"C’est elle qui s’est fait ça" : expulsé du box en pleine audience, il est condamné à deux ans de prison pour violences conjugales à Nîmes
Le tribunal correctionnel de Nîmes a condamné vendredi 14 août un homme de 33 ans à deux ans de prison ferme pour violences conjugales. Malgré ses dénégations, le prévenu a été reconnu coupable d’avoir agressé sa compagne le 10 août. Il est interdit de contact avec la victime et de se rendre à son domicile.
Le visage tuméfié et un tee-shirt ensanglanté dans les mains. Ce vendredi 14 août, le tribunal correctionnel de Nîmes a jugé une énième affaire de violences conjugales. Dans le box des prévenus, un homme âgé de 33 ans, qui n’arrive pas à se contenir. Lors de l’audience présidée par Jérôme Reynes, le prévenu est, en effet, intervenu à plusieurs reprises, de manière intempestive, pour contester le résumé fait par le magistrat. Car il l’assure : il n’est pas responsable des marques encore visibles sur le visage de sa compagne.
"C’est elle qui est violente"
"C’est elle qui s’est fait ça, je l’ai juste bousculé mais c’est parce que c’est elle qui est violente", clame-t-il à l’intention du tribunal. Pourtant, la plaignante, présente lors de l’audience, livre une tout autre version. Évoquant une relation toxique, empreinte de violences psychologiques et verbales, la situation aurait franchi un point de non-retour le 10 août dernier. Son compagnon se serait présenté chez elle "pour en découdre". Le motif du désaccord ? Un avortement qu’il n’aurait visiblement pas accepté. "Vous, vous expliquez que vu son comportement, vous ne vous voyez pas avoir cet enfant avec lui", tente d’éclaircir le président. La plaignante acquiesce.
Ce soir-là, les choses auraient rapidement dégénéré avec une pluie de coups de pied et de poings au visage et sur l’ensemble du corps. "Des hématomes à la paupière, derrière l’oreille droite, non loin du tympan, des dermabrasions aux membres inférieurs et supérieurs… Elle a vécu un véritable déferlement de violence", synthétise Frédéric Kocher, le procureur. Mais le prévenu conteste formellement et le fait savoir en coupant la parole à chacun. "Vous prendrez la parole quand je vous le dirai", recadre alors le président. Mais le trentenaire s’obstine. Il continue de vouloir livrer sa version, celle d’un homme qui a agi dans le cadre d’une légitime défense. "Elle s’est jetée elle-même les objets dessus", répète-t-il. L’intervention de trop pour le président, qui demande aux escortes policières de l’extraire du box pour le reste de l’audience.
Des violences réciproques plaidées par la défense
"Je n’aurai pas pu m’infliger ces blessures toute seule", martèle, de son côté, la jeune femme. Pour attester de la violence de la scène, elle montre à l’attention du tribunal le tee-shirt qu’elle portait le soir des faits : un vêtement immaculé de sang. "J’avais les lèvres éclatées", poursuit-elle.
Pour le procureur, la culpabilité du prévenu ne fait aucun doute. "Il revient pour la deuxième fois pour des faits de violences", détaille-t-il, évoquant une précédente condamnation pour violences sur ascendant pour laquelle il a écopé d’un sursis probatoire. "Un sursis qui a été prorogé, ce qui signifie qu’il ne l’a pas respecté", ajoute-t-il. Il requiert deux ans ferme avec maintien en détention. Une peine accompagnée d’une interdiction de contact avec la victime et de se rendre à son domicile.
Une précédente condamnation nuancée par Me Laurence Aguilar, en défense. "On parle d’une fessée", précise-t-elle. Et dénonce, dans le cadre de cette affaire, une enquête à charge contre son client. "Il a, lui aussi, un certificat médical qui atteste qu’il a été blessé, soulève-t-elle. Pourquoi croire Madame à tout prix ? !" Elle déplore enfin qu’aucune investigation n’ait été menée auprès du voisinage et des témoins de la scène, ce qui aurait permis d’établir, avec certitude, le déroulé des faits. "Vous devez le condamner, c’est certain, mais pour la bousculade seulement", plaide-t-elle.
Le trentenaire est finalement condamné selon les réquisitions du procureur, soit une peine de deux ans d’emprisonnement avec maintien en détention. Il a également l’interdiction de rentrer en contact avec la victime ou de se rendre chez elle. L’homme a donc été reconduit en prison pour purger sa peine, sans un mot cette fois.