"C'est beaucoup d'émotion..." : à 86 ans, Jean-Claude Andruet retrouve le Critérium des Cévennes au volant d'une PGO made in Gard

"C'est beaucoup d'émotion..." : à 86 ans, Jean-Claude Andruet retrouve le Critérium des Cévennes au volant d'une PGO made in Gard

À 86 ans, Jean-Claude Andruet, légende du rallye et quadruple vainqueur du Critérium des Cévennes, reprend le volant pour ouvrir l’épreuve. Une parenthèse chargée d’émotion, aux côtés de Françoise Conconi, et un joli coup de projecteur sur PGO Automobiles, constructeur gardois.

À 86 ans, il n’a pas dit son dernier mot. Le champion Jean-Claude Andruet retrouvera les routes du Critérium des Cévennes au volant d’une PGO et en compagnie de Françoise Conconi, ancienne copilote de Michèle Mouton. Toutefois pas question ici de jouer le classement : le champion sera ouvreur, "chargé d’annoncer les concurrents, un rôle important", confirme Paul Tarradas, responsable méthode chez PGO. 

Pas de classement à aller chercher cette fois-ci pour Jean-Claude Andruet, mais le plaisir intact de retrouver l’ambiance du Critérium des Cévennes.
Pas de classement à aller chercher cette fois-ci pour Jean-Claude Andruet, mais le plaisir intact de retrouver l’ambiance du Critérium des Cévennes. MIDI LIBRE - ALEXANDRE MANIEZ

"C'est beaucoup d'émotion de revenir sur les victoires que j'ai pu porter ici", confie le quadruple vainqueur du Critérium. Et de résumer ce qui le pousse encore à reprendre le volant. "Tant que je cours, je reste jeune. Je suis heureux de pouvoir continuer à le faire. Courir, c'est quelque chose qui ressemble à du bonheur. Et dans les Cévennes, je suis recordman et que des grandes épreuves..."

À 86 ans, Jean-Claude Andruet n’a rien perdu de sa passion pour la compétition.
À 86 ans, Jean-Claude Andruet n’a rien perdu de sa passion pour la compétition. MIDI LIBRE - ALEXANDRE MANIEZ

Alors ce retour a forcément une saveur particulière. Jean-Claude Andruet n’a pas oublié les routes cévenoles, ni les spectateurs massés.

Jean-Claude Andruet et Françoise Conconi feront équipe pour ouvrir les spéciales. Ici en compagnie d'Imen Ben Abdennebi, PDG de PGO Automobile
Jean-Claude Andruet et Françoise Conconi feront équipe pour ouvrir les spéciales. Ici en compagnie d'Imen Ben Abdennebi, PDG de PGO Automobile MIDI LIBRE - ALEXANDRE MANIEZ

Lors de sa dernière victoire, il se souvient avoir disposé de plusieurs minutes d’avance. De quoi s’offrir une liberté rare : s’arrêter au milieu de la foule, au lieu de filer vers l’arrivée. "Il y avait une grappe humaine, comme un essaim, qui touchait la voiture. Personne ne disait un mot. J’en pleurais. J’avais les larmes aux yeux. C’était d’une émotion incroyable", raconte-t-il. Une scène qui en dit long sur le lien entre le pilote et un public qu’il décrit comme "merveilleux".

Chez PGO, la voiture se construit encore à la main

Cette parenthèse sportive met aussi en lumière PGO Automobiles, installé à Saint-Christol-lez-Alès. "Et c'est grâce à un ami commun", résume malicieusement Imen Ben Abdennebi, sa PDG. "C’est une fierté et une belle vitrine pour nos véhicules." Une visibilité qui ne peut que profiter au petit constructeur gardois attaché aux gestes précis et à la technique assurée. 

Les belles automobiles attendent sagement de venir rencontrer leurs futurs conducteurs.
Les belles automobiles attendent sagement de venir rencontrer leurs futurs conducteurs. MIDI LIBRE - ALEXANDRE MANIEZ

Car dans ses ateliers, les voitures prennent forme à la main, loin des chaînes robotisées des grands constructeurs. L’entreprise gardoise y emploie 28 salariés et produit entre 20 et 30 véhicules par an. "C’est vraiment important : le fait-main, l’artisanat", insiste Rafi Meltonian, responsable des achats, des approvisionnements et de la logistique. Les pièces de carrosseries en fibre de verre sont fabriquées sur place, tandis que 75 à 80 % des sous-traitants sont français.

À Saint-Christol-lez-Alès, les voitures PGO prennent forme à la main. Ici, le savoir-faire artisanal reste au cœur de la fabrication.
À Saint-Christol-lez-Alès, les voitures PGO prennent forme à la main. Ici, le savoir-faire artisanal reste au cœur de la fabrication. MIDI LIBRE - ALEXANDRE MANIEZ
Pas de chaîne robotisée chez PGO : les voitures sont assemblées à la main, dans une usine où le geste humain garde toute sa place.
Pas de chaîne robotisée chez PGO : les voitures sont assemblées à la main, dans une usine où le geste humain garde toute sa place. MIDI LIBRE - ALEXANDRE MANIEZ
Entre 180 et 200 heures de travail sont nécessaires pour assembler une voiture PGO. Un temps long, à l’image d’une production artisanale.
Entre 180 et 200 heures de travail sont nécessaires pour assembler une voiture PGO. Un temps long, à l’image d’une production artisanale. MIDI LIBRE - ALEXANDRE MANIEZ

Les modèles, au style rétro assumé, affichent des prix compris entre 55 000 et 65 000 euros TTC, pour un délai annoncé de quatre à cinq mois. Une production de niche, revendiquée à taille humaine, qui profitera aussi de la visibilité du Critérium. Et avec Jean-Claude Andruet au volant, le rallye n’a décidément pas fini de faire parler de lui.