« C’est aujourd’hui un sujet prioritaire » : La maire présente son plan pour doper le vélo à Hyères

« C’est aujourd’hui un sujet prioritaire » : La maire présente son plan pour doper le vélo à Hyères

Les amateurs de cuissards moulants connaissent par cœur la piste cyclable du littoral et les vététistes se régalent sur les chemins qui serpentent dans les collines mais en ville, avouons-le malgré son doux climat et son relief relativement apaisé, la cité des palmiers n’est pas à la pointe des communes où on « vélotafe ».

Le néologisme (qui signifie réaliser ses parcours domicile-travail à vélo) ne figure pas encore dans les dictionnaires mais est pourtant de plus en plus employé au niveau national. Parce qu’elle aimerait bien être prête pour l’arrivée probable du nouveau verbe dans les pages du Petit Robert et du Larousse, l’équipe de Véronique Bernardini lance son « plan vélo ».

« C’est un engagement qu’on a pris pendant la campagne et c’est aujourd’hui un sujet prioritaire », affiche la maire. « Nous l’inscrivons dans le plan de mobilité de TPM, complète Grégory Audibert, son premier adjoint et vice-président de la Métropole en charge des transports. En 2022, les mobilités actives représentent 2,5 % des déplacements. Nous visons 8 % en 2035 ».

Une nouvelle piste en chantier

Pour que Hyères ne décroche pas du peloton, Véronique Bernardini lance un premier chantier d’envergure : la création d’une piste cyclable le long de l’avenue Geoffroy Saint-Hilaire. « On se demande même comment il est possible que ça n’ait pas été fait avant alors que ça tombe sous le sens », s’étonne la maire en observant la largeur de la voie. Objectif affiché : faciliter la liaison entre le bas du centre-ville et l’ensemble Espace 3 000/ quartier de la Gare. Le futur pôle multimodal est aussi dans le viseur. « C’est un axe stratégique qui permet aussi de rejoindre le réseau qui part vers le port et les plages ».

D’ici quelques années, la rénovation du grand parking de la gare pourrait donner un nouveau visage au quartier (image d’illustration)

Le chantier (estimé à 3,5 millions d’euros) doit débuter début 2027 et les premiers tours de roues sur un axe bidirectionnel long d’un kilomètre (à l’est de la chaussée) sont attendus début 2028.

Les habitants invités à donner leur avis

Au-delà de cet aménagement, la municipalité annonce vouloir dessiner « un réseau cohérent à l’échelle de la ville ». Pour en déterminer les priorités elle dit avoir déjà rencontré les représentants associatifs mais veut poursuivre en donnant la parole à tous les usagers… ou ceux qui aimeraient bien se mettre à pédaler au quotidien mais n’osent pas parce qu’ils ne se sentent pas en sécurité ou rencontrent des difficultés pratiques. Pour mieux comprendre les besoins, les blocages ou les points à améliorer, la collectivité a décidé de lancer une consultation en ligne.

Un questionnaire qui doit permettre aux habitants de faire connaître leurs pratiques et leurs attentes. « Les déplacements domicile-travail, les trajets scolaires, notamment ceux des collégiens, ou encore les besoins de stationnement sécurisé des vélos figurent parmi les sujets à examiner », précise Véronique Bernardini.

« Au niveau métropolitain, nous travaillons sur un projet de vélo en libre-service dans toutes les communes de TPM, il est essentiel évidemment que Hyères s’inscrive aussi dans cette logique encouragée par la présidente de la Métropole, rappelle Grégory Audibert. De mi-novembre à mi-décembre, TPM lance d’ailleurs à son échelle une enquête publique sur son plan de mobilité. »

Du nouveau pour la liaison Salins-Mauvanne ?

Même si c’est un peu éloigné de la problématique de déplacements urbains, impossible de parler d’un « plan vélo » à Hyères sans évoquer le point noir de la piste cyclable du littoral : les quelque 1 500 mètres pour lesquels les cyclistes doivent se frotter aux voitures sur la RD 12, entre les Salins et la piste qui file vers La Londe.

Un dossier dont on parle depuis des années. « On est dessus et on avance vraiment bien », promet Véronique Bernardini. « On a des infos intéressantes qui sont tombées, il faut qu’on se les fasse confirmer. On est en train de travailler sur un projet qui pourrait ne pas être aussi linéaire que ce qu’on peut penser… mais qui du coup serait plus vertueux. Il faut qu’on discute encore pour sortir parfois de certains dogmes et faire admettre qu’un vélo peut passer […] On constate qu’on a une vision de l’État qui évolue. On reçoit maintenant une écoute attentive de la DDTM (direction départementale des territoires et de la mer) ou d’acteurs qui pouvaient parfois jusqu’alors être très bloquants. »

Même espoir, dans un autre secteur de la commune, de voir la liaison cyclable entre la Capte et la Tour fondue devenir une réalité dans les prochaines années.