"C’est honteux, ça devient du racket" : exaspérés face à la hausse des prix du carburant, des Français filent en Andorre pour faire le plein d’économies

"C’est honteux, ça devient du racket" : exaspérés face à la hausse des prix du carburant, des Français filent en Andorre pour faire le plein d’économies

l'essentiel Les Français grognent face à la hausse des prix du carburant. Situés à proximité de l'Andorre, où le litre de gasoil est 70 centimes moins cher, de nombreux Ariégeois décident de se rendre exprès en principauté pour réaliser des économies non négligeables. La Dépêche du Midi est allée à leur rencontre.

"Ici, ce n'est pas les vacances. On est à 90 kilomètres de la maison, on vient pour les économies", lance Marc, un retraité venu de Lavelanet, au moment de se servir à la pompe d'une station du port d'Envalira. Comme beaucoup, cet Ariégeois en profite pour faire le plein - en plus de renflouer son stock de cigarettes au Pas de la Case -, et remplir un jerrican en guise de provisions. Le retraité ne se déplace pas en principauté pour le plaisir de voyager, mais plutôt par nécessité de faire des économies. 

Car en Andorre, le prix du carburant est bien plus avantageux qu'en France : 1,66 euro le litre de gasoil en principauté, contre 2,4 en France. Il est donc possible d'économiser une quarantaine d'euros sur un plein de 60 litres. Une somme loin d'être négligeable, surtout pour les automobilistes du quotidien. Coraline en est l'exemple type. Cette Appaméenne est assistante de vie et doit faire le plein à trois reprises chaque mois. Pour limiter les frais, elle a décidé de se rendre en Andorre après en avoir calculé les bénéfices.

"Honte à la France de nous faire payer si cher"

À la station Total, elle débourse 83 euros pour 50 litres de gasoil, soit environ 37 euros de moins qu'en France. "Je n’ai jamais 37 euros entre Pamiers et le Pas de la Case, lance Coraline. Honte à la France de nous faire payer le carburant si cher. L’État se fout de notre gueule, il se gave, ne veut pas réduire ses taxes et c’est à notre détriment." Après quelques courses dans un commerce de la principauté, elle bénéficie en plus de 5 % de réduction. La bonne affaire.

Entre la station Gasopas du Pas de la Case - "la plus grande d'Europe avec 42 pompes" d'après son responsable - et les stations situées plus haut, au sommet du Port d'Envalira, la grande majorité des automobilistes rencontrés sont français. Si certains sont en vacances ou de passage dans les environs, beaucoup sont venus d'Ariège exprès pour le carburant. 

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"Il faut que l'État fasse quelque chose, sinon ça va mal finir"

"Il y a des gens qui habitent à Ax-les-Thermes et viennent deux à trois fois par semaine. Les Toulousains viennent plutôt le week-end. Ils nous disent qu’en France, c’est de la folie et que c’est trop cher", soutient Hamza, l'employé d'une station-service du Pas de la Case. 

Quelques mètres plus loin, David, un commercial originaire de Lavelanet, profite d'un déplacement dans le coin pour s'arrêter en principauté. S'il se réjouit de faire le plein à un tarif avantageux de nos jours, il conserve néanmoins une certaine amertume vis-à-vis de la situation de l'autre côté de la frontière. "En France, on nous assassine. C'est honteux, ça devient du racket. Il faut que l'État fasse quelque chose, sinon ça va mal finir", prévient l'Ariégeois. 

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Des restrictions au quotidien

Cette hausse des prix du carburant creuse un trou dans le porte-monnaie des Français et les force à quelques restrictions au quotidien. "On fait attention, on va moins au restaurant par exemple", regrette David, démuni et exaspéré.

"Le gouvernement aurait pu faire des efforts pour limiter les taxes depuis qu’on est confronté à de telles augmentations. On aimerait utiliser notre argent autrement. Je préférerais aider mes enfants mais je ne suis pas à plaindre", souffle de son côté Gérard. Ce retraité, venu de Sigert, venait de dépenser 155 euros pour remplir son réservoir de 80 litres et un jerrican. "En économie, ma voiture consomme 7 litres (aux 100 kilomètres). Elle est vieille mais je n'ai pas les moyens de la changer", sourit-il.