement 'fait des économies sur les aînés d’aujourd’hui et de demain', déplore la Fédération des maisons de repos privées - RTBF Actus

Budget wallon : le gouvernement 'fait des économies sur les aînés d’aujourd’hui et de demain', déplore la Fédération des maisons de repos privées - RTBF Actus

Le gouvernement wallon a son budget. Présenté en début de semaine, l’objectif annoncé est de dire adieu au déficit de plus de deux milliards d’euros de la Région wallonne et de retrouver l’équilibre budgétaire en trois ans. Pour y arriver, des mesures d’économie sont annoncées. Le taux d’indexation de financement public des maisons de repos sera notamment raboté de 2%.

"C’est vraiment une attaque frontale contre le secteur, ça c’est clair", réagit, dans Matin Première, Thierry Gilson de la Fédération des maisons de repos privées (Fermabel). "Le gouvernement a posé un choix politique, très clair, très assumé et sans ambiguïté. Il décide de faire les économies sur les aînés d’aujourd’hui et sur les aînés de demain", ajoute-t-il.

11 millions ? 50 millions ? 150 millions d’euros d’économie ?

Dans son budget, le gouvernement wallon évoque le chiffre de 11 millions d’euros d’économie en 2027.

"On n’est pas tout à fait d’accord avec le gouvernement", précise rapidement Thierry Gilson. "Avec mes homologues des autres fédérations, on arrive à d’autres chiffres. On arrive à 25 millions pour l’année prochaine, ensuite on sera à 50 millions en 2028, et enfin 75 millions en 2029. Donc, ça ferait un total de 150 millions", continue le secrétaire général de la Fermabel.

Une différence dans les chiffres qui étonne Thierry Gilson qui dit "attendre des éléments de clarification".

La Wallonie compte actuellement 550 maisons de repos. "Pour une maison de 100 lits, on parle d’une économie qui devrait tourner autour de 180.000 euros", conclut Thierry Gilson à propos des chiffres.

Jusqu’à 135 euros en plus par mois par résident ?

"On nous rabote des moyens. Donc, on doit faire des économies", constate le secrétaire général de Fermabel

Des économies qui pourraient ne pas être sans conséquence pour les résidents des maisons de repos. "Ce n’est pas notre souhait car on veut préserver l’accessibilité des résidents, mais on devra malheureusement augmenter et imputer ça sur le tarif", déplore Thierry Gilson.

Ce n’est pas notre souhait car on veut préserver l’accessibilité des résidents, mais on devra malheureusement augmenter et imputer ça sur le tarif.

Thierry Gilson, Fermabel

Mais, concrètement, de quelle augmentation possible parle-t-on ?

"Si on neutralise la mesure budgétaire en termes d’augmentation de coûts pour le résident, on parlerait d’une quarantaine d’euros par mois l’année prochaine, plus ou moins 90 euros l’année d’après, et jusqu’à 135 euros en 2029. Je parle d’une situation agrégée, moyenne […], et si on impute 100% de l’effort sur les résidents, ça se traduirait par ces effets-là", précise-t-il.

Des licenciements et des fermetures ?

Afin de pallier ces économies imposées par le gouvernement wallon, le responsable de Fermabel entrevoit "deux autres mesures qui sont tout aussi négatives".

Et Thierry Gilson de les détailler : "Ça pourrait se traduire par des effets sur les travailleurs malheureusement, et donc potentiellement des licenciements. Et si on envisage encore le scénario du pire, ça pourrait être des fermetures, dans un paysage où on est déjà à un taux d’occupation proche de 100% et où on peut dire qu’il y a presque une pénurie d’offres."

Ça pourrait se traduire par des effets sur les travailleurs malheureusement, et donc potentiellement des licenciements.

Thierry Gilson, Fermabel

Le secrétaire général de la Fédération des maisons de repos privées refuse par contre d’envisager, comme conséquence de ces économies, une dégradation des soins accordés aux résidents : "La qualité, c’est la priorité des priorités pour nous."