C'est l'une des activités les plus populaires entre amis et pourtant, elle ne fait pas l'unanimité: "Cela peut être extrêmement gênant"

C'est l'une des activités les plus populaires entre amis et pourtant, elle ne fait pas l'unanimité: "Cela peut être extrêmement gênant"

C'est un grand classique des soirées: le karaoké du jeudi soir avec des collègues, ou un "Karafun" improvisé sur une télévision en soirée avec des amis. Nombreux sont ceux qui sont mordus de cette activité. Chanter en public ou avec un groupe restreint ne leur fait pas peur, et ce concept reste toujours autant populaire.

Pourtant, le karaoké a pendant longtemps été jugé ringard. Et encore aujourd'hui, si certains sont de vrais fans quand il s'agit de pousser la chansonnette, d'autres préfèrent éviter ce genre de soirée.

Voici les principaux sujets de discussion à éviter au travail : "Un collègue n'est pas un psy"

De ringard à populaire

Le Monde explique que le karaoké est né au Japon dans les années 70. Ce terme signifie "orchestre vide" en japonais. Avant d'arriver en France dans les années 90, cette activité est d'abord passée par l'Asie et les États-Unis. "Pratiqué dans des bars sans prétention et popularisé par des émissions télévisées, le concept est vite jugé ringard. Il se révèle dix ans plus tard, grâce à des séquences mythiques au cinéma", révèle le quotidien.

Dans les années 2000, certains bars parisiens se prêtent au jeu et proposent des soirées karaoké. Ce concept connaît alors un véritable succès. Le quotidien français ajoute qu'à l'échelle mondiale, "le secteur du karaoké a atteint 4,9 milliards d'euros en 2023 (plus de la moitié générée par le Japon), avec un taux de croissance annuel de 2,5 %", selon des données reprises par la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM).

Karaoke ringard ?
Le karaoké est très populaire, mais il ne fait pas l'unanimité. ©Copyright (c) 2021 Drazen Zigic/Shutterstock. No use without permission.
"Je me sentais coupable de ne pas être à la hauteur de ses efforts" : le "wellness gap" brise des relations

Une tendance aussi présente en Belgique

En Belgique, la tendance est également présente. De nombreux établissements sont consacrés aux karaokés, que ce soit dans des box à réserver par groupe, ou simplement devant les écrans de télévision grâce au service de streaming Karafun, présent sur YouTube.

Pour certains organisateurs de soirée karaoké, ce concept permet de rassembler des personnes qui ne se seraient jamais côtoyées, afin de partager un moment ensemble, sans aucune assurance de chanter correctement.

Victoria, 25 ans, confie, à La Libre, que le karaoké a toujours été un moment convivial pour elle. Ses premiers souvenirs où elle prend le micro datent de son enfance, avec ses sœurs. "Une de nos activités préférées était de jouer à Singstar sur notre PlayStation 2. On devait bien avoir 7 variantes du jeu, avec des catalogues musicaux différents : de Disney aux Hits Pop en passant par ABBA. C'est vraiment comme ça que j'ai commencé à aimer le karaoké", explique-t-elle.

Le monde de la nuit est en crise à Bruxelles : "Je vois difficilement comment on va survivre"

Pour la jeune femme, le karaoké est considéré comme une activité communautaire puisqu'il n'y a "pas vraiment de plaisir à en faire un tout seul". "La musique a toujours eu cette capacité à réunir les gens, que ce soit dans une salle de concert, dans un stade de foot ou simplement dans une voiture. Chanter en chœur fait du bien et crée des moments à la fois drôles et conviviaux", témoigne Victoria.

La Brainoise préfère toutefois les soirées karaoké en petit comité chez des proches que dans un établissement. "En fonction du groupe avec lequel tu es, cela peut rendre l'expérience beaucoup plus stressante qu'agréable dans un bar. Les endroits spécialement prévus pour les karaokés demandent souvent un prix assez exagéré pour ce que c'est. Il est donc plus difficile de convaincre ton groupe d'amis d'y consacrer une somme importante, surtout si certains ne sont pas des mordus de karaoké", souligne-t-elle.

Le record de Mariah Carey avec son "All I Want for Christmas" battu par une artiste méconnue chez nous: "C'est fou, c'est dingue"

Un moment de gêne pour d'autres

Tous les membres de la génération Z ne sont toutefois pas du même avis. Pour Zoé, 25 ans, un karaoké impose une ambiance qui ne plaît pas à tout le monde. "Dans un groupe, il y a toujours des personnes plus à l'aise et d'autres plus introverties. C'est une activité qui oblige tout le monde à se mettre en avant donc cela peut mettre mal à l'aise certains", observe-t-elle.

"Je trouve que cette activité peut être extrêmement gênante quand tu es avec des gens que tu ne connais pas. Tu as aussi une forme de pression où tout le monde est obligé d'aller chanter, tu ne peux pas rester dans ton coin", évoque Zoé. "C'est hyper bruyant, toute la soirée tourne autour de ça donc tu n'as pas le temps de sociabiliser à côté, tu regardes les autres qui chantent. Tu ne peux pas faire autre chose à côté", explique-t-elle. Ce concept de soirée lui paraît alors très long, et la redondance des mêmes musiques qui passent en boucle peut être "assez lourde", juge-t-elle.

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.