« C’est étrange, mais j’avais besoin de venir me recueillir sur sa tombe » : au cimetière du Grand Jas à Cannes, les anonymes affluent rendre hommage à Philippe Bouvard

« C’est étrange, mais j’avais besoin de venir me recueillir sur sa tombe » : au cimetière du Grand Jas à Cannes, les anonymes affluent rendre hommage à Philippe Bouvard

« Philippe Bouvard, c’était notre époque, un autre monde. » Deux jours après l’inhumation du célèbre journaliste, décédé le 24 août dernier, les hommages continuent d’affluer au cimetière du Grand Jas, à Cannes, où il repose désormais.

En ce mercredi 2 septembre 2026, les nombreuses gerbes de fleurs envoyées par Paris Match, l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy ou encore Le Figaro ornent la modeste tombe de l’ancien animateur des Grosses Têtes et de sa famille. Chaque jour, des anonymes s’y recueillent pour rendre un dernier hommage à cette grande figure du journalisme français.

C’est le cas d’Annick et Gilles, originaires de Nantes et en vacances dans la région. Il est environ 11 heures, lorsque le couple franchit les grilles du cimetière cannois, malgré la chaleur déjà bien installée. Quelques minutes plus tard, ils se retrouvent devant la sépulture. « Nous sommes un peu plus jeunes que lui et, pour ma part, je l’écoutais lorsque j’étais au travail, témoigne Gilles. C’était quelqu’un de costaud, qui avait créé son propre monde. Il était apprécié. »

Déjà présents devant l’église Notre-Dame-de-Bon-Voyage lors des obsèques, le lundi 31 août, les deux Ligériens tenaient à lui dire une dernière fois au revoir. « L’arrivée du cercueil à l’église était émouvante, se souvient Annick. Au regard de sa vie et de toutes les personnes qui le connaissaient, nous ne sommes pas surpris de voir autant d’hommages sur sa tombe. Finalement, c’était un monsieur Tout-le-monde, quelqu’un qui paraissait accessible. »

« Avec mes parents, nous l’écoutions beaucoup »

Charlotte partage ce sentiment. Il est presque midi lorsque cette dame d’une cinquantaine d’années, un bouquet de fleurs à la main, arrive au Grand Jas. « C’est par là, la tombe de Philippe Bouvard ? », demande-t-elle. Plus d’une semaine après l’annonce de sa disparition, elle peine encore à réaliser. « Même si je ne suis pas si âgée que ça, il m’a accompagnée longtemps, confie-t-elle. Avec mes parents, nous l’écoutions beaucoup. J’avais eu l’occasion de le rencontrer et il n’avait pas hésité à prendre quelques minutes pour discuter avec moi, alors qu’il devait être très occupé. Son départ, c’est comme si une partie de mes souvenirs s’éteignait. C’est étrange, mais j’avais besoin de venir me recueillir sur sa tombe. »

Comme Charlotte, Annick et Gilles, les visiteurs se relaient tout au long de la journée. Avec la volonté de rendre hommage à une voix familière, qui a accompagné plusieurs générations de Français.