C'est officiel, une partie de l'ensemble ecclésial Saint-Georges à Marloie est classée : "Protéger un témoin remarquable de la reconstruction et une architecture audacieuse"

C'est officiel, une partie de l'ensemble ecclésial Saint-Georges à Marloie est classée : "Protéger un témoin remarquable de la reconstruction et une architecture audacieuse"

C'est désormais officiel ! La ministre wallonne du Patrimoine, Valérie Lescrenier, a signé l'arrêté de classement d'une partie de l'ensemble ecclésial de Marloie (Marche-en-Famenne). Témoin remarquable de la reconstruction d'après-guerre et de l'architecture moderniste, ce lieu toujours vivant rejoint le patrimoine classé wallon. Une décision qui s'inscrit dans la volonté de protéger et de transmettre un patrimoine ancré dans l'histoire et la vie des habitants.

Un ensemble architectural désormais protégé

Le classement concerne l'église Saint-Georges de Marloie, son campanile ainsi que la galerie qui les rejoint. Il est complété par l'établissement d'une zone de protection englobant le reste de l'ensemble ecclésial, composé du presbytère, des galeries, de la vasque en béton, des jardins et des aménagements extérieurs.

Vers un classement de l'ensemble ecclésial Saint-Georges à Marloie, emblématique de l'architecture religieuse moderniste

L'annonce a été faite ce samedi 17 octobre par la ministre du Patrimoine à l'issue de la messe anniversaire de la consécration de l'église, présidée par Monseigneur Fabien Lejeusne, évêque de Namur.

Un lieu qui raconte la reconstruction de Marloie

Consacrée en 1956, l'église Saint-Georges est directement liée à l'histoire de Marloie et à l'une des pages les plus douloureuses vécues par le village. Le 21 mai 1944, des tirs alliés américains provoquent l'explosion d'un train de munitions allemand stationné sur les voies de chemin de fer. La "catastrophe de Marloie" fait 41 morts, 500 blessés et détruit une importante partie de la localité. L'ancienne église et son presbytère sont lourdement endommagés.

Lorsque vient le temps de reconstruire, le choix est pourtant fait de ne pas reproduire le passé. Le nouvel ensemble religieux embrasse pleinement la modernité et devient l'un des jalons régionaux de l'architecture moderne en Wallonie. Il constitue également le premier ensemble religieux moderniste et témoigne du renouveau liturgique qui sera ensuite formalisé lors du concile Vatican II. Cette modernité se retrouve dans les lignes simples et lisibles du bâtiment, mais aussi dans les matériaux utilisés à l'époque: béton armé, aluminium doré, paille tressée, dalles de verre ou encore béton teinté et coulé dans des cadres de bois.

Plusieurs artistes locaux ou reconnus internationalement ont participé à sa conception. La mosaïque de façade est l'œuvre de Maurice Rocher, artiste parisien particulièrement sollicité lors de la reconstruction des édifices religieux d'après-guerre. Le mobilier liturgique a été réalisé par Zéphir Busine et Georges Boulmant, tandis que les vitraux sont signés Louis-Marie Londot.

À travers cette décision, la ministre du Patrimoine "confirme une politique de classement qui vise à protéger des biens porteurs d'usages ou d'une appropriation sociale toujours active, indique le communiqué de la ministre. Le but est de mieux représenter certaines périodes ou typologies encore peu présentes dans le corpus des biens classés wallons, de préserver des ensembles présentant une forte cohérence architecturale et paysagère et d'accompagner les acteurs, publics comme privés, impliqués dans la conservation du patrimoine."

Valérie Lescrenier conclut: "Classer un bâtiment, ce n'est pas le figer. C'est reconnaître ce qu'il raconte de notre histoire et permettre de le transmettre. À Marloie, nous protégeons à la fois un témoin remarquable de la reconstruction, une architecture audacieuse pour son époque et un lieu qui continue, près de 70 ans plus tard, à vivre avec les habitants."

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